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Un militant anti-mariage gay condamné : les opposants lancent une cagnotte pour leur "prisonnier politique"

REVUE DE TWEETS - Un militant anti-mariage homosexuel a été condamné mercredi à deux mois de prison ferme. Sur la toile, les opposants au "mariage pour tous" dénoncent une "décision politique" et s'organisent.

Les parents du jeune militant écroué appellent au calme.
Les parents du jeune militant écroué appellent au calme. Crédit : Pierre Andrieu - AFP
Mathieu Dehlinger Journaliste RTL

Certains opposants au mariage des couples de même sexe voient là le "première prisonnier politique" du quinquennat de François Hollande. Un jeune anti-mariage homosexuel a été condamné mercredi 19 juin à deux mois de prison ferme avec un mandat de dépôt pour rébellion lors d'une manifestation.

Le jeune homme avait été interpellé dimanche soir devant les locaux de la chaîne M6 où François Hollande participait à l'émission Capital. Aussitôt annoncée, la nouvelle de sa condamnation a amorcé une nouvelle révolte des partisans de la "Manif pour tous" sur les réseaux.

Une "décision politique"

"Nicolas, prisonnier politique dans la France socialiste de 2013", écrit Vivien Hoch, qui se présente comme "catholique et UMP". Le message correspond à la tonalité des réactions des opposants mercredi soir, dénonçant pour la plupart une décision politique.

"Quoiqu'on pense des idées et actes de Nicolas, sa condamnation à la prison ferme ne peut être qu'incomprise tant elle semble politique", affirme l'Abbé Grosjean, très mobilisé sur Twitter contre le mariage homosexuel.

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"On passe son temps à parler de surpopulation carcérale et on envoie 2 mois à Fleury-Merogis un jeune gars peut-être un peu excité ?", réagit le blogueur Koztoujours. Avocat de profession, il s'interroge : "Reste à savoir si un juge rend la justice ou se fait justice".

Une analyse partagée par Maître Beauregard, l'un des conseils de la "Manif pour tous". "Peut-être est-ce qu'on a voulu donner judiciairement la confirmation des signes qu'on essaie de donner policièrement depuis plusieurs mois à ces jeunes", affirme-t-il au micro de RTL. "Pour l'instant, on se contentait de leur dire attention vous allez être interpellé. Maintenant, on leur dit attention vous allez être emprisonné."

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Un opposant au mariage homosexuel condamné à de la prison ferme. Crédit Média : Maud De Carpentier - RTL | Durée : | Date :

En réaction, une cagnotte a même été lancée sur le site participatif Leetchi, en soutien au jeune homme. Selon les termes de l'appel aux dons, elle vise "à aider financièrement Nicolas B. et sa famille pour les frais auxquels ils devront faire face". En milieu de matinée, la collecte atteignait déjà plus de 6.500 euros, versés par 348 internautes.

Soutien à droite

A droite, Christine Boutin a réagi, diffusant de nombreux appels à la mobilisation en faveur du jeune homme condamné mercredi soir. Son parti, le PCD, appelle à la "résistance pour tous" et prévient : "Quel que soit le prix à endurer, nous continuerons à crier que le 'mariage pour tous' est une loi immorale et inique".

Du côté de l'UMP, la députée Valérie Pécresse dénonce "deux poids, deux mesures". Sur son compte Twitter, elle se dit "révoltée par l'enfermement de Nicolas, alors que les voyoux de Grigny sont restés en liberté". Son homologue Patrick Ollier a jugé la condamnation "arbitraire et scandaleuse". "Les prémices d'une justice politique ?", s'interroge-t-il. "Quid des délinquants d'autres manifs ?"

"On ne lâche rien"

Le slogan est plus que jamais d'actualité selon les militants, certains affirmant vouloir continuer la mobilisation suite à cette décision de justice. "Il faut féliciter la présidente du Tribunal qui, en une décision, a rallumé la mobilisation et suscité la colère. Finement joué, madame", poursuit ainsi Koztoujours.

Un collectif départemental de la Manif pour tous estime que la condamnation vise à "dissuader les opposants". "C'est le contraire qui va se passer", prévient-il.

Même mobilisation du côté des proches de Nicolas. "Lorsque les gendarmes lui mettaient les menottes pour l'emmener, il a pu se retourner, il nous a regardés", raconte à RTL Louis, présent au tribunal lors de la lecture du jugement. "Il a dit 'surtout les amis on ne lâche rien'. Donc j'ai réussi à lâcher avec deux autres personnes 'Courage Nicolas'."

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