1 min de lecture Politique

L'affaire Tapie, le caillou dans la chaussure de Lagarde

C'est fait : Christine Lagarde est élue directrice générale du FMI. Mais quid de l'épée de Damoclès levée un temps : l'affaire Tapie ? La désormais ex-ministre de l'Economie française reste toujours sous la menace d'une enquête pénale en France dans l'affaire de l'arbitrage ayant rapporté 285 millions d'euros en 2008 à l'homme d'affaire Tapie. Une décision sur une éventuelle ouverture d'enquête pour "abus d'autorité" sera annoncée le 8 juillet par la commission des requêtes de la Cour de justice de la République (CJR), une juridiction dédiée aux actes commis par les ministres dans l'exercice de leurs fonctions.

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La rédaction de RTL et Marie-Bénédicte Allaire

La nouvelle directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, s'est déclarée mardi "sereine" quant à l'issue d'une éventuelle enquête sur l'affaire Tapie. "Je suis totalement sereine. J'ai toujours agi dans le respect de la loi, sans avantager personne", a-t-elle déclaré sur TF1.

Vers un procès pour Lagarde ?

Si une enquête était ouverte, option jugée la plus probable par plusieurs sources judiciaires, Christine Lagarde bénéficierait vraisemblablement d'un répit. En effet, le procureur général de la Cour de cassation Jean-Louis Nadal, qui a demandé en mai l'ouverture de cette enquête, part en retraite le 30 juin et tant qu'il ne sera pas remplacé, l'enquête ne pourra pas effectivement démarrer. Seul son remplaçant sera habilité à rédiger le réquisitoire introductif qui saisirait trois magistrats de la commission d'instruction de la CJR. La nomination du nouveau procureur ne pourra pas intervenir avant l'automne en raison des procédures nécessaires devant le Conseil supérieur de la magistrature.

L'actuel procureur du tribunal de Paris Jean-Claude Marin est cité parmi les favoris pour le poste. Cet ancien haut fonctionnaire au ministère de la Justice sous le second mandat présidentiel de Jacques Chirac est considéré comme un proche de l'actuelle majorité. Si la commission des requêtes ordonne une enquête, elle sera cependant obligatoirement ouverte, tôt ou tard, avec en perspective une audition, voire une mise en examen de Christine Lagarde, qui ne bénéficie pas a priori d'une immunité au FMI. Le rendez-vous est fixé au 8 juillet.

Le dossier porte sur la revente de l'équipementier sportif Adidas en 1993, dans laquelle Bernard Tapie dit avoir été floué par le Crédit lyonnais, alors banque publique. Le procureur Jean-Louis Nadal reproche à Christine Lagarde le choix en 2007, contre l'avis des services du ministère, d'un arbitrage privé, préféré à la voie judiciaire alors même que l'Etat avait gagné en 2006 en cassation. Les conditions dans lesquelles la convention d'arbitrage a été modifiée pour permettre l'attribution de 45 millions d'euros au seul titre du "préjudice moral" sont mises en cause. Enfin, le procureur reproche à Christine Lagarde le fait d'avoir renoncé, au nom de son ministère, à un recours contre le résultat de l'arbitrage, pourtant recommandé par ses services.


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