1 min de lecture Crise économique

Grèce : retour de l'extrême droite au gouvernement

Le gouvernement grec de coalition formé par le Premier ministre Lucas Papademos a prêté serment vendredi en fin d'après-midi à la résidence présidentielle, selon les images retransmises en direct par la télévision publique, Net. L'extrême droite est entrée pour la première fois dans un gouvernement grec depuis la chute de la dictature des colonels en 1974. Evangélos Vénizélos conserve son portefeuille de ministre des Finances, tandis que les Affaires Etrangères échoient à un libéral de la Nouvelle Démocratie, l'ex-Commissaire européen Stavros Dimas.

Le Premier ministre grec Lucas Papademos
Le Premier ministre grec Lucas Papademos Crédit : AFP / Aris Messinis

Garder la Grèce dans l'euro

La mise en œuvre du plan de sauvetage européen de la Grèce reviendra essentiellement au Premier ministre, l'ex-banquier central Lucas Papademos.
  
Artisan de l'entrée de la Grèce dans l'euro, il est crédité de la capacité de rassurer les créanciers privés, qui vont devoir effacer près d'un tiers de la dette grecque, et d'avoir politiquement les mains libres pour faire avaler aux Grecs la pilule amère de nouveaux sacrifices.
  
Pour le seconder, faire voter le budget 2012 et préparer les conditions du versement d'une tranche vitale de 8 milliards d'euros de prêts internationaux d'ici le 15 décembre, le numéro deux socialiste Evangélos Vénizélos conserve son poste clé des Finances et celui de vice-Premier ministre.

Il y avait été propulsé en juin lors du dernier remaniement tenté par le Premier ministre sortant, Georges Papandréou, qu'il a depuis contribué à pousser vers la sortie au cours d'un psychodrame politique qui a ébranlé le pays et la zone euro depuis fin octobre.

Le temps presse

Pressée de ramener la sérénité, la nouvelle équipe, qui peut prétendre à une majorité tri-partite de 254 députés sur 300 au parlement, a prêté serment vendredi après-midi au nom de la "sainte et indissoluble Trinité", comme le prévoit la Constitution grecque, devant le chef de l'Eglise orthodoxe nationale, Mgr Iéronymos.

M. Papademos, qui a déjà réuni un conseil des ministres vendredi soir, doit prononcer sa déclaration de politique générale lundi au parlement, avant une investiture probablement mercredi.

Il s'est engagé à faire "tout ce qui est possible pour faire face aux problèmes du pays", à l'issue d'une longue poignée de mains avec M. Papandréou, qui lui cédait le palais gouvernemental.

M. Papademos a souligné la nécessité d'une "coopération de tout le monde", alors que le ralliement à la politique socialiste de rigueur d'une droite jusque là retranchée sur une opposition frontale, est incarnée par l'arrivée des deux vice-présidents du parti conservateur de la Nouvelle Démocratie, l'ex-commissaire européen Stavros Dimas, aux Affaires Etrangères, et l'ancien maire d'Athènes, Dimitris Avramopoulos.
  
Issus de l'aile libérale et centriste de la Nouvelle Démocratie, ils seront les plus à même de coopérer avec les socialistes. Cela laisse au dirigeant droitiste du parti, Antonis Samaras, dont deux proches sont également inclus dans la nouvelle équipe, une marge pour continuer la joute politique en vue des élections anticipées qu'il réclame pour "bientôt".

Les deux principaux partenaires de la Grèce dans la zone euro ont salué la formation du gouvernement. La chancelière allemande Angela Merkel a assuré M. Papademos de son soutien, tout comme le président français Nicolas Sarkozy, qui s'est dit "certain" que le nouveau Premier ministre "(aura) à cœur de prendre toutes les mesures nécessaires" pour assurer la sortie de crise.

(avec AFP)

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