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Michel Sapin : "Il y aura au moins 100.000 emplois aidés de plus en 2013"

VIDEO - Michel Sapin, ministre du Travail, de l'Emploi et du Dialogue Social, répondait aux questions de Philippe Corbé jeudi matin. Il réagissait aux chiffres du chômage pour le mois de juin : 2,945 millions de personnes, soit 23.700 de plus qu'en mai (+0,8%). Le ministre est aussi revenu sur le plan de soutien de l'automobile. Et puis Philippe Corbé lui a demandé si les 10% de chômeurs seraient atteints à la fin de l'année. "Sûrement", a répondu Michel Sapin.

Michel Sapin était l'invité de RTL le 26 juillet 2012
Michel Sapin était l'invité de RTL le 26 juillet 2012 Crédit : RTL
Jean-Michel Aphatie et Philippe Corbé

Philippe Corbé : 23.700 chômeurs de plus. En tout, ils sont 2 millions 945.800 en France. On voit mal ce qui pourrait nous empêcher de franchir la barre symbolique des 3 millions à la rentrée.

Michel Sapin : oui. Enfin, on voit mal, on voit quelles sont les décisions qu'il faut prendre mais effectivement, on constate les uns et les autres qu'il y a une montée aujourd'hui forte du chômage qui est due, je ne veux pas avoir l'air de dire c'est toujours ceux d'avant mais enfin, chacun voit bien que ce sont les chiffres du mois de juin, que l'Assemblée Nationale n'était pas encore renouvelée, que nous n'avions pas encore les moyens d'agir.

Mais enfin la nouvelle majorité ne va pas avoir un effet instantané sur les chiffres du chômage.

Voilà. N'aura pas un effet instantané sur les chiffres du chômage. Donc, aujourd'hui, je constate, mais je constate en particulier les éléments le plus graves, parce qu'on peut prendre les chiffres symboliques : 10% ou 3 millions.

10% avant la fin de l'année probablement.

Sûrement. Mais il faut regarder l'intérieur. Qu'est-ce qui est le plus grave ? C'est que ce sont les plus jeunes qui en prennent plein la figure. Les plus âgés, les plus de 55 ans, et puis, peut-être le plus grave de tout, c'est que le nombre des chômeurs qui sont au chômage depuis plus d'un an, ce qu'on appelle le chômage de longue durée, a considérablement augmenté. Aujourd'hui, la France n'a jamais connu autant de chômeurs de longue durée. Donc, il faut s'attaquer si je puis dire à chacune de ces catégories. Ce sont les propositions, on y reviendra peut-être, qui sont les emplois d'avenir, le contrat de génération, qui permettra à un jeune de rentrer dans l'entreprise et à un plus âgé d'y rester. C'est aussi toutes les mesures d'insertion, d'orientation, pour permettre à ceux qui sont au chômage depuis très longtemps de pouvoir retrouver l'emploi.

Mais ces mesures que vous allez déployer à la rentrée, notamment les contrats d'avenir, les 80.000 contrats aidés dont on va parler, je pense que les auditeurs qui nous écoutent, qui sont au chômage depuis plus d'un an, qui ont peut-être des enfants qui sont au chômage, ont peut-être du mal à imaginer comment, avec ces mesures là, à la rentrée, vous allez pouvoir leur offrir un avenir à moyen terme.

Évidemment qu'ils ont du mal à l'imaginer parce qu'ils sont là dans l'inquiétude, ils sont dans le chômage immédiat. Ils ont des enfants...

80.000 emplois aidés pour 2 millions 245.000 chômeurs, c'est peu.

Oui. Prenons cet exemple...

80.000...

Prenons cet exemple de ce qu'on appelle les emplois aidés. Qu'est-ce qui s'est passé ? Il y avait 340.000 emplois aidés qui avaient été programmés par le précédent gouvernement. 250.000 de ces emplois aidés ont été utilisés pour trois à quatre mois dans les quatre premiers mois de l'année.

Pendant l'année de campagne électorale ?

Vous comprenez pourquoi. Parce qu'il fallait faire artificiellement, non pas baisser, parce qu'ils n'ont pas baissé, mais éviter une augmentation du chômage. Alors, nous nous retrouvons devant une situation incroyable où pour le deuxième semestre, la deuxième moitié, il n'y a plus de contrats aidés. Et je connais des familles, je suis sûr qu'il y en a qui nous écoutent, qui disent : "On nous dit qu'il n'y a plus de contrat aidé". Donc, il fallait créer.

Les 80.000...

On a créé 80.000 emplois aidés. Or, ça c'est immédiat. On est dans l'urgence immédiate.

Ca c'est 80.000...


C'est 80.000 chômeurs en moins.

80.000 chômeurs en moins donc pour le deuxième semestre 2012. Est-ce qu'il faudra faire davantage d'emplois aidés pour l'année 2013 ?

Il faudra faire globalement davantage d'emplois aidés. C'est-à-dire qu'il faut au fond maintenir, c'est ce que je souhaite, je pense que le Premier Ministre, dans cette période d'arbitrage budgétaire, me donnera satisfaction. Il faut conserver le volant actuel d'emplois aidés classiques, ce qu'on appelle, je ne vais entrer dans les détails, mais les CAE, les CAEI, donc c'est des emplois dans les administrations, dans les hôpitaux, dans les établissements scolaires. Il faut en plus, en plus, nos emplois d'avenir. Donc, il y aura l'année prochaine au moins 100.000 emplois aidés de plus. Je le répète : 100.000 emplois aidés de plus, c'est 100.000 chômeurs de moins.

Financés par les finances publiques.

Financés bien entendu par les finances publiques. Le budget de l'emploi, ça ne vous étonnera pas, c'est vraiment une des toutes premières priorités.

Il ne va pas ? (54' 20"). Il ne baissera pas après ?

Non, il ne baissera pas et on ne peut pas imaginer que les outils en faveur de l'emploi, donc contre le chômage, diminuent dans une période comme celle-ci, même si par ailleurs, il y a des contraintes budgétaires absolument nécessaires à respecter et, bien entendu, mon ministère comme d'autres fera les efforts nécessaires pour permettre le respect de ces critères.

Vous avez présenté, hier avec Arnaud Montebourg, le plan de soutien à l'automobile. Prime pour les véhicules propres, pour les véhicules électriques, les véhicules hybrides. On a des messages d'auditeurs qui nous disent : "Mais attendez, ce sont des véhicules qui restent chers, des véhicules que moi je ne vais pas pouvoir m'offrir, des véhicules urbains". En tout cas, c'est une niche pour l'instant, que vous allez peut-être un peu développer, mais ça restera une niche.

Oui, parce que les auditeurs, je les comprends tout à fait, ils regardent ce qui existe aujourd'hui. Ils regardent le véhicule d'aujourd'hui. Or, qu'est-ce qui se passe ? D'un côté comme de l'autre, j'allais dire, du côté Renault comme du côté PSA, il y a de nouveaux véhicules qui sont en train d'arriver.

Notamment les Zoé pour Renault.


Prenons les Zoé. On est prêt à faire de la publicité, dès lors qu'il s'agit de marques françaises fabriquées, donc c'est le cas de Zoé, qui sera dès l'année prochaine, dès la fin de cette année commercialisée, et dès le début de l'année prochaine vendue. Ca ce sont des voitures qui sont des petites voitures, des voitures qui sont à des niveaux -je ne vais pas ici faire la publicité sur les prix- mais qui sont à des niveaux de budget qui sont parfaitement accessibles. C'est ce que Arnaud Montebourg appelait hier "une voiture propre et populaire".

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