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Violences sexuelles : selon une étude, seule une victime sur 12 porte plainte

Une étude publiée vendredi 8 décembre par le ministère de l'Intérieur souligne la faiblesse du nombre de faits rapportés à la justice.

Violée par un proche, agressée par un patron, un membre de la famille, les pancartes montrent les violences sexuelles sous toutes les formes
Violée par un proche, agressée par un patron, un membre de la famille, les pancartes montrent les violences sexuelles sous toutes les formes
Crédit : Arièle Bonte pour RTL Girls
Sarah Belien & AFP

Environ 222.000 adultes sont victimes chaque année de violences sexuelles et seule un sur douze porte plainte. L'étude publiée vendredi 8 décembre par le ministère de l'Intérieur relève la faiblesse du nombre de faits rapportés à la justice.

Suite aux révélations du scandale Weinstein aux États-Unis qui a provoqué une onde de choc mondiale sur les violences sexuelles faites aux femmes, l'étude vient rappeler qu'elles sont les premières victimes des viols, tentatives de viol et attouchements sexuels, en représentant, en France, 83% des victimes, soit 184.000 personnes.

Le service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) exploite des données de l'enquête de victimation "Cadre de vie et sécurité" réalisée par l'Insee. Il est mis en lumière la faiblesse du nombre de plaintes auprès des service de police et gendarmerie au regard du nombre estimé de victimes.

"L'écrasante majorité des victimes de violences sexuelles (86%) ne font pas le déplacement au commissariat ou à la gendarmerie pour signaler les faits qu'elles ont subis. Celles qui font le déplacement renoncent 4 fois sur 10 à déposer plainte", détaille l'étude. Ce sont les faits de viols et de tentatives de viol qui sont le plus souvent dénoncés aux forces de l'ordre. Ce sont également en proportion les faits les plus nombreux puisqu'ils représentent 53% des actes de violences.

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L'exécutif, qui a sonné fin novembre la mobilisation contre les violences sexuelles ou sexistes faites aux femmes, a notamment promis de créer une plateforme pour favoriser les plaintes un signalement en ligne, dès début 2018. Les victimes de violence, harcèlement ou discrimination, pourront de chez elles parler avec des policiers ou gendarmes formés, 24h sur 24, 7 jours sur 7.

Le tabou des agressions au sein des familles

"Les agressions sexuelles, notamment celles subies au sein de la cellule familiale, restent des violences encore taboues aujourd'hui, ce qui rend la mesure du phénomène particulièrement délicate", commente l'étude.

Dans ce sombre tableau des violences sexuelles recensées entre 2008 et 2016 sur les personnes âgées de 18 à 75 ans, le SSMSI relève que dans deux cas sur trois, les victimes connaissaient personnellement leur agresseur. Dans 30% de l'ensemble des cas, il s'agit du conjoint ou de l'ex-conjoint, précise l'étude. Dans 9% des cas, les victimes désignent comme auteur une personne du cercle familial (parent, beau-parent, grand-parent, oncle, etc.) 

La réitération des agressions interpelle également : chaque année, 53% des victimes, déclarent avoir subi plus d'un fait de violences sexuelles au cours des deux années précédant l'enquête. 

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