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Madagascar : quatorze arrestations après le lynchage de trois hommes

Les autorités malgaches ont instauré un couvre-feu nocturne sur l'île touristique de Nosy Be, au nord-ouest de Madagascar, où le calme est revenu au lendemain du lynchage de trois hommes accusés par la foule de l'assassinat d'un enfant.

La foule prend en photo le corps en feu d'un homme, le 3 octobre, à Madagascar
La foule prend en photo le corps en feu d'un homme, le 3 octobre, à Madagascar Crédit : AFP / BILAL TARABEY
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La rédaction numérique de RTL
et AFP

Un couvre feu nocturne vient d'être décidé, ce vendredi 4 octobre, par les autorités malgaches après le triple lynchage intervenu à Nosy Be. Sur la plage d'Ambatoloaka, où les deux Européens - un Français et un Franco-Italien - ont été lynchés et brûlés jeudi matin, les touristes sont revenus et ont pu profiter à nouveau du cadre paradisiaque.

Même s'il restait dans l'après-midi des traces du brasier et des troncs d'arbres calcinés sur le sable. "Le quotidien de la population de Nosy Be est revenu à la normale", a assuré le gouvernement malgache, annonçant cependant l'instauration d'un couvre-feu de 21H00 à 04H00 du matin et "un contrôle systématique de tous les étrangers (résidents ou touristes)".

Accusation de trafic d'organes

Célèbre pour ses plages aux eaux cristallines, Nosy Be est la principale destination touristique de Madagascar, notamment prisée des Français et des Italiens. Quelque 700 Français y résident. Trois hommes y ont été lynchés et leurs corps brûlés jeudi par une foule en colère les tenant pour responsables du meurtre d'un enfant de huit ans, Chaino, disparu les jours précédents et retrouvé mutilé sur une plage.

Les deux premières victimes de la foule en colère sont un touriste français, Sébastien Judalet, qui faisait de fréquents séjours à Madagascar et était revenu en vacances en septembre muni d'un visa de deux mois, et un Franco-italien Roberto Gianfala dont le visa était expiré.
La population les a accusés de "trafic d'organes" et s'est fait justice après un simulacre de procès. Dans un enregistrement audio, on entend notamment le Français se défendre et protester de son innocence. "Je n'ai rien enterré Madame, je suis innocent, c'est un complot contre moi", dit-il à une dame qui lui répond : "Tu nous dis la vérité sinon on te lynche devant tout le monde et tu vas te faire tuer".

Quatorze arrestations

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Selon une lettre-témoignage d'un bijoutier français établi sur place et publiée par un média local, cet homme était chauffeur de bus à la RATP.
Des photos et images vidéos, particulièrement crues, montrent le corps d'un des deux hommes d'abord habillé, puis dévêtu, le visage ensanglanté, traîné par la foule.

Des habitants ont aussi filmé le moment où l'un des corps a été brûlé en présence de plus d'une centaine de personnes massées sur la plage, parmi lesquelles un homme en uniforme et armé que l'on voit assister à la scène.
Douze heures plus tard, les forces de l'ordre n'ont pas empêché que le même sort s'abatte sur un troisième homme, un Malgache.
La gendarmerie locale a indiqué avoir arrêté quatorze personnes en lien avec les lynchages ou les violences, notamment l'incendie de plusieurs maisons de gendarmes.

Des lynchages fréquents

A ce stade, rien n'étaye la possibilité d'un trafic d'organes ni son but : médical, pratiques locales de sorcellerie, ou simple fantasme collectif...
L'enfant a été retrouvé jeudi sans ses organes génitaux et sans sa langue, mais la gendarmerie nationale n'a pas encore établi les circonstances du décès, noyade ou meurtre, et l'enfant a été inhumé rapidement sans autopsie.
Son corps avait séjourné longtemps dans l'eau quand il a été découvert, ce qui pourrait expliquer ses mutilations. Des avis de recherche avaient été placardés dans l'île après sa disparition.

Les violences ont éclaté mercredi. Les gendarmes ont tué deux personnes et en ont blessé dix autres en tirant pour se protéger des émeutiers venus réclamer qu'on leur livre le kidnappeur. Une délégation composée de trois ministres et du chef de la gendarmerie s'est rendue sur l'île vendredi. Elle a rencontré les notables locaux et les familles.
Les lynchages publics sont fréquents à Madagascar, où des voleurs présumés ou des conducteurs impliqués dans des accidents mortels sont régulièrement massacrés, et même brûlés vifs.

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Madagascar : quatorze arrestations après le lynchage de trois hommes
Les autorités malgaches ont instauré un couvre-feu nocturne sur l'île touristique de Nosy Be, au nord-ouest de Madagascar, où le calme est revenu au lendemain du lynchage de trois hommes accusés par la foule de l'assassinat d'un enfant.
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2013-10-05 03:20:00
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