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Procès Moitoiret : la Justice est "venue dire qu'on pouvait condamner les fous", selon son avocat

Selon l'un des avocats de Stéphane Moitoiret, Franck Berton, la Justice a "cédé aux sirènes de la vengeance judiciaire", en condamnant son client à 30 ans de réclusion pour le meurtre du petit Valentin.

Frank Berton (à droite) et Hubert Delarue, les avocat de Stéphane Moitoiret à la sortie de la cour, le 22 novembre 2013.
Frank Berton (à droite) et Hubert Delarue, les avocat de Stéphane Moitoiret à la sortie de la cour, le 22 novembre 2013. Crédit : AFP / JEFF PACHOUD
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"C'est un procès historique parce qu'à Lyon la cour d'assises est venue dire qu'on pouvait juger et condamner les fous", a déclaré, ce vendredi 23 novembre, l'un des avocat de Stéphane Moitoiret, Me Franck Berton. Dans la matinée, ils avaient supplié la cour de "ne pas céder aux sirènes de la vengeance judiciaire" en condamnant ce "fou" pour ce crime "atroce" mais de le déclarer irresponsable.

"Je vous conjure de ne pas confondre l'individu et le crime", avait supplié Me Berton, demandant à la cour de "répondre non" à la question de savoir si l'accusé était "conscient" quand il avait poignardé cet enfant qu'il ne connaissait pas. Il n'a pas été suivi.

Moitoiret a continué de nier

Cette audience en appel a tranché avec le premier procès, où sous camisole chimique, Moitoiret et Hégo étaient restés mutiques. A Lyon, ils ont plongé les jurés dans leur univers fait de "clones", de "boîtes à voeux", de réincarnations et de "missions divines". Mais Moitoiret, accablé par son ADN retrouvé sur l'enfant, a continué à nier.

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Comme en première instance, les experts psychiatres se sont déchirés sur la folie de l'accusé. Quatre évoquant une "abolition" du discernement, synonyme d'irresponsabilité, et six parlant d'"altération", qui permet une condamnation - moins catégoriques à l'audience, deux ont finalement refusé de se prononcer.

On sait que Valentin n'a pas été tué par une chose mais par un être humain.

Gilbert Collard, avocat de la mère de Valentin
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"Oui, justice est faite. On va pouvoir se reconstruire autrement", a confié pour sa part - au bord des larmes - Véronique Crémault, la mère de Valentin, 10 ans, retrouvé lardé de 44 coups de couteau un soir de juillet 2008 dans une rue de Lagnieu (Ain). "Que la responsabilité de Moitoiret ait été reconnue est pour nous d'une importance essentielle", a déclaré Me Gilbert Collard, l'avocat de la mère de Valentin, car "on sait que Valentin n'a pas été tué par une chose mais par un être humain".

La condamnation de Moitoiret, marginal de 44 ans, est assortie d'une peine de sûreté de 20 ans. Elle est conforme aux réquisitions de l'avocat général, mais la cour n'a pas retenu la préméditation. En 2011, à Bourg-en-Bresse, il avait été condamné à la réclusion à perpétuité. Prenant la parole à la fin du procès, Moitoiret avait déclaré: "Quand quelque chose doit arriver, on peut rien y faire, quand quelqu'un doit mourir, on peut rien y faire".

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Procès Moitoiret : la Justice est "venue dire qu'on pouvait condamner les fous", selon son avocat
Procès Moitoiret : la Justice est "venue dire qu'on pouvait condamner les fous", selon son avocat
Selon l'un des avocats de Stéphane Moitoiret, Franck Berton, la Justice a "cédé aux sirènes de la vengeance judiciaire", en condamnant son client à 30 ans de réclusion pour le meurtre du petit Valentin.
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2013-11-23 12:24:00
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