1 min de lecture Politique

Marylise Lebranchu : "Un grand moment de rigueur pour les fonctionnaires"

VIDEO - La ministre de la Réforme de l'Etat, de la Décentralisation et de la Fonction publique répondait mercredi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie. Marylise Lebranchu a estimé que les fonctionnaires devaient affronter un "grand moment de rigueur", souhaitant qu'ils participent au redressement du pays. "Ce n'est pas une cure d'austérité mais c'est un grand moment de rigueur. Les fonctionnaires sont conscients de l'importance de leur fonction et ont envie que leur pays se redresse, donc ils savent que s'ils y participent, ils peuvent générer aussi leur part de croissance", a-t-elle ajouté.

Marylise Lebranchu sur RTL le 4 juillet 2012
Marylise Lebranchu sur RTL le 4 juillet 2012 Crédit : RTL
Micro RTL
La rédaction de RTL et Colas Bedoy

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Marylise Lebranchu.

Marylise Lebranchu : Bonjour.

Vous vous êtes ennuyée, vous aussi, mardi, à l'Assemblée Nationale en écoutant Jean Marc Ayrault ?

Non, parce que moi j'étais au Sénat et il fallait répartir les ministres ... et j'ai écouté le discours lu par Laurent Fabius.
De toute façon, je ne trouve qu'il soit long ce discours ; mais bon, je pense qu'il a du y avoir beaucoup plus d'interruptions à l'Assemblée qu'au Sénat.

Même si on a compris que les sénateurs étaient assez, les sénateurs de l'Opposition, étaient assez vindicatifs, mardi.

C'est exact.

Beaucoup de questions concernent les fonctionnaires et le Premier ministre n'a pas forcément abordé les problèmes qui les concernent.D'abord les Postes.
Alors, on a compris que des embauches auraient lieu dans des ministères dits prioritaires : Education Nationale, Justice, Intérieur.
Mais comme le nombre total de fonctionnaires doit rester stable ; donc, il y aura des suppressions de postes dans les autres Administrations. Combien de postes allez-vous supprimer l'année prochaine, Marylise Lebranchu ?

Alors, je suis dans l'incapacité de vous donner le chiffre parce que ce qu'on va faire, c'est regarder d'abord  -vous savez qu'on a une conférence sociale lundi, mardi-  regarder avec les syndicats ce qu'on veut réaliser sur cinq ans et en particulier, bien décrire les missions de Service Public ; regarder celles qui sont le plus importantes, redonner confiance aux fonctionnaires parce que ça fait quand même quelques années qu'ils subissent la RGPP, qui était un vrai tract politique qui les remettait en cause, qui les a humiliés.

Bref ! on va regarder avec eux l'utilité d'une mission de Service Public et voir là où elle est aussi le plus génératrice de croissance et à partir de là, avec l'ensemble de mes collègues ministres, on va pouvoir essayer d'être justes entre le niveau national, le niveau régional, le niveau départemental parce qu'il y a eu une forte désorganisation et on nous demande beaucoup sur les territoires la présence des Services Publics.

Les estimations sont de 15.000 suppressions de postes par an pour garder le nombre total de fonctionnaires identique  s'il y a des embauches ..

Oui, de toute façon, ce sont des chiffres qu'on a depuis longtemps puisque ...

C'est un ordre de grandeur ...

C'est un ordre de grandeur puisque de toute façon, ce que ...

Et qui vous paraît juste ?

Juste ?  Si je pouvais garder tous les postes et les répartir différemment, voilà, je le ferais ...

Mais vous ne le pourrez pas.

Mais nous sommes en période de crise, tout le monde l'a bien noté.

Le Président de la république quand il a fait son discours, pendant la campagne électorale sur le sujet, a dit : à nombre constant de postes, je souhaite que priorité absolue soit donnée à la Jeunesse, donc à l'Education, à la Police, la Justice, vous l'avez rappelé.

Donc, à partir de ce moment-là, comme on est à périmètre constant, à périmètre constant aussi de rémunération, on a un gros sujet. Mais je pense que les syndicats acceptent cette idée de rigueur parce qu'elle est logique pour eux.

En revanche, ce qu'ils demandent c'est qu'on puisse avoir une vraie négociation sur quel poste ? Où ? National ? Régional ? Départemental ? L'organisation des services ? Répondre aux missions de contrôle de l'Etat ? Réaffirmer les missions de l'Etat ? Et puis, aussi, parler croissance ? Parce qu'un point de dépenses publiques, c'est 0.5 point de croissance ; donc, il faut qu'on regarde avec eux comment tout ça va s'organiser.

