4 min de lecture Affaire Bygmalion

Affaire Bygmalion : qui sont les gardés à vue Bastien Millot, Guy Alvès, Franck Attal et Matthieu Fay

PORTRAITS - Les deux fondateurs de Bygmalion, Guy Alvès et Bastien Millot, son comptable Matthieu Fay ainsi que l'ex-patron d'Event and Cie, sa filiale événementielle, Franck Attal, ont été interpellés lundi à leurs domiciles et placés en garde à vue à l'office anticorruption de la PJ à Nanterre.

Deux hommes entrent dans l'immeuble qui abritait les bureaux de Bygmalion, au 9 rue de Milan à Paris, dans le cadre de l'enquête sur l'affaire qui a jeté le trouble sur les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012
Deux hommes entrent dans l'immeuble qui abritait les bureaux de Bygmalion, au 9 rue de Milan à Paris, dans le cadre de l'enquête sur l'affaire qui a jeté le trouble sur les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012
BenjaminHuepro
Benjamin Hue
Journaliste RTL

L'affaire Bygmalion est entrée dans une nouvelle phase. L'enquête sur l'affaire qui a jeté le trouble sur le financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012 s'est accélérée ce lundi 29 septembre avec l'interpellation et le placement en garde à vue de quatre cadres de la société de communication. 

Dans cette affaire, une information judiciaire pour faux et usage de faux, abus de confiance et tentative d'escroquerie a été confiée aux juges financiers  Renaud van Ruymbeke, Serge Tournaire et Roger Le Loire. Les magistrats et les policiers enquêtent sur un système de fausses factures pour permettre au budget  de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy de rester dans les clous fixés par la loi, c'est-à-dire 22,5 millions d'euros.

Les deux fondateurs de Bygmalion, Guy Alvès et Bastien Millot, son comptable ainsi que l'ex-patron d'Event and Cie, sa filiale événementielle, Franck Attal, ont été interpellés lundi matin à leurs domiciles et placés en garde à vue à l'office anticorruption de la police judiciaire à Nanterre.

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Bastien Millot, le premier des "Copé's boys"

À 41 ans, Bastien Millot est présenté comme le "premier, le plus influent et le plus secret des Copé's boys" dans le portrait que lui a consacré Libération en mai dernier. Co-fondateur de Bygmalion, il a suivi le député-maire de Meaux, son ancien prof à Sciences-Po, dans la plupart de ses cabinets à l'Assemblée et dans les ministères.

Bastien Millot, ici en 2004, a été mis en examen pour favoritisme dans le cadre de contrats passés avec France Télévisions (archives)
Bastien Millot, ici en 2004, a été mis en examen pour favoritisme dans le cadre de contrats passés avec France Télévisions (archives)

Après "dix ans d'ascension fulgurante dans les coulisses de la République", écrit encore Libération, il rejoint la direction de France Télévisions en 2005 puis créé Bygmalion trois ans plus tard au côté de Guy Alvès. Mis en examen pour "recel de favoritisme" pour des contrats passés entre Bygmalion et France Télévisions, il quitte l'agence de communication à l'été 2013 pour devenir avocat au barreau d'Aix. Mis en cause dans l'affaire Bygmalion dès le mois de février, il a toujours nié avoir œuvré pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy et avoir été informé d'un système de fausses factures. 

Guy Alvès, l'autre père de Bygmalion

À l'instar de Bastien Millot, Guy Alvès a fait ses premiers pas en politique dans le sillage de Jean-François Copé. Après avoir travaillé pour lui à la mairie de Meaux, il a été son chef de cabinet à Bercy lorsqu'il était ministre délégué au Budget entre 2004 et 2007. Lorsqu'il est élu à la tête de l'UMP en 2012, Copé lui confie l'intégralité de la communication du parti. 

PDG de Bygmalion jusqu'à son placement en liquidation judiciaire cet été, il aurait avoué aux enquêteurs la mise en place d'un système de double facturation. Il aurait alors fait part de son dilemme : "Accepter de franchir la ligne jaune ou couler ma société", peut-on lire dans les extraits des PV d'audition des responsables et de l'ancien comptable de Bygmalion publiés dans Le Monde. "J'étais pris au piège. J'ai donc accepté que la société Event and Cie émette les fausses factures qui étaient demandées par l'UMP".

Franck Attal, le patron de la filiale événementielle de Bygmalion

Le troisième gardé à vue gravite depuis longtemps dans la galaxie copéiste. Patron d'Event and Cie, la filiale événementielle de Bygmalion, il faisait déjà partie de l'organigramme de Idéepole, l'entreprise rebaptisée Bygmalion après son rachat par Bastien Millot et Guy Alvès, et œuvrait déjà en coulisses à l'époque du meeting fondateur de l'UMP en 2002, selon les extraits des auditions de Jérôme Lavrilleux publiés dans Le Monde. 

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En charge de l'organisation des fastueux meetings de la campagne présidentielle 2012 de Nicolas Sarkozy, il aurait avoué aux enquêteurs le système de double facturations selon des sources proches du dossier citées par l'AFP.

Matthieu Fay, l'ex-comptable qui charge l'UMP

"C'était lui, la cheville ouvrière, l'homme qui a truqué les comptes de son entreprise à la demande express de l'UMP", écrivaient Gérard Davet et Fabrice Lhomme dans Le Monde le 24 septembre dernier. Ancien comptable de l'agence de communication, Mattieu Fay a livré sa version des faits à la police le 10 juin dernier, expliquant qu'il n'avait pas eu le choix et avait agi sous les ordres de ses supérieurs : les présidents de Bygmalion Bastien Millot et Guy Alvès et celui d'Event and Cie Franck Attal. 

N'hésitant pas à charger la barque de l'UMP, il a raconté comment il avait truqué les comptes de Bygmalion à la demande du parti.  "Il nous a été demandé par l'UMP de facturer 35 conventions. Les dates et les événements nous ont été communiqués par l'UMP de façon à atteindre notre chiffre d'affaires (...) Ce sont effectivement de fausses factures". Il explique également n'avoir eu qu'un seul interlocuteur à l'UMP "pour la transmission des factures par porteur entre mars et juin 2012" : Fabienne Liadzé, en charge des affaires financières pendant la campagne, qui fait l'objet d'une procédure de licenciement du parti pour faute grave depuis le mois de juin.

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2014-09-29 20:13:12
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