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Nicole Belloubet, la ministre qui rêvait d'être pilote automobile ou cantatrice

PORTRAIT - Nicole Belloubet est une novice de 62 ans. Aujourd'hui garde des Sceaux, elle est en première ligne dans la crise des prisons qui sévit depuis plusieurs semaines en France.

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Nicole Belloubet, la ministre qui rêvait d'être pilote automobile ou cantatrice
Crédit Média : Isabelle Choquet Crédit Image : PATRICK KOVARIK / AFP

Dans sa jeunesse, elle passait ses vacances en Aveyron. À l'époque, un jeune agriculteur était amoureux d'elle. Mais à Paris, il y avait aussi un étudiant en droit. Garçon des villes ou garçon des champs ? Pour choisir, Nicole Belloubet notait tous les soirs les pour et les contre.

Finalement, elle a choisi l'étudiant. Bonne pioche : ils se marièrent et eurent trois fils. Mais ce dernier est finalement décédé en 2005. Ainsi va la vie. Et Nicole Belloubet l'aime comme ça, avec ses hasards heureux ou malheureux. "Ce qu'elle me donne, je le prends et je m'interroge après", dit-elle.

Et c'est aussi un heureux hasard qui lui fait choisir le droit à la fac de Sceaux. Un vrai coup de cœur. Elle sera reçue deuxième à l'agrégation. Elle enseigne jusqu'au Cambodge et en Sierra Leone, devient rectrice à Limoges puis à Toulouse. Et en 2005, elle fait même parler d'elle lorsqu'elle démissionne avec fracas, en dénonçant la politique de François Fillon. À ce niveau, c'est assez exceptionnel.

Une femme de convictions

Son premier contact avec la politique a pris le visage de Daniel Cohn-Bendit. Elle avait 13 ans, sa mère tenait un petit hôtel place Denfert-Rochereau. Mai 68 défilait sous ses fenêtres. Son père gaulliste, n'aimait pas ça, elle, ça l'amusait.

Elle prend alors sa carte au Parti socialiste. On la retrouvera en 2008 première adjointe à Toulouse, puis vice présidente au Conseil régional et Sage en 2013. Elle est alors la benjamine du Conseil constitutionnel.

Désormais, c'est comme ministre de la Justice que Nicolas Belloubet fait parler d'elle. Pourquoi elle ? Emmanuel Macron et Édouard Philippe, elle ne les connaissait pas. Elle est compétente, mais connaît mal la justice et les prisons. Elle est ambitieuse, mais n'est pas prête à tout. Encore une fois elle invoque le hasard, la chance.

Une femme saluée de toute part

Mais le hasard ne fait pas tout. Ses opposants saluent une femme brillante, avec de grandes qualités humaines. Douce mais ferme. "Je ne suis dépendante de rien", dit-elle. Jack Lang, qui la connait bien, assure qu'elle est capable de quitter la chancellerie si on essaye de lui tordre le bras.

Mais cependant, elle est moins raide que sa justice. Elle aurait aimé être pilote automobile ou cantatrice. Elle se souvient encore de ce jour où elle a chanté quelques secondes de Carmen avec un grand chef d'orchestre à Moscou. Elle chante toujours, souvent du Balavoine.

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