1 min de lecture Valérie Pécresse

Pécresse : "Des efforts seront demandés aux Français si nécessaire"

La ministre du Budget, qui répondait mardi matin aux questions d'Alba Ventura, a confirmé l'hypothèse d'une révision de la croissance française mais a affirmé qu'il fallait attendre le résultat des négociations en cours pour tenter de résoudre la crise des dettes souveraines et en particulier le problème grec. "Nous aurons le courage de demander des efforts supplémentaires aux Français s'ils sont nécessaires", a-t-elle ajouté.

Valérie Pécresse sur RTL le 8 décembre 2010
Valérie Pécresse sur RTL le 8 décembre 2010 Crédit : RTL
L'invite´ de RTL - Alba Ventura
Alba Ventura Journaliste RTL

Bonjour Valérie Pécresse

Bonjour 

L'Assemblée va voter aujourd'hui le budget 2012. Hier, le président PS de la commission des Finances, Jérôme Cahuzac, vous a interpellé, je cite :  "Il est troublant que vous vous apprêtiez, Valérie Pécresse, à demander le vote d'un budget fondé sur une hypothèse de croissance à laquelle plus personne ne croit." Il est assez sincère votre budget, Valérie Pécresse ?

D'abord, la révision de la croissance que demande le président Cahuzac, cette révision de la croissance, elle est prématurée avant le sommet européen de mercredi.

Tout le monde a l'air de dire qu'on va vers une révision de la croissance. 1.75, personne n'y croit !

Elle est prématurée parce que nous sommes dans une période de turbulences et que dans cette période de turbulences, nous avons une très faible visibilité sur les perspectives de croissance de l'année prochaine.

Vous croyez là vraiment aujourd'hui, vous pouvez me dire qu'on sera à 1.75 ?

Ce que je peux vous dire c'est que le sommet de mercredi est de nature à clarifier l'horizon, qu'il est évident que les perspectives de la France ne seront pas les mêmes selon que le sommet est une réussite ou selon qu'il échoue. Et c'est pour ça que nous donnons, aujourd'hui, au moment où je vous parle, la priorité à la réussite de ce sommet. Le Président de la république, le ministre des finances, François Baroin, mettent toute leur énergie à la réussite de ce sommet.

Votre budget qui sera voté tout à l'heure, il n'est pas dépassé ?

Ce budget, c'est un acquis décisif sur le chemin du désendettement ; c'est un budget qui est en réduction du déficit de 15 milliards d'euros. C'est une étape, c'est une étape décisive. Après le sommet européen, s'il faut réviser la croissance au vu de la situation de l'Europe, au vu de la situation des banques, au vu de la situation de la zone euro ...

Vous êtes très optimiste, Valérie Pécresse !

Nous le ferons.

Tout le monde le dit.

Non, mais attendez. Il faut que nous agissions avec lucidité et sincérité ; mais il faut aussi que nous agissions avec sang froid. Nous devons faire preuve de justesse mais nous devons aussi faire preuve de finesse. Ce n'est pas la même chose ...

Là, il faut faire preuve de réalisme également.

Bien entendu. Mais êtes-vous capable de me dire, Mme Ventura, auquel cas vous êtes exceptionnellement, exceptionnellement renseignée ...

Moi j'écoute les experts, les analystes ; même dans votre camp ...

Êtes-vous capable de me dire quel va être le résultat du sommet de demain ? Êtes-vous capable de me dire si la Grèce sera sauvée, si les banques seront renforcées ...

Non mais je suis capable de vous dire que François Fillon a dit, hier, ...

... si la zone EURO va pouvoir avoir un vrai gouvernement économique et un fonds européen de stabilité financière qui permettent de lutter contre la spéculation, c'est ça le sujet.

Je suis capable de vous dire que François Fillon a quand même préparé les esprits à un deuxième plan de rigueur. Ca, c'est vrai ?

Nous sommes très vigilants, nous sommes très vigilants sur les indicateurs économiques qui tombent un par un, nous allons regarder évidemment les chiffres de croissance du 3ème trimestre ; nous allons regarder les chiffres de l'investissement, de la consommation, des exportations, la croissance mondiale, mais une variable-clef sera vraiment la réussite du sommet de mercredi.

Un Cabinet très sérieux, le Cabinet Markit, annonce que nous sommes quasi en récession.Vous nous annoncez, ce matin, que nous sommes menacés de récession ?