Mais vous ne souhaitez pas donner de chiffre ? Là ce mercredi matin, vous ne souhaitez pas donner de chiffre ? Quand je dis 15.000, vous dites : oui, c'est un ordre de grandeur mais vous ne le reprenez pas à votre compte ?

Oui, c'est un ordre de grandeur, parce qu'aujourd'hui ...

Si ?

Parce qu'aujourd'hui, je prends  ...  Non, je ne les prends pas à mon compte. Pourquoi ?

J'ai un rapport de la Cour des Comptes. Didier Migaud, il est à sa place. Il décrit une situation ; il fait quelques propositions. Moi, je suis persuadée qu'un certain nombre de dépenses publiques qu'on va engager dans le cadre défini par le Premier ministre peut générer de la Croissance.

 Moi, j'ai cet espoir-là ; sinon, dans la durée sur les cinq ans, je me mettrais que des murs à sauter, c'est tout. J'ai cet espoir-là ; et j'espère effectivement qu'au bout de deux ans, trois ans, on va pouvoir améliorer les choses. Donc, à partir de ce moment-là, je ne vous dis pas un chiffre aujourd'hui mais je vous dis : oui, nous sommes à périmètres constant ; donc, oui c'est difficile ; donc oui ...

C'est d'autant plus facile qu'il faut se mettre d'accord sur une méthode et un agenda avec les syndicats ; sinon, on ne fera pas évoluer l'Etat contre les fonctionnaires. On fera évoluer l'Etat avec les fonctionnaires ; et il ne faut plus qu'ils soient plus humiliés.


Les syndicats sont déjà visiblement très hostiles à cette politique.

C'est logique, ils sont aussi dans leur rôle ; chacun est dans son rôle. Ils sont hostiles mais ils veulent qu'on sorte de l'humiliation des fonctionnaires et qu'on retrouve un langage de vérité par rapport au Service Public et à ce qu'il génère, y compris en termes de richesse pour l'ensemble du pays.

Sur la rémunération des fonctionnaires, alors la situation budgétaire de l'Etat est difficile, tout le monde le sait. Le point d'incide dans la Fonction Publique qui sert de repère pour l'augmentation des salaires, ce point d'indice a été gelé en 2011, gelé en 2012. Il le sera aussi en 2013, Marylise Lebranchu ?

A mon avis, je ne pourrais plus parler uniquement de point d'indice. C'est-à-dire que le point d'indice est gelé, c'est un grand symbole. Il faut que je parle de Pouvoir d'Achat des fonctionnaires ; et avec eux, c'est ça qu'on va mettre sur la table. On va faire deux choses. On va regarder toutes les mesures qui permettent d'améliorer leur pouvoir d'achat. Souvent la population ne le sait pas : énormément de fonctionnaires sont payés très peu, et même en-dessous du Smic.

Et là, l'augmentation du Smic nous pousse tous ; enfin, dans chaque ministère nous allons être obligés d'augmenter nos catégories C, y compris dans les collectivités locales.

Donc, parlons de pouvoir d'achat des fonctionnaires.

Et moi je pense quand même que sur la durée, il faut engager deux chantiers forts :
- le point d'indice dont vous venez de parler qui est un espèce de phare de la rémunération de la Fonction Publique
- mais aussi l'ensemble des grilles, l'ensemble des carrières. On n'est pas bon sur l'ensemble des carrières de la Fonction Publique.

Mais on est certain qu'il va être gelé, l'année prochaine. On ne voit pas comment les dépenses de l'Etat étant gelées, le point d'indice serait, lui, dégelé.

Si je vous disais, aujourd'hui : je vais lâcher le point d'indice, l'année prochaine, je ne serais pas en accord avec mon Premier ministre qui n'a pas encore discuté de cela avec moi, ni avec le ministère de l'Economie et des Finances. Donc, on a une situation très dure ; mais il faut qu'on trouve avec les fonctionnaires à parler de leur pouvoir d'achat et sur l'ensemble des dossiers qui concernent la rémunération, pas seulement le point d'indice.


