1 min de lecture Intervention française au Mali

Photos des jihadistes tués : la confusion règne

L'imbroglio demeure quant au sort des deux jihadistes qu'ont affirmé avoir tué les forces tchadiennes les 22 février et 2 mars derniers. Si le gouvernement français refuse toujours de confirmer leurs morts, deux médias hexagonaux ont publié des clichés similaires sur lesquels on voit le corps d'un homme au visage ensanglanté. Seul hic : pour RFI, il s'agit de Mokhtar Belmokhtar, pour Paris Match, c'est Abou Zeïd.

Mokhtar Belmokhtar et Abou Zeïd auraient été tués par l'armée tchadienne.
Mokhtar Belmokhtar et Abou Zeïd auraient été tués par l'armée tchadienne. Crédit : DR
studio-rtl
La rédaction numérique de RTL

Vendredi 22 février 2013 - La chaîne de télévision algérienne, Ennahar, annonce la mort d'Abdelhamid Abou Zeïd, l'un des chefs les plus radicaux Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Il aurait été tué par les forces françaises. Une information qui n'a pas été confirmée par le Quai d'Orsay. De son côté, le président tchadien Idriss Déby déclare, avec aplomb, que le jihadiste est mort dans des combats avec les soldats tchadiens dans le massif des Ifoghas, dans l'extrême nord-est du Mali, près de la frontière algérienne.

Samedi 2 mars 2013 -
L'armée tchadienne affirme, cette fois, avoir tué le chef islamiste Mokhtar Belmokhtar qui avait revendiqué l'attaque contre le site gazier algérien d'In Amenas le 16 janvier dernier, toujours dans le massif des Ifoghas, au nord du pays. De son côté, la France refuse, une nouvelle fois, de confirmer l'information. 


L'armée tchadienne aurait tué le chef islamiste Mokhtar Belmokhtar.

Dimanche 3 mars  2013 - 
Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, appelle à la "prudence" après les annonces par N'Djamena de la mort des chefs jihadistes Abou Zeid et Mokhtar Belmokhtar. Dans une interview à la "Dépêche du Midi" parue le même jour, le ministre déclare : "Une rumeur répétée à l'envi ne fait pas une information". "Le ministre de la Défense ne doit pas parler au conditionnel". "J'en appelle à la prudence et à l'esprit de responsabilité à l'égard d'indications que nous ne sommes pas en mesure de confirmer matériellement à ce stade".

Lundi 4 mars 2013 - Les autorités françaises qui avaient jusque-là refusé de confirmer où d'infirmer l'information, déclarent sur Europe 1 que la mort au Mali du chef jihadiste Abdelhamid Abou Zeid, annoncée côté tchadien, était "probable", soulignant toutefois que son corps n'avait pas été "récupéré".

Un jihadiste d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) confirme la mort d'un des chefs de ce groupe islamiste armé, Abou Zeid, mais démenti celle de Mokhtar Belmokhtar, selon l'agence mauritanienne d'informations en ligne, Sahara Medias.

La radio française RFI publie sur son site internet "la photo qui fait dire au Tchad que Belmokhtar est mort".
Le cliché reprend celui montré sur un téléphone portable par des militaires tchadiens revenant du front à l'envoyé spécial de RFI à Tessalit, dans le nord-est du Mali, Madjiasra Nako. Sur le cliché, l'homme est en treillis. Son visage est maculé de sang. RFI souligne qu'"il n'y a toutefois aucune confirmation définitive que cette image est bien celle du jihadiste".


Cette photo prise par un militaire tchadien serait celle de Mokhtar Belmokhtar.

Mardi 5 mars 2013 -
L'hebdomadaire français Paris Match publie à son tour une photo : "Abou Zeïd. La photo qui confirme sa mort". La photo, de qualité moyenne et prise le 2 mars par un "officier tchadien", montre apparemment le même homme que sur la photo de RFI.  Un homme en treillis, portant une montre au poignet droit et gisant contre un rocher. L'homme porte une barbe noire dont l'extrémité est parsemée de poils gris et blancs. Une pièce de tissu bleu recouvre son front et son crâne. Le haut du visage, notamment l'oeil gauche, est maculé de sang. "Quand j'ai vu la photo, je l'ai reconnu immédiatement. C'était bien Abou Zeïd", affirme le journaliste tchadien Abdelnasser Garboa, travaillant pour Paris Match et cité par son média.

La télévision tchadienne a également diffusé mardi une photo du passeport de Michel Germaneau, enlevé puis executé par Aqmi en 2010. Une photo prise, comme pour  Abou Zeid et Mokthar Belmokthar. Histoire de prouver que leurs sources sur la mort des deux jihadistes sont sérieuses.

Pour Paris Match, il s'agirait d'Abou Zeïd.

Qui a raison de RFI ou de Paris Match ? Impossible à dire. L'homme sur les photos est de toute évidence le même. L'AFP a obtenu des photos de cet homme. Mais il est difficile de dire s'il s'agit de Zeïd, de Belmokhtar, ou d'un autre combattant.



Lire la suite
Intervention française au Mali Info Infographie
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7759133625
Photos des jihadistes tués : la confusion règne
Photos des jihadistes tués : la confusion règne
L'imbroglio demeure quant au sort des deux jihadistes qu'ont affirmé avoir tué les forces tchadiennes les 22 février et 2 mars derniers. Si le gouvernement français refuse toujours de confirmer leurs morts, deux médias hexagonaux ont publié des clichés similaires sur lesquels on voit le corps d'un homme au visage ensanglanté. Seul hic : pour RFI, il s'agit de Mokhtar Belmokhtar, pour Paris Match, c'est Abou Zeïd.
https://www.rtl.fr/actu/photos-des-jihadistes-tues-la-confusion-regne-7759133625
2013-03-05 18:28:00
https://cdn-media.rtl.fr/cache/3c_FOPSjaWazSKxzCRzxiA/330v220-2/online/image/2013/0305/7759133911_mokhtar-belmokhtar-et-abou-zeid-auraient-ete-tues-par-l-armee-tchadienne.jpg