Ce n'est pas ce que dit ce Cabinet. Ce que dit ce Cabinet c'est qu'effectivement, un des indicateurs qui est un indicateur industriel montre des signes de reflux de baisse. Nous, nous regardons tous les indicateurs. Nous regardons tous les indicateurs ... Vous savez, la sincérité et le courage politique, elles sont de notre côté. En plein milieu du mois d'août quand la croissance du deuxième trimestre n'a pas été au rendez-vous, le Premier ministre est allé demander 12 milliards d'euros d'efforts supplémentaires aux Français. Il est bien loin le temps de 2001 où vous vous souvenez peut-être que Lionel Jospin au lendemain du 11 septembre qui ont évidemment bouleversé la situation économique du Monde, disait : on ne modifie pas un budget dans l'urgence. Aujourd'hui, nous sommes très  réactifs ; et c'est une des conditions de l a crédibilité de la France ; et nous aurons ce courage de demander des efforts supplémentaires aux Français s'ils sont nécessaires, mais seulement les efforts qui seront nécessaires.

Demander des efforts aux Français, ça veut dire qu'on fait des économies, on parle d'environ 5 milliards. On est plus proche des 5 milliards, des 10 milliards, à votre avis ?

Mais Mme Ventura, comme je vous l'ai dit, tout dépendra de la réussite ou non du sommet de mercredi.

Alors, outre le Budget aujourd'hui à l'Assemblée, les députés examinent le projet de loi de finances de la Sécurité Sociale avec un trou de la Sécu qui avoisine les 14 milliards. Comment  on fait pour reboucher ce trou de la Sécu ? Quelles sont les pistes ?

Eh bien, vous savez, on s'y emploie depuis deux ans puisqu'on aura diminué de 50% le déficit de l'Assurance Maladie en deux ans. Donc, c'est un budget de redressement, de redressement avec des efforts qui portent sur le médicament, des efforts qui portent sur les généralistes, sur l'hôpital mais surtout, moi je tiens à la dire, des efforts massifs de lutte contre la fraude sociale parce que frauder, c'est voler. Et nous avons 40% ...

On va attaquer les tricheurs ?

Nous avons depuis 2007, 40% de hausse des produits de la lutte contre la fraude sociale ..

C'est qui ?

Et nous allons présenter un certain nombre d'amendements qui seront soutenus par le gouvernement ...   

Qui concernent qui, par exemple ?

Par exemple, nous proposerons la suspension immédiate de toutes les prestations pour usurpation de cartes vitales, faux numéros de Sécurité Sociale ou refus ...

Lorsqu'en faisant des faux documents.

. de contrôle ; mais suspension automatique et immédiate.

Des allocations familiales ?

Des prestations sociales.

Les personnes isolées, elles sont concernées par les fraudes ?

Enfin, non les personnes isolées en elles-mêmes ne sont pas concernées par les fraudes ; mais en revanche, ce qui peut constituer une fraude, c'est prétendre qu'on est isolé alors qu'on ne l'est pas ; et ça, ça fait l'objet de contrôles évidemment notamment des caisses d'allocations familiales.

Les fraudes à la Sécu, ça représente combien ?

Alors, un rapport qui a été rendu, évalue l'ensemble de ces fraudes à à peu près 20 milliards d'euros. 20 milliards d'euros, c'est-à-dire un peu plus de 10% du budget de la Sécurité Sociale. Je ne peux pas confirmer ce chiffre puisqu'évidemment c'est une extrapolation. Ce que je peux vous dire c'est que nous avons déjà fait 500 millions d'euros de recouvrement au titre de la fraude sociale et que nous allons continuer avec ces nouveaux dispositifs de contrôle.

Valérie Pécresse, la Droite parisienne se porte très, très mal. Elle est illustrée par une guerre entre Rachida Dati et le Premier ministre, François Fillon, pour la conquête de Paris.  Rachida Dati s'en est pris violemment au Premier ministre. Elle doit être suspendue de l'UMP, Rachida Dati ?

Ah, je crois qu'elle a tenu des propos irrespectueux et de division. Voilà. Et il ne faut pas ... Aujourd'hui, nous avons besoin d'unité.
Le besoin d'unité dans la Majorité, on l'a encore vue il y a quelques semaines au moment des élections sénat oriales que nous avons perdues à une poignée de sièges et à cause d'un certain nombre de divisions. Alors, ce que je dis à Rachida Dati, c'est que la venue de François Fillon à Paris, c'est une chance pour Paris et c'est aussi une chance pour la région. Vous savez que je dirige le groupe UMP à la région Ile de France. Nous avons besoin de talents à Paris. Nous avons besoin du talent du Premier ministre pour reconquérir Paris.

Elle joue contre son camp, Rachida Dati ?

Je crois que tout le monde a sa place à Paris aujourd'hui : Rachida Dati comme le Premier ministre. Je crois qu'elle est maire du 7ème, député européen. Elle a sa place.

Merci Valérie Pécresse.

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