1 min de lecture Faits divers

Le chef du RAID raconte l'assaut contre Merah

DOCUMENT RTL. Le tueur présumé au scooter Mohamed Merah, qui a semé l'effroi dans Toulouse et sa région, a été tué jeudi vers 11h30 dans une fusillade nourrie avec le RAID qui faisait depuis 32 heures le siège de son appartement. Mais que s'est-il réellement passé dans le petit trois pièces au moment de l'assaut final ? Invité de "RTL Midi" vendredi, le patron de l'unité d'élite de la police, Amaury de Hauteclocque, est revenu sur ces événements. Sa version vient confirmer point par point celle que notre journaliste Julien Dumond livrait dès jeudi soir sur RTL.

Un policier du RAID porte un fusil d'assaut
Un policier du RAID porte un fusil d'assaut Crédit : AFP / Archives, Joël Saget
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La rédaction numérique de RTL
et Elizabeth Martichoux

*** L'interview du patron du RAID sur RTL***

* Comment vont les hommes qui ont été blessés lors de l'assaut final ?
"Ecoutez, je crois que vu l'intensité des échanges de coups de feu que nous avons subi, c'est un vrai miracle que nous n'ayons à déplorer que quatre blessés légers, deux qui ont été blessés lors de la première tentative d'interpellation mercredi matin à 3h30. Je rappelle que j'avais choisi à dessein une heure très creuse de la nuit pour préserver la faveur de la surprise, et 2 autres blessés également légers puisqu'ils seront rapatriés, lors de la reprise des lieux hier à 10h30".

* Combien ont été engagés en tout ?
"Une soixantaine, mais il y a quinze personnels du RAID qui ont pénétré dans l'appartement". 

* Vous vous attendiez à ce degré de violence ?
"Ecoutez, ça faisait déjà plus de 30 heures que nous étions en relation avec lui. J'avais compris ses intentions mercredi soir qu'il nous avait dissimulées jusqu'alors : c'était de privilégier une négociation qui, pour lui, n'était qu'un moyen de se reposer afin de nous affronter comme il l'avait choisi sur son terrain, et de mourir les armes à la main comme il me l'avait déclaré."

* "Sur son terrain". Il avait transformé son appartement en zone de résistance ?
"Imaginez un appartement de 35 mètres carrés qui est complètement transformé en champ de bataille, avec du mobilier mis de manière à pouvoir le protéger, gêner notre progression tant par la porte que par les fenêtres. Il a fallu que j'utilise des grenades spécifiques pour faire ouvrir des brèches à travers les fenêtres, pour permettre aux moyens techniques que nous avons de commencer à regarder à l'intérieur de son appartement".

Son comportement a été proprement inouï lors de l'affrontement que nous avons eu avec lui. J'avais fait valider par les autorités gouvernementales un plan de reprise des lieux. Tout le monde dit que nous avons donné l'assaut à 11h30. C'est parfaitement inexact. Nous avons pénétré dans son appartement à 10h30. Et pendant plus d'une heure, avec les personnels de mon unité, également des dépiégeurs d'assaut, nous avons progressé très lentement pour reprendre en compte l'appartement, sachant que j'avais évidemment une idée assez précise de l'endroit où il se trouvait, dans la salle de bain. L'idée que nous avions envisagée, c'était d'utiliser des gaz lacrymogènes pour le saturer dans l'endroit où il était et obtenir sa reddition au moment où il sortait. Ce qui nous en a empêchés, c'est sa réaction au moment où nous avons commencé à opérer une brèche pour passer les gaz lacrymogènes. Il est sorti les armes à la main et là, il est remonté vers l'unité pour mener son propre assaut.
 
A partir du moment où il a commencé à nous engager, il a tiré à travers les cloisons de l'endroit où il se trouvait et malgré tout, puisque ma mission et la mission du RAID - et c'est tout à son honneur -, c'était de le capturer vivant. J'ai continué à donner l'ordre de n'utiliser que des armes non létales, c’est-à-dire de lui envoyer des grenades offensives afin qu'il soit choqué et que nous puissions nous assurer de sa personne".

* Ça ne l'a pas choqué, comment vous l'expliquez ?
"Ça ne l'a pas choqué mais je vous rappelle que nous étions également dans l'appartement donc j'ai fait le choix d'envoyer des grenades qui allaient opérer un choc sur l'ensemble du personnel. Rendez-vous compte que pendant ce temps-là il nous tire dessus. Et c'est au moment où il a choisi son destin c’est-à-dire où il progresse au sein de l'appartement en prenant en joue l'ensemble des personnels du RAID, qu'il va arriver jusqu'à hauteur de son balcon pour essayer d'abattre certains de mes hommes qui étaient en protection qu'il a été neutralisé, et au moment où il est neutralisé puisqu'il se penche au-dessus du balcon pour essayer d'abattre mes hommes il bascule mais il est déjà probablement mort."

* Et c'est un de vos hommes qui protégeait le balcon qui est un sniper de l'extérieur qui envoie la balle fatale ?
"Oui l'enquête le dira mais c'est probablement ce qui s'est réalisé".

* Est-ce qu'à un moment vous vous dites on aurait pu procéder autrement, on aurait pu le prendre vivant ?
"Ecoutez, moi je ne rentre pas dans la polémique. J'ai moins de temps pour être sur les plateaux télé que agir. Il se trouve qu'on en finit par nous reprocher d'avoir mis autant de temps à intervenir. Je rappelle quand même que c'est une crise qui a duré plus de 30 heures. Nous avons négocié avec lui jusqu'au maximum de nos possibilités.

C'est lui qui a choisi de rompre le contact. Toute la nuit de mercredi à jeudi, en accord avec le directeur général de la police nationale et les autorités gouvernementales, j'ai poursuivi des tentatives de négociations devant son appartement pour lui demander de reprendre contact et de revenir à la raison afin d'opérer une réédition et, de lui-même, il a choisi de ne plus nous contacter et de nous attendre. Exactement ce qu'il avait annoncé."


* Est-ce que sa mort est un échec ?
" Je dirais que c'est une opération qui est à l'honneur de mon service. Parce que pour être tout à fait franc, s'il c'était agi au départ de le neutraliser mort ou vif dès 3h30 du matin le mercredi, c'est une affaire qui aurait été réglée. J'ai à déplorer quatre blessés parmi mes hommes. Ces quatre blessés ont été dus au fait que nous avons tenté jusqu'au bout de s'assurer de sa personne vivante."

* Dans quel état d'esprit êtes-vous et sont vos hommes après ces 33 heures d'une forme de guerre psychologique quand même ?
"Complétement ! Je peux vous dire que nous sommes tous soulagés d'avoir été si minimement touchés alors que les échanges de feux ont été extrêmement nourris".

Appartement Mohamed Merah

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Le chef du RAID raconte l'assaut contre Merah
DOCUMENT RTL. Le tueur présumé au scooter Mohamed Merah, qui a semé l'effroi dans Toulouse et sa région, a été tué jeudi vers 11h30 dans une fusillade nourrie avec le RAID qui faisait depuis 32 heures le siège de son appartement. Mais que s'est-il réellement passé dans le petit trois pièces au moment de l'assaut final ? Invité de "RTL Midi" vendredi, le patron de l'unité d'élite de la police, Amaury de Hauteclocque, est revenu sur ces événements. Sa version vient confirmer point par point celle que notre journaliste Julien Dumond livrait dès jeudi soir sur RTL.
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2012-03-23 18:42:00
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