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Mediator : le coup de gueule de Xavier Bertrand

"Le doute doit profiter aux victimes du Médiator" : c'est le coup de gueule de Xavier Bertrand. L'ex-ministre de la Santé réagit à ce chiffre : 86% des demandes d'indemnisations sont rejetées. Mercredi matin sur RTL, Irène Frachon s'est insurgée. C'est elle qui a révélé le scandale. Elle accuse les experts d'être sous la pression des laboratoires Servier. La ministre actuelle, Marisol Touraine, a répondu. Elle indique qu'ils sont indépendants. Mercredi soir, son prédécesseur, Xavier Bertrand, monte au créneau. Il s'était battu pour l'indemnisation des malades et s'adresse aux experts.

Xavier Bertrand (UMP), ancien ministre de la Santé
Xavier Bertrand (UMP), ancien ministre de la Santé Crédit : AFP / Jacques Demarthon
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La rédaction de RTL Journalistes RTL

Plus de 80% des premières demandes d'indemnisation rejetées

La très grande majorité des premières demandes d'indemnisation des victimes présumées du Mediator ont été rejetées par les experts, suscitant un début de polémique autour des critères restrictifs qu'ils appliquent. Plus de 80% des dossiers examinés jusqu'à présent ont été jugés irrecevables par le collège d'experts de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (Oniam), a confirmé une association de malades, à la suite d'une information du Parisien. 
   
L'Oniam a examiné 831 dossiers sur les 7.500 présentés, selon son directeur Erik Rance, qui s'est refusé à confirmer le taux de rejet, estimant que le nombre de cas examinés "n'est pas significatif". La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a admis mercredi que le débat portait "sur la capacité à établir un lien entre les dysfonctionnements observés chez certains malades et la prise du Mediator, d'une manière qui garantisse l'indemnisation par la justice". 
   
"Nous sommes très en colère contre le collège d'experts"

Pour les victimes, les premiers rejets sont durs à accepter. "Nous sommes très en colère contre le collège d'experts", a commenté le Dr Dominique-Michel Courtois, président de l'Association des victimes du Mediator (Avim), qui présente quelque 5.000 dossiers d'indemnisation, dont 500 ont déjà été examinés. "Le refus risque de porter sur des milliers de dossiers", a-t-il estimé, précisant que les refus concernent principalement les petites fuites cardiaques. 
   
Ces valvulopathies bénignes, assez fréquentes dans la population âgée, sont rejetées par le collège d'experts parce qu'il est difficile d'établir un lien "direct et causal" avec la prise du Mediator, a expliqué la pneumologue Irène Frachon, première à dénoncer les dangers de ce médicament. "On ne peut pas prouver à 100%, mais il faut que le doute bénéficie à la victime alors qu'il bénéficie actuellement à Servier", a-t-elle ajouté, soulignant notamment "le préjudice d'angoisse" et "le caractère symbolique de la réparation". 
   
Soupçonné d'avoir provoqué la mort d'au moins 500 personnes en 30 ans

Le Mediator, un médicament des laboratoires Servier destiné aux diabétiques en surpoids, a été largement détourné comme coupe-faim durant sa commercialisation de 1976 à 2009. Il est soupçonné d'avoir provoqué la mort d'au moins 500 personnes en 30 ans, voire 1.320 à 2.000 selon d'autres estimations. Il a été retiré du marché en novembre 2009 en raison des risques cardiaques encourus par les patients. 
   
Le nombre important de rejets parmi les premières demandes d'indemnisation a suscité un début de polémique politique. Le député UMP Arnaud Robinet, ancien rapporteur de la loi sur le médicament adoptée fin 2011, s'est déclaré "très surpris" et a appelé le gouvernement à prendre "des décisions très fermes" sur les indemnisations. Le député socialité Gérard Bapt a de son côté estimé que la manière dont travaille le collège d'experts "ne correspond pas à l'esprit de la loi", affirmant que "tous les préjudices doivent être indemnisés". 
   
En janvier 2011, Xavier Bertrand avait assuré qu'il y aurait une indemnisation "juste et rapide"

Pour rejeter les demandes, les membres du collège d'experts ont notamment mis en avant l'âge avancé du malade, la prise d'anti-migraineux susceptibles d'entraîner des problèmes cardiaques, ou des rhumatismes articulaires aigus contractés dans l'enfance, selon le Dr Courtois. 
   
"Il y a une distorsion entre la volonté du législateur et du précédent ministre de la Santé (Xavier Bertrand) et l'indemnisation des petites valvulopathies", a relevé M. Bapt, tandis que Me Charles Joseph-Oudin, avocat des victimes, a qualifié la décision de l'Oniam de "décision idéologique et stratégique parce qu'il y a trop de dossiers". En janvier 2011, M. Bertrand avait assuré qu'il y aurait une indemnisation "juste et rapide" des victimes du Mediator. 

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