2 min de lecture Justice

Juan Branco a écrit une lettre à Salah Abdeslam en 2016 pour le conseiller

En octobre 2016, Juan Branco a écrit à Salah Abdeslam afin de suggérer au terroriste de "congédier ses conseils" et de lui proposer plusieurs lignes de défense. Il confie avoir son âge et être un "fils d’immigré ayant "fait le choix de la résistance".

Juan Branco est l'avocat de Piotr Pavlenski, qui a revendiqué avoir diffusé les vidéos
Crédit Image : Lionel BONAVENTURE / AFP

En octobre 2016, bien avant le scandale de l'affaire Griveaux, Juan Branco avait pris l'initiative d'écrire un courrier à Salah Abdeslam. La lettre aurait en effet été déposée à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis le 12 octobre 2016 et adressée au seul survivant du commando terroriste du 13 novembre 2015.

Dans la missive révélée par Valeurs ActuellesJuan Branco se présente comme "l'avocat de Julian Assange et de Wikileaks" et invite Salah Abdeslam à "congédier ses conseils". Il explique "partager le ressenti" du terroriste dans la "radicalité" de sa "ligne de défense", mais assure ne pas partager "la position de son avocat bruxellois et de ses confrères". Juan Branco lui propose en effet de garder le silence ou alors de choisir "une défense de rupture sous la forme de de celle mise en place par Jacques Vergès lors de la libération de l'Algérie".

Le jeune avocat adopte un ton de camaraderie assez affiché envers Salah Abdeslam."J’ai votre âge,et je suis un enfant que ce pays ne considérera jamais comme le sien. Je suis un fils d’immigré. J’ai fait le choix de la résistance. Celle de l’intérieur. Vous, de la violence. Celle de l’extérieur", explique Juan Branco. 

J’ai connu votre violence

Juan Branco dans un courrier remis en octobre 2016 à Salah Abdeslam.
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L'avocat ajoute toutefois que leurs manières de mener leur résistance sont incompatibles et qu'il ne tolère pas la violence des actes de Salah Abdeslam. "Nos choix ne sont pas compatibles. Ils ne sont pas partageables", assure Juan Branco.

L'avocat tente malgré tout de se lier à Salah Abdselam en soulignant son expérience de la violence. "J’ai connu votre violence. Je suis allé la voir, au Centrafrique, en République Démocratique du Congo. J’ai vu des morts et des cadavres. De très près. Je les ai sentis. L’odeur armes. Je sais", écrit-il dans sa missive. 

Il incite le terroriste à se défendre "par-delà le dégoût, la rage, la haine" et se dit à sa "disposition". Selon Valeurs Actuelles, la lettre de Juan Branco proposant de le défendre n'aura jamais de retour de la part de Salah Abdeslam. 

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