1 min de lecture Affaire Bettencourt

Affaire Bettencourt : Sarkozy mis en examen pour abus de faiblesse

L'ancien président de la République Nicolas Sarkozy a été mis en examen jeudi soir à Bordeaux pour abus de faiblesse, a indiqué son avocat Me Thierry Herzog, qui annonce son intention de "former immédiatement un recours".

Jean-Alphonse Richard
Jean-Alphonse Richard et Mathieu Delahousse

Nicolas Sarkozy bénéficie de la présomption d'innocence
Vers 21h50, l'ancien chef de l'Etat a quitté le palais de justice de Bordeaux à l'arrière d'une Renault Espace sombre précédée par une voiture de la police circulant à vive allure, après plusieurs heures d'audition par le juge Jean-Michel Gentil qui l'a confronté à plusieurs membres du personnel de Lilianne Bettencourt, l'héritière de l'Oréal. Lisant le communiqué adressé par le parquet de Bordeaux, Me Thierry Herzog a déclamé devant la presse : "Au terme de cet acte, M. Nicolas Sarkozy, qui bénéficie  de la présomption d'innocence - s'est vu notifier une mise en examen du chef d'abus de faiblesse commis en février 2007 et courant 2007 au préjudice de Mme Liliane Bettencourt Schuller".

L'avocat de Nicolas Sarkozy promet un recours
L'avocat a prévenu qu'il saisirait "en conséquence immédiatement la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Bordeaux pour former un recours et pour demander la nullité, notamment de cette mise en examen" a-t-il annoncé, qualifiant cette décision d'"incohérente sur le plan juridique et injuste".

Une longue confrontation

Cette décision du juge d'instruction Jean-Michel Gentil a été prise à l'issue d'une confrontation à laquelle ont participé au moins quatre membres du personnel de Liliane Bettencourt ce jeudi après-midi. Nicolas Sarkozy et le majordome de Liliane Bettencourt étaient entendus par le magistrat afin de vérifier combien de fois l'ancien Président a pu se rendre au domicile de l'héritière de l'Oréal pendant sa campagne et s'il l'a rencontrée à cette occasion.

De l'argent qui aurait aidé à financer la campagne présidentielle de 2007
Le juge Gentil soupçonne fortement Nicolas Sarkozy d'avoir bénéficié, lors de sa campagne présidentielle de 2007, d'argent en espèces du couple Bettencourt, d'après des procès verbaux divulgués en mai 2012. Convoqué dans le cadre du dossier des abus de faiblesse dont aurait été victime Mme Bettencourt depuis septembre 2006, l'ancien Président a été placé sous le statut de témoin assisté par le juge le 22 novembre 2012, à l'issue de douze heures d'audition.
La chronologie de l'affaire Bettencourt
Interrogations sur le nombre de visites de l'ancien candidat
Il a toujours affirmé s'être rendu au domicile des Bettencourt une seule fois pendant sa campagne présidentielle de 2007, pour y rencontrer brièvement André Bettencourt, le mari de l'héritière de l'Oréal, décédé en novembre de la même année. Mais lors de nombreuses auditions réalisées par le juge avec le personnel de la milliardaire, plusieurs membres ont déclaré avoir vu M. Sarkozy à plusieurs reprises pendant cette période et qu'il avait même rencontré Mme Bettencourt à ces occasions. Selon Mme Gaspard, Mme Bettencourt était même "toute contente de l'avoir vu", a indiqué en janvier Libération. Un chauffeur, rapportant les paroles d'une gouvernante décédée, avait même assuré que celle-ci lui avait "dit textuellement qu'il était venu demander de l'argent, des sous, à monsieur et madame".

L'ex-président impliqué dans quatre autres enquêtes
Le nom de l'ancien président apparaît dans quatre autres affaires, où la justice s'active de plus en plus :
* Les instituts de sondage. Un juge enquête sur la régularité des contrats conclus, sans appel d'offres, entre l'Elysée et neuf instituts de sondage sous Nicolas Sarkozy.
*Un accord avec Tripoli. Le financement de la campagne de 2007, côté libyen cette fois, est également au coeur d'une controverse née entre les deux tours de la présidentielle de 2012, avec la publication d'un document attribué à un ex-homme de confiance du colonel Kadhafi, faisant état d'un "accord de principe" conclu en 2006 avec Tripoli pour apporter 50 millions d'euros à la campagne du candidat Sarkozy.
*L'affaire Tapie. Son nom apparaît également dans l'enquête sur la décision prise fin 2007 par l'ancienne ministre de l'Economie Christine Lagarde , dont le domicile a été perquisitionné mercredi, de recourir à un arbitrage pour solder le contentieux opposant depuis 1993 Bernard Tapie au Crédit lyonnais sur la vente d'Adidas.
*L'affaire Karachi. Deux magistrats enquêtent enfin sur un éventuel financement occulte de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995 par le biais de rétrocommissions présumées dans le cadre de contrats d'armement, alors que Nicolas Sarkozy était ministre du Budget.
Affaire Bettencourt: Sarkozy s'énerve. Ceux qui le mettent en cause.

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