3 min de lecture Faits divers

Sursis et avertissements pour les assaillants du RER D

Le procès de l'attaque du RER D par des adolescents en gare de Grigny dans l’Essonne en mars s'est soldé par des avertissements et des condamnations à du sursis. Une peine plus légère que les réquisitions du parquet.

Les attaquants du RER D ont été condamnés à du sursis
Les attaquants du RER D ont été condamnés à du sursis Crédit : AFP / Jacques Demarthon
micro générique
La rédaction numérique de RTL
et AFP

Les adolescents à l’origine de “l’attaque de diligence” du RER D à Grigny dans l’Essone n’ont pas reçu de prison ferme mardi 11 juin. Cinq jeunes ont été condamnés à des peines de prison avec sursis dont trois à 10 mois, les autres ont reçu de la part du tribunal des avertissements solennels, une mesure de protection judiciaire ou 70 heures de travaux d'intérêt général (TIG). Un seul prévenu parmi les onze jeunes âgés de 15 à 17 ans a été relaxé.

Quelques heures plus tôt, le parquet avait requis des peines bien plus lourdes allant de 12 à 24 mois avec, pour certaines d'entre elles, de la prison ferme allant de trois à six mois. L'un des avocats de la défense, Me Laurent Caruso, s'est dit à l'issue du jugement "rassuré qu'un tribunal soit capable de trouver la conséquence d'un dossier qui n'apporte pas de preuves".

>
Le procès de l'attaque du RER D se solde par du sursis et des avertissements Crédit Média : Guillaume Chieze | Durée : | Date :

Une attaque de diligence

Trois attaques étaient reprochées à ces adolescents qui habitent la cité sensible de Grigny 2: les 13, 15 et surtout celle du 16 mars, parfois décrite dans les médias comme une "attaque de diligence". Au cours de celle-ci, qui s'était déroulée peu avant 23h00, une vingtaine de jeunes gens aux visages dissimulés derrière des écharpes ou des capuches avaient pris d'assaut, à la gare de Grigny, plusieurs rames d'un RER D. 

Ils avaient rançonné les passagers, contraints de leur remettre téléphones portables, portefeuilles et sacs à main. Certains avaient été frappés mais il n'y avait pas eu de blessé grave.

L'affaire avait entraîné une polémique

À lire aussi
La ville de Nice (illustration) disparition
Nice : appel à témoins lancé après une disparition inquiétante d'un mineur de 16 ans

Le modus operandi de l'attaque avait suscité une vaste polémique sur l'insécurité dans les transports en Ile-de-France et provoqué une avalanche de réactions politiques ainsi que deux déplacements de Manuel Valls, longtemps élu de la circonscription voisine d'Evry, également desservie par le RER D. 

Sous le feu des critiques de la droite, le ministre de l'Intérieur avait demandé à ses adversaires politiques d'"arrêter d'exploiter et d'instrumentaliser ces sujets", tout en regrettant qu'une "partie de notre jeunesse, une partie de nos quartiers à l'abandon (...) se livre à des actes tout à fait intolérables".

Leurs avocats ont dénoncé des pressions médiatiques et politiques

Une importante opération de la police menée le 27 mars à l'aube dans le quartier sensible de Grigny 2, avait conduit à l'interpellation de 16 personnes de 14 à 18 ans, dont 13 mineurs. Au total, 19 avaient été placées en garde à vue dans cette affaire et 12, dont un majeur, avaient été renvoyées devant la justice.

Au fil des deux jours d'audience, les avocats de la défense n'ont pas manqué de relever les pressions "médiatique" et "politique" autour de ce fait divers. "Il fallait trouver des personnes responsables des agressions", a jugé Me Caruso.

Son confrère, Me Arnaud Simonard, avait lui déploré "une enquête faite avec une grande précipitation sous la pression du ministre de l'Intérieur". Les onze jeunes hommes jugés à Evry, dont trois ont moins de 16 ans, étaient poursuivis pour des faits de vols aggravés et d'associations de malfaiteurs. Quelques-uns l'étaient également pour recel.Rangés en rang d'oignon devant la présidente, ils ont tous écouté dans le calme leur jugement.

Une bande de 20 à 25 adolescents

Selon la police et la justice, les mis en cause étaient tous plus ou moins affiliés à un groupe originaire de Grigny 2, identifié comme la Mafia Grigny Danger (MGD). Cette petite bande au périmètre mouvant rassemblait entre 20 et 25 adolescents unis par des solidarités de quartier mais sans but précis, aimant s'afficher sur les réseaux sociaux ou blogs. "Un pur fantasme", a commenté un avocat.

Jugé en comparution immédiate par le tribunal correctionnel d'Évry le 19 avril, le seul majeur du groupe, avait été relaxé. Le parquet a fait appel de cette décision. Il sera jugé le 25 septembre devant la cour d'appel de Paris.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Faits divers Info Justice
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants