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Louis Giscard d'Estaing : "Si Jean Sarkozy renonçait à l'Epad, ce serait respecté" (vidéo)

Le député UMP du Puy-de-Dôme, fils de l'ancien Président de la République, répondait jeudi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie. Louis Giscard d'Estaing a estimé qu'un report de la très controversée arrivée de Jean Sarkozy à la tête de l'Etablissement d'aménagement de La Défense serait "respecté". Et d'affirmer : "Il a fait un choix difficile, un choix courageux", celui de "l'engagement politique, son père ayant été élu président de la République", ajoutant que cela contraint "à l"exemplarité".

Jean-Michel Aphatie
Jean-Michel Aphatie
Journaliste RTL

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Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Louis Giscard d'Estaing.

Louis Giscard d'Estaing : Bonjour, Jean-Michel Aphatie.

L'élection prochaine de Jean Sarkozy, 23 ans, à la tête de l'Etablissement public d'aménagement de La Défense, continue de susciter beaucoup, beaucoup, beaucoup de commentaires. "Quoi que je dise, quoi que je fasse, assure Jean Sarkozy, je serais critiqué". Critiqué, parce qu'il est le fils du Président de la République. C'est si difficile que ça d'être le "fils de" ?

Ecoutez, c'est une situation effectivement assez exceptionnelle et qui s'impose à vous, parce qu'en réalité, vous n'avez pas décidé d'être fils de Président de la République, ce sont les Français qui ont décidé d'élire votre père à la présidence de la République. Et à partir de là, vous devez avoir un comportement qui est irréprochable ou en tout cas, vous devez vous efforcer d'avoir ce comportement parce qu'en permanence, les Français vous regardent sous l'angle de la question suivante : est-ce que c'est par vos mérites propres que vous avez accédé à telle ou telle fonction ; ou est-ce que c'est selon des règles qui seraient, par exemple, soumises à la question du favoritisme ?

Vous avez plus d'obligations que les autres quand vous êtes dans cette situation ?

Oui. Si vous voulez, moi je prends un exemple qui est ma rencontre avec l'amiral Philippe de Gaulle - et je l'ai rencontré en 1978, donc quand mon père était Président de la République -, et il m'a dit : "Je n'envie pas votre situation". Il faut dire que lui-même avait certainement beaucoup souffert du fait que chacune de ses promotions. Il avait choisi la carrière militaire, il avait passé le concours de l'Ecole navale et à chacune de ses promotions dans la Marine nationale, on suspectait que c'était le fait qu'il était le fils du Général de Gaulle qui avait conduit à ses promotions. En réalité, je crois que ça a été plutôt un handicap à sa carrière militaire parce que tout avancement était suspect du fait d'y voir la patte ou l'emprise du Général de Gaulle qui, de surcroît, était chef des Armées, et donc directement concerné.

Là quand vous voyez Jean Sarkozy, vous vous dites quoi ? Ca doit être difficile pour lui ? Il doit souffrir ? Qu'est-ce que vous lui conseillez ?

Je ne peux pas le conseiller ; mais ce que je sais c'est qu'il a fait un choix difficile, un choix courageux d'ailleurs mais qui est celui de choisir l'engagement politique, son père ayant été élu Président de la République ; et donc dans ce cas-là, il est soumis à cette double nécessité :
- d'exemplarité parce que les Français observent son comportement et quand bien même, sa démarche est parfaitement légitime sur le plan personnel ou sur le plan de ses capacités ou de ses mérites.
- mais aussi, parce qu'à travers lui, rejaillit l'image du Président de la République dont il porte le nom, et également d'une certaine façon, sa famille politique. Et c'est évidemment une contrainte forte qui s'applique à lui.

Est-ce qu'il néglige cette contrainte ? Est-ce que compte tenu de la situation que vous décrivez, du statut qui est le sien, il va trop vite ?

Moi je crois qu'il faut regarder quels sont ses mérites propres et quelle est sa démarche. S'il souhaite s'inscrire dans une certaine durée dans l'engagement politique, je pense qu'il vaut mieux qu'il prenne le temps d'un certain nombre d'étapes intermédiaires parce que sinon, il sera nécessairement confronté en permanence à ce reproche.Mais moi je rappellerai aussi un exemple.
Pendant que mon père exerçait la fonction présidentielle, il avait nommé Jacques Mitterrand président de la Snecma. Et je pense que la Gauche se souvient de cette période où le fait que Jacques Mitterrand portait le nom du candidat François Mitterrand n'avait pas été en soi, un critère déterminant ou discriminant pour l'empêcher d'être désigné par le Président de la République.

Pour en revenir à Jean Sarkozy, est-ce que le plus sage pour lui, le mieux pour le Président, et aussi pour la Majorité, ce ne serait pas que Jean Sarkozy renonce au projet qui est le sien d'accéder à la tête de l'Epad ?

Il peut faire ce choix. Il peut aussi décider de différer cette prise de responsabilité supplémentaire. Il a été élu par les habitants du canton de Neuilly, dans les Hauts-de-Seine ; ceci lui a ensuite permis d'accéder à la présidence du groupe UMP-Nouveau Centre du Conseil général des Hauts-de-Seine. C'est à lui de décider - en conscience - de quelle est à la fois la meilleure démarche pour sa famille politique dans son département, et en même temps pour, je dirais, sa carrière personnelle pour faire en sorte qu'il ne soit pas suspecté d'avoir brûlé certaines étapes.

Mais je reconnais que c'est une situation certainement difficile à vivre pour lui.

Mais, sans doute, on entend le message que vous essayez de faire passer ce matin.Vous étiez présent, Louis Giscard d'Estaing, mardi matin lors de la réunion de groupe UMP à l'Assemblée nationale. C'est là que Pierre Cardo, député des Yvelines, a plutôt critiqué la démarche de Jean Sarkozy. Beaucoup de députés semblaient d'accord avec Pierre Cardo, à ce moment-là ?

Je crois pouvoir dire que beaucoup de députés du groupe UMP se sont exprimés sur cette question dans des termes probablement assez comparables à ce que je viens d'indiquer, c'est-à-dire qu'il y a dans la vie de Jean Sarkozy, l'image de son père, Président de la République en exercice ; et donc, nécessairement, ses faits et gestes ne sont pas uniquement celui de Jean, mais c'est également celui du fils du Président de la République.

On peut dire que ce serait un soulagement dans la Majorité parmi les députés si Jean Sarkozy différait sa décision ?

Je pense que ce serait respecté !

Ce serait respecté, c'est très bien dit.Ca m'a un peu coupé la chique, tiens !

Vincent Parizot : Reprenez là, si vous voulez bien, Jean-Michel !

Autre chose. On va parler, juste rapidement de l'actualité. Un de vos collègues qui est président de la commission des lois, Jean-Luc Warsmann, souhaite remettre en cause le bouclier fiscal. Qu'est-ce que vous en pensez Louis Giscard d'Estaing ?

En fait, il a posé une vraie question, Jean-Luc Warsmann, qui est celle de l'hypothèse dans le cas où nous serions amenés à augmenter la CRDS. Vous savez qu'il y a deux prélèvements sociaux : la CSG et la  CRDS, et qui sont aujourd'hui inclus dans le bouclier fiscal qui protège en fait tout contribuable au-delà de 50% de prélèvements sur l'ensemble de ses revenus. Dans le cas d'une augmentation de la CRDS, si elle était nécessaire, je crois que le problème qu'a posé Jean-Luc Warsmann, est réel, c'est-à-dire que nous devrions réexaminer sur cette augmentation de la CRDS, la possibilité de l'extraire du bouclier fiscal.

Et donc, ce serait un peu la fin du bouclier fiscal ?

Non, ce  ne serait pas la fin mais ça serait le fait que la contribution supplémentaire qui serait demandée ne s'appliquerait pas dans le cadre actuel du bouclier fiscal.

Vous auriez fait un excellent diplomate !

Merci.

Vous faites passer tous les messages avec une douceur et une subtilité qui vous honore, Louis Giscard d'Estaing, qui approuverait le choix de Jean Sarkozy s'il décidait de ne pas briguer la tête de l'Etablissement public de La Défense. Et je vous jure que c'était bien dit, ce matin, sur RTL.

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2009-10-15 08:45:00