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Notre-Dame-des-Landes : des milliers d'opposants ont crié "non" au projet d'aéroport

Drapeaux au vent, nez rouges de clown, jeunes, moins jeunes, Français ou étrangers : ils étaient plusieurs milliers à avoir chaussé les bottes samedi pour manifester, au cœur du bocage nantais, contre le projet d'aéroport de Notre Dame des Landes : 13.500 selon la préfecture, plus de 40.000 selon les organisateurs. Au sein du cortège, quelques visages connus : Olivier Besancenot, Jean-Luc Mélenchon, Eva Joly, José Bové... tous réunis pour défendre la même cause et tous en colère contre le Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

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La rédaction numérique de RTL

Sous la pluie, un cortège très dense rassemblant des manifestants de tous âges, s'étendait sur au moins 5 kilomètres afin de dénoncer "l'Ayraultport", le projet cher au Premier ministre Jean-Marc Ayrault, ancien maire de Nantes. "Vinci dégage, résistance et sabotage", criaient les contestataires en référence au groupe de BTP qui a obtenu pour 55 ans la concession de l'aéroport.

L'Acipa, une des principales associations hostiles au projet, a revendiqué 40.000 personnes. La préfecture de Loire-Atlantique a calculé 13.500 personnes sur place et s'est félicitée dans un communiqué que la manifestation se soit déroulée "sans incident et sans débordement", à l'exception de la dégradation d'un véhicule de presse.

Derrière une grande banderole: "Contre l'aéroport et son monde seule la lutte décolle", les manifestants ont gagné une zone boisée dans laquelle ils ont édifié un chapiteau censé abriter les opposants, expulsés le mois dernier par les forces de l'ordre. La préfecture a répété que ces constructions avaient "vocation à disparaître".




"Il y a énormément de monde, peut-être 20.000 personnes, peut-être 30.000 (...) en tout cas, ça va être une date qui va marquer", a assuré l'altermondialiste José Bové dans le cortège qui était précédé par "la brigade des clowns".




Alors que la nuit commençait à tomber sur le bocage, les manifestants se disaient décidés à maintenir la pression. "Gardarem Notre-Dame-des-Landes", pouvait-on lire sur une pancarte évoquant la mobilisation au Larzac dans les années 70.

Parmi les personnalités politiques présentes, Jean-Luc Mélenchon a estimé que François Hollande et Jean-Marc Ayrault commettaient "une lourde erreur" en cherchant à imposer le projet d'aéroport. "Le projet est absurde", a estimé le coprésident du Parti de gauche. "Il y a un choix dicté par le nouveau gouvernement, qui est le choix du rapport de force brutal et violent", a-t-il dénoncé.



Harlem Désir tacle les Verts

Vendredi, François Hollande a mis en garde les opposants au projet. "Je respecte le droit de manifestation" et "je fais en sorte que tous les recours puissent être traités par une justice indépendante", a déclaré le président. "Mais, en même temps, a-t-il ajouté, il y a aussi la force du droit et la primauté de la volonté, non seulement de l'Etat mais aussi des élus, et au-delà même des alternances politiques".
  
Prenant le relais, Harlem Désir, premier secrétaire du PS, a affirmé samedi qu'un "parti de la majorité gouvernementale ne devrait pas s'impliquer dans des manifestations qui prennent pour cible le Premier ministre", à propos de l'opposition au projet des écologistes d'EELV, pourtant membres de l'exécutif.
 
Des élus socialistes : "Nous ne sommes pas le Larzac"
 
En réponse, le secrétaire national d'Europe-Ecologie Les Verts, Pascal Durand, a assuré dans le cortège que "nous ne manifestons pas contre le Premier ministre ni le gouvernement, c'est le contraire". "Nous manifestons pour que le gouvernement respecte les engagements de changement qu'il a pris devant les Français et les Françaises".
  
Le projet est destiné à remplacer l'actuel aéroport de Nantes à partir de 2017. Dans un communiqué, des élus socialistes locaux favorables au projet ont assuré qu'ils ne se laisseraient pas "des Bové, Joly ou Mélenchon mettre en cause le développement de ce territoire". "Nous ne sommes pas le Larzac. Il ne s'agit pas d'implanter un camp militaire, mais de transférer un équipement qui permettra la création de milliers d'emplois", ont-ils fait valoir.

Ailleurs en France, entre 100 et 200 personnes se sont rassemblées à Lille pour protester contre le projet, en constituant un tapis de terre et de feuilles mortes à l'entrée d'un parking Vinci.

Le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes

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