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Pourquoi des dizaines de policiers des "stups" déposent leurs armes

Près de 70 fonctionnaires de l'Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis) dénoncent la mise en examen de leur ancien leader François Thierry et de deux autres collègues.

François Thierry, ancien patron de la lutte antidrogue en France.
François Thierry, ancien patron de la lutte antidrogue en France.
Crédit : PATRICK KOVARIK / AFP
Sarah Belien

Nouvelle opposition dans le conflit entre la police et la justice. La quasi-totalité des actifs du service, soit 70 membres de l'Ocrtis (Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants) ont déposé leurs armes de service lundi 16 octobre pour dénoncer les poursuites qui visent leurs collègues. 

Les fonctionnaires reprochent aux magistrats de la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Paris la multiplication des procédures à leur encontre. Fin août, François Thierry, l'ancien patron de la lutte antidrogue, avait été mis en examen pour "complicité de trafic de stupéfiants en bande organisée."

Dans une autre affaire, deux autres policiers du service ont été mis en examen la semaine dernière : un commissaire, depuis parti à Bayonne, et un chef de groupe, soupçonnés de "complicité de trafic en bande organisée". Pour contester, les fonctionnaires ont pris la décision de ne plus travailler pour les juges de la Jirs de Paris. Ils mettent également en garde les magistrats que "cette tourmente judiciaire [...] sans fin pourrait à terme toucher d'autres services chargés de la lutte contre les stupéfiants."

La technique de la "livraison surveillée"

Dans un communiqué que le journal Libération a pu se procurer, les policiers indiquent un "climat délétère" avec le Jris. «Depuis plusieurs mois, cette section du tribunal de grande instance de Paris décortique tous les dossiers initiés par l’Ocrtis et remet en cause les constructions procédurales, pourtant avalisées par des magistrats d’autres tribunaux," contestent-ils.

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"Ces magistrats, dans des instructions menées uniquement à charge, ont décidé de remettre en cause une pratique policière éprouvée depuis des années par les enquêteurs». Cette pratique est la technique de la "livraison surveillée", qui consiste à laisser passer d'importantes quantités de drogues afin de pouvoir suivre les trafiquants dans leurs réseaux.

De leur côté, les magistrats leur reprocheraient l'utilisation d'un informateur pour faciliter les "livraisons surveillées" et de ne pas avoir évoqué l'existence d'un téléphone utilisé par un de leurs "indics" pour contacter le réseau criminel.

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