1 min de lecture Faits divers

La diffusion des enregistrements de Merah fait polémique

Le ministre de l'Intérieur "regrette" la diffusion dimanche par TF1 d'enregistrements audio des négociations entre les policiers et Mohamed Merah, lors du siège de l'appartement toulousain qui a conduit à la mort du jeune terroriste, le 22 mars dernier. Dans le communiqué publié par ses services, il "précise qu'un enregistrement des conversations a bien été réalisé par les services de police mais qu'il n'a jamais été rendu public". "Il convient donc de s'interroger sur les moyens par lesquels le diffuseur a pu se procurer ledit enregistrement", dit le document. Le ministère de l'Intérieur a d'ailleurs saisi la police des polices afin d'y voir plus clair sur cette fuite. Une enquête judiciaire a également été ouverte pour violation du secret de l'instruction.

micro générique
La rédaction numérique de RTL
et Thomas Prouteau

"Si on veut apprendre quelque chose, il faut regarder TF1" ?

Manuel Valls "a pris connaissance de la diffusion de ce qui a été présenté comme l'enregistrement des dernières conversations entre les services de police et Mohamed Merah le 22 mars 2012. Il regrette cette diffusion au moment même où la justice est saisie. Aucune précaution n'a été prise pour respecter les familles des victimes", selon le communiqué. Dans ces enregistrements, on entend Mohammed Merah discuter avec les policiers de ses meurtres, de son parcours, de son état d'esprit et de ses projets à venir.

Albert Chennouf, de son côté, est furieux. Le père de l'une des victimes du tueur, assassinée à Montauban, "se demande ce qu'il se passe en France". "Je viens de voir que TF1 dispose de 4h30 d'enregistrements, alors qu'on a refusé cette possibilité à mes avocates, qui ont dû faire une demande écrite", s'insurge-t-il. "Je ne fais de procès d'intention à personne, mais nous les victimes on n'est informé de rien, et si on veut apprendre quelque chose, il faut regarder TF1, ça n'est pas normal".

"Je ne sais pas d'où vient cette fuite, mais c’en est assez, il faut respecter les victimes et leurs parents", poursuit-il. "Je pense que la prochaine étape, c'est la diffusion des images de la tuerie. J'appelle de tous mes vœux les autorités judiciaires et politiques à prendre leurs responsabilités". L'un des avocats des familles de victimes, Me Samia Maktouf, a par ailleurs annoncé que ces dernières vont saisir la justice en urgence afin d'obtenir l'interdiction de la diffusion des enregistrements sur Internet.

"Nous n'avons pas diffusé les propos qui auraient pu heurter"

Interrogé par RTL, Emmanuel Chain explique "avoir décidé de diffuser le document car il a une forte valeur d'information dans une affaire qui a marqué la France". Le producteur de l'émission Sept à Huit, , énumère les zones d'ombre que l'enregistrement éclaircit. "On apprend notamment comment Merah s'est formé, on prend la mesure de sa détermination".

Aux déclarations du ministère de l'Intérieur, qui accuse TF1 de n'avoir pas pris de précautions sur l'impact de cette diffusion auprès des familles de victimes, Emmanuel Chain répond "avoir agi en responsabilité". "L'enregistrement que nous avons dure plus de quatre heures, et nous avons décidé de ne diffuser que les extraits qui avaient valeur d'information, en les contextualisant. Nous avons pensé en permanence à l'émotion que pourrait susciter cette diffusion et décidé de ne pas diffuser les propos qui auraient pu heurter leur sensibilité".

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