De ce point de vue, la fin de la détaxation des Heures Supplémentaires annoncée par le Premier ministre, mardi, c'était d'ailleurs dans la campagne de François Hollande, est aussi une mauvaise nouvelle pour les fonctionnaires, notamment les enseignants qui font des Heures Supplémentaires. 600 millions d'Euros reviennent dans la Fonction Publique par ce biais-là. Donc, c'est une perte de revenus pour les fonctionnaires ?


Voilà, c'est une perte de revenus pour certains. Ils ne se battent pas tous ...

Que vous ne compenserez pas ?

Attendez, ils ne se battent pas tous, et loin de là, pour les Heures Supplémentaires.
Les fonctionnaires de l'Education Nationale puisque ce sont essentiellement eux qui sont concernés ont une annonce très forte : c'est qu'ils vont avoir des collègues en plus, et des conditions de travail qui vont s'améliorer.

Les Heures Supplémentaires, c'est bien obéir à une pénurie. Faire rentrer des fonctionnaires nouveaux dans l'Education Nationale, c'est ...

Mais c'est une perte de revenus pour ceux qui en profitaient ?

Eh oui, c'est une perte de revenus pour ceux qui en profitaient.

Un sacrifice pour eux ?

Alors, ils ne le vivent pas tous comme ça ...

Pas tous ; mais peut-être beaucoup ?

Je n'ai pas eu ce type de réactions de manière forte et brutale. Leur revendication est quand même d'avoir de meilleures conditions de travail pour les enfants, en particulier dans le secteur primaire. C'est quand même ça la revendication première des enseignants.

Un jour de carence, c'est-à-dire un jour non payé a été instauré dans la Fonction Publique à partir du 1er janvier 2012, dans le cadre d'un congé maladie. Il va demeurer ?


Pour l'instant, il demeure. Je vais vous dire pourquoi. Parce que malheureusement, 225 millions d'euros ont été enlevés à l'ensemble des ministères, en amont de cette décision en disant : cette décision va vous permettre d'avoir des recettes supplémentaires. Donc, dans le budget, c'est déjà ainsi.

Mais le jour de carence a été un tract politique, c'est-à-dire qu'on a montré, à un moment donné, que les fonctionnaires devaient être alignés sur les autres, ce n'était pas une bonne façon de faire parce que la plupart des salariés, 80% des salariés du Privé ont une prévoyance qui couvre le jour de carence ; pas les fonctionnaires. Donc, je pense que là-dessus, il faut qu'on puisse discuter avec eux rapidement de cet espèce de façon de les montrer toujours du doigt en faisant une sorte de punition qui est mal acceptée et en plus, qui n'est pas juste.

C'est quand même une sacrée cure d'austérité pour la Fonction Publique !

Oui, c'est une  pas une cure d'austérité pour moi, c'est un grand moment de rigueur ; mais les fonctionnaires sont, comment dirais-je ! sont conscients de l'importance de leur fonction et ont envie que leur pays se redresse. Donc, ils savent que s'ils y participent, ils peuvent générer aussi leur part de croissance. Vous savez, sur les fonctionnaires qui permettent le redressement des territoires, aussi.

Marylise Lebranchu, ministre de la Fonction Publique, était l'invitée de RTL, ce matin. Bonne journée.

Lire la suite
Politique Jean-Michel Aphatie Exclu RTL
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7750348613
Marylise Lebranchu : "Un grand moment de rigueur pour les fonctionnaires"
Marylise Lebranchu : "Un grand moment de rigueur pour les fonctionnaires"
VIDEO - La ministre de la Réforme de l'Etat, de la Décentralisation et de la Fonction publique répondait mercredi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie. Marylise Lebranchu a estimé que les fonctionnaires devaient affronter un "grand moment de rigueur", souhaitant qu'ils participent au redressement du pays. "Ce n'est pas une cure d'austérité mais c'est un grand moment de rigueur. Les fonctionnaires sont conscients de l'importance de leur fonction et ont envie que leur pays se redresse, donc ils savent que s'ils y participent, ils peuvent générer aussi leur part de croissance", a-t-elle ajouté.
https://www.rtl.fr/actu/marylise-lebranchu-un-grand-moment-de-rigueur-pour-les-fonctionnaires-7750348613
2012-07-04 08:15:00
https://cdn-media.rtl.fr/cache/KtAuWMyU7VtlUmTRTMqoGA/330v220-2/online/image/2012/0704/7750352393_marylise-lebranchu-sur-rtl-le-4-juillet-2012.jpg