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Nucléaire, informatique, bouchers-charcutiers : ces emplois qui peinent à recruter

La conférence sociale pour l'emploi s'est achevée ce vendredi 21 juin. Malgré des taux de chômage record, certaines filières en manque de personnel éprouvent des difficultés à recruter.

L'informatique fait partie des filières qui peinent à trouver des candidats qualifiés.
L'informatique fait partie des filières qui peinent à trouver des candidats qualifiés. Crédit : DR
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La rédaction numérique de RTL

La conférence sociale pour l'emploi et la réforme des retraites s'est conclue ce vendredi 21 juin au terme de 2 jours de discussions. François Hollande a promis d'inverser la courbe de l'emploi d'ici la fin de l'année, contrairement aux prévisions de l'Insee, qui estime que le taux de chômage devrait continuer à augmenter. Pourtant, certaines filières éprouvent des difficultés à recruter. Le chef de l'Etat estime lui-même que 200.000 à 300.000 emplois ne trouvent pas preneur en France. 

Le nucléaire : un manque de candidats qualifiés

"On a eu 200 CV, et il y en a moins d'une dizaine qui sont ciblés", déplore une chargée de recrutement dans le nucléaire au micro de RTL. "C'est problématique, car nous avons des postes, mais nous n'avons pas les candidats."

Dans le secteur du nucléaire, les profils recherchés sont souvent trop rares. "C'est un vrai souci, parce qu'on perd de l'argent", explique un autre recruteur. "On perd des contrats, des missions pour des clients comme Areva ou EDF, parce qu'on ne trouve pas les profils à temps", ajoute-t-il.

Pour remédier à ces embauches ratées, des formations express pourraient être envisagées. "C'est une solution de court-terme", évalue Steve Cousin, recruteur. "Des formations de six mois, peut-être, mais il faut qu'elles soient vraiment adaptées", estime-t-il.

Les programmeurs en informatique : des profils très précis

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Même son de cloche du côté de l'informatique où les recruteurs peinent à trouver les programmeurs qualifiés pour leurs projets. Pourtant, le secteur compte de nombreux jeunes diplômés.

"C'est un métier qui attire de plus en plus de monde. Mais il y a beaucoup de demande, et les recruteurs recherchent des profils très précis", explique Pierre Romera, directeur technique d'une société de développement web. "

"Généralement, on n'a pas juste besoin d'un programmeur. On a besoin de quelqu'un spécialisé dans un domaine : le web, ou les logiciels. Et dans ces familles, il y a encore des sous-catégories", poursuit-il. 

Une pénurie de cuisiniers

Selon une étude réalisée par Pôle Emploi en 2012, 64% des recrutements de cuisiniers étaient jugés difficiles. Peu de candidats ont les qualifications qui répondent aux attentes des entreprises.

"Il ne sort pas assez de jeunes des écoles hôtelières", explique François Bergerault, dirigeant de l'Atelier du Chef, au Figaro. "À Paris, nous subissons en outre la concurrence des palaces, qui attirent le peu de chefs cuisiniers à coup de salaires mirobolants", ajoute-t-il. 

Les bouchers et charcutiers manquent à l'appel

"Au regard des millions de demandeurs d’emploi, il y a 4.000 ouvriers bouchers manquants", rapportait Hugo Desnoyer, boucher, à Libération en septembre 2012. "Et dans les autres métiers de bouche (charcutier, boulanger, pâtissier, cuisinier, etc.), c’est par dizaines de milliers que des emplois restent vacants."

La Tribune
rapportait en janvier 2013 le cas d'Arnaud Chedhomme, dont la charcuterie manquait désespérément d'employés. Malgré des critères d'embauche très souples, celui-ci ne trouvait pas de candidats en nombre suffisant. "J'ai besoin de recruter 40 personnes en deux ans, mais les Français ne sont pas intéressés, alors que je propose 1 600 euros nets par mois pour 35h par semaine à un débutant sans qualification", déplorait-il. Ses emplois avaient finalement trouvé preneur du côté d'une agence d'intérim en Pologne.

Une situation contrastée pour les infirmières

Un rapport du Centre d'analyse stratégique (CAS) prévoyait en 2007 que le secteur infirmier ferait partie des 10 filières les plus créatrices d'emploi d'ici 2015. Aujourd'hui, la situation semble contrastée.

Certains secteurs sont frappés de pénurie. "Les jeunes diplômés boudent les places en Ehpad où se situent majoritairement les offres", rapporte le site Actusoins, spécialisé dans l'actualité infirmière, "et ils ne se sentent souvent pas assez expérimentés pour entrer en pédiatrie où la demande reste constante."

Une observation à tempérer : une étude récente de la FNESI (Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers) fait état de difficultés d'insertion sur le marché pour certains jeunes diplômés. Les conditions semblaient pourtant jouer en leur faveur : "En vingt ans, le nombre d’infirmiers a augmenté de 170% pour atteindre 520 000 en 2010", explique Actusoins. "Parallèlement, le nombre d’entrées en IFSI (Institut de formation en soins infirmiers) a enregistré une hausse de 28% entre 2000 et 2008", est-il expliqué. En cause, des restrictions budgétaires et une mauvaise gestion des quotas d'entrée en IFSI.

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