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Nonce Paolini de TF1 : "La fin de la pub sur France Télévisions ? Un cadeau pour le service public"

Il n'avait jamais parlé du projet de réforme de l'audiovisuel, actuellement débattu par les députés. Le PDG de TF1 Nonce Paolini répondait mercredi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie. Il est revenu sur la fin de la publicité sur le service public( "c'est un cadeau... mais pour le service public !"), sur Patrick Poivre d'Arvor ("J'ai déposé une plainte en diffamation parce que Patrick Poivre d'Arvor a fait des déclarations qui attentaient à mon honneur") et sa remplaçante Laurence Ferrari (à la tête du 20 Heures "pour vingt ans").

Jean-Michel Aphatie
Jean-Michel Aphatie



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Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Nonce Paolini.

Nonce Paolini : Bonjour.

La loi supprimant la publicité sur France Télévisions est elle un cadeau pour TF1 ?

C'est un cadeau, incontestablement, mais pour le service public... Pourquoi pour le service public ? D'abord parce que le service public est maintenant libéré d'une programmation qui sera à partir de 20 heures en compétition avec ses principaux concurrents. Et surtout parce que le service public se retrouve dans une situation extraordinaire et aucun manager aujourd'hui en France, en Europe ou dans le monde, n'a cette chance. Le service public, le président du service public connait ses recettes pour les trois ans qui viennent. Ce sont des recettes qui sont garanties par l'Etat d'une part par la redevance, par un contrat d'objectif et de moyens, et enfin par une dotation de 450 millions d'euros et est elle garantie pour les trois ans qui viennent. Je ne connais aucun chef d'entreprise qui ait cette assurance aujourd'hui.

Je souris, Nonce Paolini, parce que vous faites l'avocat du service public. C'est formidable... Mais le marché publicitaire est aussi libéré d'un de ses intervenants et cela, c'est TF1 qui va en profiter...

Alors c'est TF1, ça reste à voir. Cette année, par exemple, le marché publicitaire est un marché qui est sinistré, tout le monde le sait, des radios comme la votre, des chaînes privées comme TF1 et M6, par exemple le service public a perdu 25% de sa recette cette année. Eh bien ces 25% ne se sont pas reportées ni sur TF1 ni sur M6. Le fameux effet d'aubaine dont on parle n'existe pas. Pourquoi ? Parce que les annonceurs ne vont pas très bien. La crise est passée par là. Et parce qu'il y a aujourd'hui un report de recettes à la fois sur internet, mais aussi sur les chaînes de la TNT.

C'est-à-dire qu'en 2009, vous ne prévoyez pas une augmentation du chiffre d'affaires pour TF1 ?

Aujourd'hui, il est impossible de prévoir une augmentation du chiffre d'affaire d'ailleurs demandez à nos annonceurs, ils sont tous dans une situation extrêmement compliquée...

La presse est gourmande à propos du lobbying que TF1 a fait ou fait peut-être auprès des pouvoirs publics, par exemple des journalistes. Des articles ont noté que la suppression de la publicité sur les chaines de la télévision publique figuraient dans un livre blanc que vous avez remis, on ne sait pas exactement à qui, mais qui circulait en décembre 2007. Supprimer la publicité sur les chaines de télévision publique, et c'est le 8 janvier 2008 que, à la surprise générale, le président de la République a annoncé ce projet. Alors quand on parle du lobbying de TF1, qu'en dites vous ?

Ecoutez, d'abord sur ce livre blanc soyons clairs. On a remis à quelques personnalités politiques qui n'ont rien à voir d'ailleurs avec le président de la république, un livre blanc de 66 pages sur lequel il y avait, allez, on va dire trois-quarts de pages qui était consacré à cette idée, qui est une idée très ancienne qui figurait dans le programme de certains partis politiques qui aujourd'hui dénoncent l'arrêt de la pub sur le service public. En disant, au fond, il serait peut être logique. C'était formulé sous forme d'hypothèse, de prendre un système qui soit bien plus simple, un financement public/service public, et un financement privé/entreprise privée. C'était une suggestion, je pense que ca n'a rien à voir avec la décision du président de la République.

Maintenant, pour ce qui est du lobbying, il est normal qu'à la tête d'une entreprise de 3.700 collaborateurs, qui jour après jour essayent de faire le meilleur travail, le meilleur programme possible, et de prendre les meilleures initiatives possibles sur un marché extrêmement compétitif et très difficile. Je défends les intérêts de mon entreprise. D'ailleurs, j'observe que le président du service public les défendent remarquablement, puisqu'il a obtenu 450 millions d'euros en compensation d'à peine 200 millions d'euros de pertes de recettes publicitaires. En matière de lobbying, il est champion du monde.

On a noté aussi que l'amendement qui diminue la taxe qui va être imposée sur votre chiffre d'affaires pour compenser la perte de recettes publicitaires de France Télévisions, cet amendement là correspond au mot près, il a été déposé par les parlementaires, à un argumentaire que vous faisiez circuler. Et ça aussi, ça suscite pas mal d'interrogations. On se dit, décidément, TF1 est très écouté des milieux de la majorité aujourd'hui.

Ecoutez, on a eu des discussions avec les parlementaires, que ce soit en commission, que ce soit lors d'auditions diverses et variées, que ce soit lors de rencontres informelles. On a avec Nicolas de Tavernot, et avec Bertrand Meheut, défendu l'idée qu'en période de crise, il était totalement absurde et dangereux pour les entreprises de taxer ces entreprises, de surtaxer ces entreprises de 3% sur le chiffre d'affaires. Pour TF1 au passage, c'est 50 millions d'euros qui vont être distraits de ses recettes. Donc on s'est dit, et on leur a dit, qu'en période de crise, il fallait trouver un système qui amène à une modularité de cette taxation, et la modularité qui a été retenue par les députés, c'est 1,5%, qui est un plancher, qui ne sera jamais, comment dirais je...

