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"La gifle, c'est l'apprentissage de la violence", affirme une médecin

INVITÉE RTL - Coordinatrice de la campagne de la Fondation pour l'enfance contre les "violences éducatives", le docteur Emmanuelle Piet réclame l'interdiction des châtiments corporels sur les enfants.

La campagne de la Fondation pour l'enfance contre les "violences éducatives".
La campagne de la Fondation pour l'enfance contre les "violences éducatives". Crédit : Capture d'écran - Youtube
Laurent Bazin
Laurent Bazin et La rédaction numérique de RTL

"Il n'y a pas de petite claque", martèle la Fondation pour l'enfance. L'organisme lance une nouvelle campagne télévisée contre les "violences éducatives ordinaires", destinée à convaincre les parents que claques et fessées sont loin d'être des gestes anodins.

Dans le spot, qui sera diffusé à partir de samedi sur les chaînes de télévision, un enfant exaspère sa mère, occupée à téléphoner. Excédée, celle-ci gifle son fils. La claque est diffusée au ralenti : l'effet permet de décomposer ses effets sur le corps du jeune garçon.

Regardez la vidéo :

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La campagne de la Fondation pour l'enfance contre les "violences éducatives"

Invitée de RTL, le docteur Emmanuelle Piet, coordinatrice de la campagne, explique pourquoi selon elle les châtiments corporels devraient être bannis.

Votre campagne ne dramatise-t-elle pas la gifle ?

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Ça montre l'effet d'une petite claque. Même une petite claque ça déforme le visage, ça peut secouer un peu le cerveau et ça peut avoir des retentissements pour un enfant. Une gifle, ça fait mal, ça humilie et ça peut avoir des conséquences.

Une gifle n'a donc aucune utilité ?

Sûrement pas, à part calmer le parent. Mais je pense qu'on peut se calmer autrement. Ça n'apprend pas à arrêter, ça n'apprend rien du tout. La seule chose que ça va avoir comme utilité, et c'est discutable, c'est d'apprendre aux enfants que les grands tapent et ils vont le retenir. Ils vont se mettre à taper dans les cours de récré, ils vont bizuter et après ils seront parents, ils vont recommencer. C'est l'apprentissage de la violence.

L'environnement n'est-il pas déjà violent ?

La première violence, c'est celle qu'on vit dans son corps. Le maximum des coups est à trois ans, et ça commence avant deux ans. Il n'y a aucune raison que l'enfant comprenne pourquoi tout d'un coup cet adulte aimant devient très fâché, a les yeux froncés et tape.

Quelles sont les conséquences médicales ?

Il y a des études qui montrent qu'à long terme les enfants qui ont eu des punitions corporelles auront de moins bons résultats scolaires, plus de tentatives de suicide, plus d'accidents de véhicule à moteur. Au fond la claque ça va faire très peur, ça va déclencher un stress, ça va arrêter le cerveau deux secondes et l'enfant va devenir inquiet. Ce n'est pas bon.

Par quoi peut-on les remplacer ?

Si on arrivait à n'avoir pas de punitions corporelles dans son arsenal éducatif, les enfants s'en porteraient aussi bien. On peut très bien contenir un enfant sans le taper.

Êtes-vous favorable à une interdiction des punitions corporelles par la loi ?

Tout à fait. Déjà 30 pays européens ont prononcé ces interdictions, la Suède a commencé en 1976. Maintenant, en Suède, plus de 90% des Suédois ne considèrent plus les punitions corporelles comme éducatives. Un enfant, ça ne se dresse pas. Ça s'élève avec tendresse et ça se protège avec tendresse.

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Dr Emmanuelle Piet : "Gifler un enfant, ça ne sert à rien !" Crédit Média : Laurent Bazin | Durée : | Date :
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