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L'Union des étudiants juifs attaque Twitter en correctionnelle

L'Union des étudiants juifs de France (UEJF) va poursuivre Twitter et son président Dick Costolo au tribunal correctionnel. L'association étudiante, qui a fait son annonce ce mercredi, accuse le réseau social de ne pas avoir répondu à la demande de la justice française d'identifier les auteurs de tweets antisémites. Mais de son côté, le réseau social continue de vouloir défendre l'anonymat de se utilisateurs.

Twitter sourd à la décision de la justice française

Le combat judiciaire avait été déclenché par la diffusion en octobre 2012 de très nombreux tweets reprenant les mots-clés #unbonjuif et #unjuifmort, provoquant l'indignation de la classe politique. Suite à cette polémique, le tribunal de grande instance de Paris avait donné deux semaines au réseau social pour identifier les auteurs de ces courts messages fin janvier, le condamnant à payer 1 000 euros par jour de retard dans l'exécution de sa décision.

Mais Twitter n'a pas payé et n'a même jamais réagi publiquement à la décision du TGI de Paris, jouant "la carte de l'indifférence"déplore Jonathan Hayoun, le président de l'association.

L'UEJF attaque Twitter au pénal

C'est "de façon délibérée, avec une parfaite mauvaise foi et dans un but totalement étranger au respect affiché du droit américain" que Twitter n'a pas réagi aux demandes de la justice française, s'énerve l'UEJF. Face à ce silence, l'association a décidé de poursuivre le réseau social au pénal. Elle réclame quelque 38,5 millions d'euros qu'elle s'engage à reverser au Memorial de la Shoah.

Selon la citation directe, déposée ce mercredi, "c'est en toute connaissance de cause, et en application de sa politique commerciale affichée que la société Twitter Inc s'est refusée" à identifier les auteurs des tweets illégaux.

La question sensible de l'anonymat

Le Président François Hollande, face à l'ampleur de cette affaire, a réagit sur cette affaire dimanche dernier  lors d'une cérémonie d'hommage aux victimes de Mohamed Merah : "Les tribunaux les ont condamnés à transmettre les données permettant l'identification des auteurs de messages antisémitismes et je veillerai à les contraindre, ces réseaux, à fournir ces noms pour qu'il y ait dissuasion et répression.", a-t-il assuré. Pour Jonathan Hayoun, "en protégeant l'anonymat des auteurs de ces tweets, ils se rendent complices et offrent un boulevard aux racistes et aux antisémites".

L'UEJF s'en prend également au refus de Twitter de mettre en place une plateforme permettant aux utilisateurs de signaler tout message illégal, comme peuvent le faire d'autres réseaux sociaux. Mais de son côté, Twitter défend l'anonymat de ses utilisateurs et la liberté d'expression. "Il y a un sentiment d'impunité car il n'y a pas de jurisprudence en France", avait déclaré en octobre Me Merav Griguer, avocat spécialisé dans le droit d'internet pour qui le "délit est constitué" du moment qu'un des auteurs de tweets est en France.
  

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