Ce plancher sera le minimum...

Sera le minimum, absolument. Jusqu'à 3%... Et à partir de 2011, ce sera 3% puisqu'on pense que d'ici là, les circonstances économiques auront changé. Nous, on avait fait des propositions qui étaient encore bien plus ambitieuses puisqu'on parlait de 0,5%. Vous voyez qu'elles n'ont pas été retenues. Donc le lobbying n'a pas été aussi efficace qu'on le dit...

Si la loi est votée, ou en tout cas si les décrets sont pris, les émissions de première partie de soirée commenceront à 20h35 sur France Télévisions. A quelle heure commenceront-elles sur TF1 ?

Alors écoutez, on sera pragmatique. Hier soir, par exemple, avec la Champions League, notre programme a démarré à 20h45, donc on sait déjà faire démarrer les programmes à 20h45. Pourquoi on ne fait pas systématiquement ? Parce que cette tranche 20h40-20h50 est une tranche publicitaire extrêmement importante. Aujourd'hui, le service public pourra mettre des programmes sans publicité, et créer une concurrence nouvelle à cette occasion là. On s'adaptera, on sera pragmatique. Pour l'instant, on considère que le bio-rythme des Français, c'est d'avoir une information à partir de 20 heures, et de pouvoir prendre des programmes à partir de 20h50-21h, parce qu'à ce moment là, on a couché les enfants, on est disponibles, et on peut passer quelque bon temps devant la télé. Donc voilà...

Pas de règles... Ca pourra être 20h35, 20h45 ?

20h35, ca me parait un peu difficile...

Ce sera un peu tôt d'accord...

En tout cas 45-50, il n'y a pas de raison qu'on puisse changer fondamentalement les choses...

PPDA a été pendant vingt-et-un ans le présentateur du journal de 20 heures de TF1, la vitrine de TF1. On a appris récemment que vous aviez déposé une première plainte en diffamation contre lui. Et on a lu hier dans "Le Monde" que vous envisagiez de déposer une deuxième plainte en diffamation contre PPDA. Vous le confirmez ?

Alors je confirme en tout cas que j'ai déposé une plainte en diffamation, parce que PPDA a fait des déclarations qui attentaient à mon honneur, et maintenant les tribunaux trancheront. C'est à eux de décider de savoir s'il a failli dans ses déclarations ou pas...

Une deuxième plainte...

Pour l'instant, il n'y a pas d'autres plaintes en diffamation. C'était uniquement sur ce sujet là. S'il y a d'autres plaintes, je vous préviendrai...

Qu'est ce qui se passe avec PPDA ? Certains disent que c'est un combat un peu personnel entre vous et lui et que vous attachez beaucoup trop d'importance à ce qu'il peut dire ici et là...

Pardonnez moi, mais la tournée des plages, c'est PPDA qui l'a faite. Il est allé de radio en radio, de plateau en plateau. C'est la première fois que je m'exprime publiquement sur son cas. D'ailleurs, j'ai rien d'autre à dire que de dire qu'au moment ou les choses devaient se faire, je lui ai proposé évidemment un poste très important auprès de Jean-Claude Dassier, pour nous aider à faire la réforme qui est en cours, pour piloter les reportages et également les opérations spéciales. Il a choisi de ne pas continuer avec TF1. C'est son choix. Je le respecte mais je voudrais qu'en contrepartie il respecte Laurence Ferrari et l'entreprise qu'il a servie pendant vingt-et-un ans.

Ce qu'il ne fait pas d'après vous...

Je crois qu'il ne l'a pas fait. Tout le monde peut le constater à la lecture de ses déclarations...

On lit dans "Le Monde" d'hier que ses indemnités, les indemnités que lui auraient versées TF1 s'élèvent à 3.8 millions d'euros, vous le confirmez ?

Ecoutez j'ai pas à confirmer ce genre de chiffre. C'est une affaire qui est entre TF1 et PPDA c'est une affaire d'ordre privé qui fait l'objet d'une transaction qui n'a pas à être connue de tiers, et certainement pas de vos auditeurs.

D'où sort ce chiffre, c'est pas PPDA qui l'a donné...

Bah c'est pas moi non plus...

Il correspond à un ordre de grandeur à peu près...

Ecoutez, je n'ai aucune déclaration à faire sur ce chiffre...

Etes-vous inquiet des audiences du journal de 20 Heures de TF1 ?

Aucunement... Aujourd'hui, Laurence Ferrari a une audience qui tourne autour de 8 millions de téléspectacteurs tous les soirs. Je connais des présidents de chaine qui rêveraient d'aboutir à ce chiffre un jour...

Elle est installée pour un moment d'après vous au 20 Heures ?

Pour vingt ans...

C'est une annonce de Nonce Paolini, qui n'aime pas la tournée des plages de PPDA.

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Nonce Paolini de TF1 : "La fin de la pub sur France Télévisions ? Un cadeau pour le service public"
Il n'avait jamais parlé du projet de réforme de l'audiovisuel, actuellement débattu par les députés. Le PDG de TF1 Nonce Paolini répondait mercredi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie. Il est revenu sur la fin de la publicité sur le service public( "c'est un cadeau... mais pour le service public !"), sur Patrick Poivre d'Arvor ("J'ai déposé une plainte en diffamation parce que Patrick Poivre d'Arvor a fait des déclarations qui attentaient à mon honneur") et sa remplaçante Laurence Ferrari (à la tête du 20 Heures "pour vingt ans").
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2008-12-10 13:02:00