1 min de lecture L'invité de RTL

Marine Le Pen : "Il faudrait que la moitié de ce gouvernement démissionne !"

La vice-présidente du Front national répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie mardi. Marine Le Pen a estimé que Nicolas Sarkozy aurait dû "revenir sur l'augmentation de 172%" de son salaire, car cette décision a entraîné, selon elle, "l'impunité" des ministres "qui se comportent comme un gouvernement de jouisseurs". Interrogé sur les annonces du chef de l'Etat concernant le train de vie de l'Etat, elle a déclaré : "Ce sont des mesures poudre aux yeux. Il serre la vis de tout le monde sauf la sienne. Il aurait pu commencer par les frais de l'Elysée qui ont explosé".

Jean-Michel Aphatie

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Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Marine Le Pen.

Marine Le Pen : Bonjour, Jean-Michel Aphatie.

Moins de voitures, moins de logements de fonction, moins de conseillers dans les cabinets, moins de frais dans les ministères. L'État va faire des économies. "C'est une nécessité pour redresser les finances publiques", a écrit hier le chef de l'État à son Premier ministre. A-t-il raison, le chef de l'État ?

Non, mais ce sont des mesures poudre aux  yeux. En l'occurrence, il serre la vis de tout le monde, sauf la sienne. Il aurait pu commencer éventuellement par les frais de l'Elysée qui ont explosé depuis qu'il est arrivé. Et puis, puisqu'il s'agit de symbole, il aurait pu revenir également sur l'augmentation de 172% qu'il s'est accordée, et qui a été un des premiers geste de sa gouvernance.

Le président de la République gagne trop ?

C'est pas ça, mais en terme de symbole, si vous voulez, arriver, et une des premières mesures que l'on prend, c'est s'augmenter de 172%, alors que les Français vivent de plus en plus difficilement, là pour le coup, le symbole était évident.

Le chef de l'Etat en France doit gagner un peu plus, que ce que vous gagnez vous au Parlement européen, Marine Le Pen ?

Ca a marqué....

On est d'accord ?

Oui, mais le chef de l'Etat ne dépense strictement rien. Si vous voulez qu'on aille là dedans, à mon avis, on va découvrir un certain nombre de choses. Mais je crois que c'est un symbole qui a marqué somme toute la gouvernance de Nicolas Sarkozy et qui entraîné l'impunité dans laquelle se trouvent des ministres qui se comportent comme un gouvernement de jouisseurs, intéressés uniquement par la satisfaction de leurs désirs immédiats...

Seulement, seulement ça ?

Oui, mais bien sûr. Par l'amélioration de leur situation personnelle, où on mélange les genres de manière systématique. Or, je vous rappellerais l'adage de Rivarol : "Lorsque les peuples cessent d'estimer, ils cessent d'obéir".

Y a-t-il une affaire Woerth, d'après vous Marine Le Pen ?

Oui, il y a une affaire très grave. Mais j'ai été la première, monsieur Apathie, et depuis de nombreux mois à dire qu'il m'apparaissait absolument scandaleux que monsieur Woerth soit en même temps ministre du Budget et trésorier de l'UMP, et j'ai même rajouté chargé des grands comptes. J'ai été la première dans l'indifférence, il faut bien le dire de la classe politique et journalistique, à dire que je trouvais absolument scandaleux que monsieur Woerth organise des sauteries avec les grands donateurs de l'UMP, où le président de la République, qui doit être au-dessus des partis, qui doit être le président de tous les Français, venait serrer la pince à ces grands donateurs pour les remercier. Je pense que dès ce moment-là, le ver était dans le fruit. Mais il a fallu arriver à la situation où on est aujourd'hui, pour que ça fasse enfin réagir.

Mais ça n'a pas grand lien avec l'affaire Bettencourt. Ce n'en n'a même aucun quand vous parlez de la situation de trésorier de l'UMP...

Ah bon, mais quand monsieur Demaistre dit "on va donner de l'argent à monsieur Woerth", c'est à dire on va abonder les caisses de l'UMP. Lorsque monsieur De Maistre dit à madame Bettencourt : "Allez, donnez un petit peu de sous à madame Pecresse", l'air de dire ça va arranger nos affaires, mais tout cela transpire le mélange des genres entre la politique et l'argent, transpire les intérêts.

Donc, il suffit qu'Eric Woerth abandonne son poste de trésorier de l'UMP pour que vous soyez satisfaite ?

Écoutez, il faudrait que la moitié... pour revenir à une situation normale de moral publique, il faudrait que la moitié de ce gouvernement démissionne. Mais vous me direz, ça m'a rajeunit quand j'ai vu les affaires Amara, Bougrab, Boutin, Joyandet, etc., ça m'a rappelé quand j'étais avocate devant les chambres correctionnelles. C'est le même type de défense : 1) c'est pas vrai... 2) c'est pas moi... 3) c'est pas grave... Vous voyez qu'on soit tout en haut ou tout en bas, la défense est toujours la même.

J'ai vu que vous demandiez la démission d'à peu près tout le monde. Oui effectivement.

A peu près tout le monde.

Elimination de l'équipe de France du mondial, vous demandez la démission de Roseline Bachelot..

Oui, mais en réalité, j'ai eu tort...

Là, dans une autre dépêche, vous demandez la démission de Nicolas Sarkozy.

... J'ai eu tort...

Ca oui. Si vous étiez entendue, il n'y aurait plus grand monde qui resterait.

J'ai demandé la démission de madame Bachelot après avoir entendu les interviews des joueurs de football, j'aurais du demander, compte tenu de leur illettrisme, la démission du ministre de l'Education nationale.

Donc, vous demandez la démission de tout le monde ce matin ?

Oui, mais je crois que les Français, et je l'espère vont avoir la lucidité de démissionner tout ce beau monde lors des prochaines élections présidentielles, et accessoirement législatives.

François Fillon inaugurait hier une mosquée à Argenteuil, en région parisienne. Le message est simple : mieux vaut un Islam au grand jour, plutôt qu'un Islam des caves.

Non, le message est simple : nous ne défendrons pas, dit le gouvernement, la laïcité. Nous avons abandonné l'idée de la défendre. Et d'ailleurs Nicolas Sarkozy dans son livre sur les religions l'avait indiqué

Mais ce n'est pas du tout le message. Ca n'a rien à voir. Inaugurer une mosquée c'est pas abandonner la laïcité.

Ecoutez, le rôle d'un Premier ministre... C'est d'ailleurs tellement banal, monsieur Apathie, que c'est la première fois que ça arrive en France. Ca ne vous interpelle pas ?

Oui, c'est la première fois. Il y a toujours des premières fois.

Non, monsieur ! Parce qu'il y a des règles depuis cent ans, qui sont les règles de la laïcité...

Il vaut mieux l'Islam des caves que d'inaugurer des mosquées ?

Le problème n'est pas là. L'Etat ne reconnaît...

Ce n'est pas si c'est le problème, c'est ma question. Est-ce qu'il vaut mieux que la religion trouve un lieu au grand jour pour s'exprimer, ou il vaut mieux qu'elle se cache ? C'est ma question.

L'Etat ne reconnaît, ne salarie, et ne subventionne aucun culte. Aujourd'hui, l'Etat et les collectivités municipales financent les mosquées. Aujourd'hui, il y a des prières dans les rues qui sont bloquées à la circulation et l'Etat ne fait strictement rien.

Justement, s'il y avait une mosquée, il n'y aurait pas de prières dans les rues !...

Aujourd'hui, on impose des exigences. Non, c'est faux, c'est faux parce que rue Myrha, la mosquée est vide le vendredi.

J'ai dit une bêtise, alors...

Oui, monsieur Apathie, la mosquée est vide tous les vendredi. Et les gens sont dehors en train de prier dans la rue, parce que c'est un acte politique de leur part. Aujourd'hui, le porc est banni de nos cantines, de notre école laïque, gratuite et républicaine. Et tout cela en violation totale de la loi de 1905. Et le gouvernement lance un signal très fort : "Continuez donc comme ça, nous abandonnons le principe de laïcité !" Et bien, je trouve que cet événement est extrêmement grave.

Qui a dit à propos de la réforme des retraites : "Le gouvernement s'est soumis aux desiderata du Medef, on demande toujours des sacrifices aux mêmes, aux classes moyennes, aux travailleurs, alors même que les robinets  des finances sont grands ouverts". Olivier Besancenot... ?

Marine Le Pen.

Olivier Besancenot ou Marine Le Pen ? C'est Marine Le Pen, je confirme.

Non, non, Marine Le Pen.

Je croyais que c'était du Olivier Besancenot.

Non, Olivier Besancenot, il doit être très content puisqu'il est un internationaliste. Il est pour la suppression totale des frontières. C'est exactement ce qui se passe. Et d'ailleurs on a vu ce qui s'est passé au G20. On a protégé les banques, les banksters sans frontière... Il devrait être content monsieur Besancenot. Il adore les trucs sans frontière. Et bien, moi je n'aime pas les choses sans frontière. J'aime les frontières.

Je ne vois pas bien le rapport entre les les retraites et les retraites.

Parce que c'est un tout, c'est un tout, monsieur Apathie, l'économie. Vous savez, tant que les frontières seront ouvertes, tant que notre économie sera livrée à la concurrence internationale déloyale, nous verrons le chômage exploser, et tant que nous verrons le chômage exploser, nous ne sortirons pas de la problématique, en l'occurrence, des retraites. Alors c'est vrai que cette réforme des retraites est injuste, inefficace, et qu'elle est mensongère. Qu'elle va une nouvelle fois demander des efforts aux mêmes, c'est-à-dire aux travailleurs, aux classes moyennes, aux classes populaires, aux seniors qui déjà sont les super-victimes du chômage. Et qu'en plus, elle est inefficace puisque en l'occurrence, on va déjà taper dans le fonds de réserve qui était prévu pour 2020. Donc, le gouvernement admet en l'occurrence  que ce sera inefficace...

Tiens, je voulais revenir, puisque vous me parlez...

Oui, comme je ne vous ai pas posé la question, vous avez bien raison, allez-y.

Ce n'est pas ça, vous m'avez parlé des mosquées, donc on peut y revenir éventuellement...

Éventuellement, il n'y a pas de problème.

... A la grande affaire des burqas, pour informer quand même vos auditeurs que après avoir agité l'interdiction de la burqa, les parlementaires UMP au Conseil de l'Europe, ont voté la résolution visant en Europe, à interdire l'interdiction de la burqa. Donc vous voyez, on dit des choses sur le territoire national, et on fait l'inverse à l'international.

Si Bruno Gollnisch écoute RTL ce matin, il doit se dire "holala, elle est en forme Marine Le Pen. Aucune chance contre elle pour la présidence du Front National" !

Marine Le Pen est toujours en forme.

Et bien ça se voit que vous êtes en forme.

Bruno le sait.

Plein de formules, les grands comptes, les banksters, plein plein de formules.

J'en ai d'autres si vous voulez.

Oui, je vois, que vous êtes intarissable.

Si vous voulez qu'on parle d'économie notamment. C'est quelque chose, vous savez, auquel je tiens énormément.

Et bien nous n'avons plus le temps.

Ah dommage, je reviendrais.

Marine Le Pen était l'invitée de RTL ce matin.

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