1 min de lecture Éducation nationale

Fraude au Bac S : le "cerveau" présumé en garde à vue

Un quatrième homme, soupçonné d'être "le cerveau" des fuites sur un sujet du Baccalauréat S, a été placé en garde à vue vendredi en fin de matinée dans le cadre de l'enquête préliminaire du parquet de Paris. En revanche, la police a relâché l'un des trois jeunes en garde à vue, le cadet de deux frères interpellés la veille. La garde à vue des trois autres va être prolongée de 24 heures jusqu'à samedi en milieu de journée, quand ils pourraient être présentés à un juge d'instruction. Une information judiciaire pour "fraudes aux examens, vol, recel et violation de secrets" devrait être ouverte.

Le 36, quai des Orfèvres, le siège de la Police Judiciaire à Paris...
Le 36, quai des Orfèvres, le siège de la Police Judiciaire à Paris... Crédit : Google Maps
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La rédaction de RTL et Camille Crosnier

Deux frères de 21 et 25 ans avaient été interpellés jeudi après-midi et un troisième jeune homme vendredi matin. Lors de l'interpellation des deux frères, "beaucoup de matériel informatique a été saisi", a indiqué aux agences de presse le procureur général adjoint du parquet de Paris, Jean Quintard.

"Jeudi soir une personne, l'informateur, s'est présentée spontanément à la police en indiquant qu'il avait, la veille de l'épreuve, surpris devant son lycée parisien, un lycéen qui se vantait d'avoir l'épreuve de mathématiques du lendemain". Deux heures plus tard, il recevait, par MMS, la photographie de l'exercice qu'il a transmise au frère cadet qui l'a mis à son tour en ligne, a-t-il expliqué.

Les enquêteurs vont maintenant s'attacher à rechercher la "personne dépositaire de l'épreuve" à l'origine de la fuite et qui, selon Jean Quintard, "a commis la faute la plus grave".

Tricheries au Bac : la chronologie de l'histoire

Les suspects sont entendus à Paris par la Brigade de répression de la délinquance contre la  personne, dans le cadre de l'enquête ouverte la veille après une plainte de Luc Chatel pour "fraude aux examens", "recel et abus de confiance". Ils risquent trois ans de prison et 9.000 euros d'amende. Le ministre de l'Education nationale a déposé plainte pour "fraude aux examens", ainsi que "recel et abus de confiance" après la divulgation sur internet d'un exercice de l'épreuve de mathématiques du baccalauréat S,, passée mardi par 165.000 élèves, un événement rarissime dans sa nature par son ampleur.

La fuite "avérée" porte sur l'exercice de probabilités qui compte pour 4 points sur 20, que le ministre a décidé d'exclure de la notation.

Parallèlement, "dans le plus total respect de la souveraineté des jurys, il est demandé de porter une attention particulière, lors des délibérations, aux candidats dont la moyenne générale est à un point d'un des seuils décisifs".

Ces seuils de moyenne sont de 8/20 pour l'admission à l'oral et de 10/20 pour l'obtention au premier tour. Les seuils d'attribution des mentions sont également concernés par la nouvelle consigne.

Les choix du ministère ont néanmoins été vivement contestés par des élèves, des parents et des organisations du milieu éducatif. Un premier recours plaidant l'inégalité de traitement a été déposé à Paris devant le Conseil d'Etat, qui s'est dit incompétent au profit du tribunal d'administratif (TA). C'est ce niveau de juridiction qu'a choisi ensuite un lycéen de la Rochelle, en saisissant le TA de Poitiers pour demander l'annulation de la décision de ne pas noter l'exercice litigieux.

Une pétition sur internet demandant à M. Chatel de revenir sur son choix réunissait jeudi soir plus de 12.000 signatures. Plus tôt, le ministre avait ordonné une "enquête administrative" sur des rumeurs aux épreuves d'anglais et de physique du bac S, précisant toutefois n'avoir "aucune indication sur d'autres fraudes" que celle à l'épreuve de mathématiques.

Il a aussi demandé à l'inspection générale de son administration de réfléchir à "l'organisation du bac et à la sécurisation plus forte des épreuves".

Plusieurs voix se sont d'ailleurs élevées jeudi pour dire que le bac était arrivé à "un point de rupture", le vieux modèle d'un diplôme uniquement fondé sur l'examen terminal étant dépassé à l'heure des nouvelles technologies.

A l'instar des pays étrangers, il faut instaurer d'autres formes d'examen comme du contrôle continu, a plaidé Philippe Tournier, secrétaire général du SNPDEN, principal syndicat des chefs d'établissement.

Le site jeuxvidéo.com en pleine lumière

 Le site internet spécialisé jeuxvideo.com, qui héberge le forum sur lequel a été divulgué un exercice de l'épreuve de mathématiques du bac S avant qu'elle ait lieu, est l'un des plus fréquentés en France.

Selon l'Association pour le contrôle de la diffusion des médias (OJD), jeuxvideo.com a enregistré quelque 50 millions de visites au mois de mai 2011, dont 40 millions provenant d'internautes français.

L'OJD considère le nombre total de visites et non pas le nombre de visiteurs uniques. De plus, elle ne prend pas en compte des mastodontes du web, comme Google ou Facebook, qui ne rentrent pas dans ses critères d'évaluation.

Ce résultat fait de jeuxvideo.com le 6e site de médias le plus fréquenté en France, derrière par exemple ceux des quotidiens L'Equipe ou Le Monde mais devant ceux du Figaro ou du Parisien.

En prenant en considération le nombre de pages vues, jeuxvideo.com grimpe sur la 3e marche du podium avec un total de 628 millions, derrière le site de petites annonces Leboncoin.fr (5,4 milliards) et Lequipe.fr (753 millions). Son forum est également l'un des plus actifs du web francophone, avec plusieurs milliers de messages postés chaque jour.

Le site est édité par la société L'Odyssée Interactive, dont l'actionnaire principal est le groupe internet français Hi-media, qui avait racheté en 2006 la participation de 88% de l'éditeur de jeux vidéo Gameloft pour 22,9 millions d'euros.

(Avec AFP)

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Un quatrième homme, soupçonné d'être "le cerveau" des fuites sur un sujet du Baccalauréat S, a été placé en garde à vue vendredi en fin de matinée dans le cadre de l'enquête préliminaire du parquet de Paris. En revanche, la police a relâché l'un des trois jeunes en garde à vue, le cadet de deux frères interpellés la veille. La garde à vue des trois autres va être prolongée de 24 heures jusqu'à samedi en milieu de journée, quand ils pourraient être présentés à un juge d'instruction. Une information judiciaire pour "fraudes aux examens, vol, recel et violation de secrets" devrait être ouverte.
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2011-06-24 21:10:00
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