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Euthanasie : le procès du docteur Bonnemaison s'ouvre aux Assises des Pyrénées-Atlantiques

DÉCRYPTAGE - Son procès s'ouvre ce mercredi 11 juin alors que le débat sur la fin de vie en France continue de passionner : Nicolas Bonnemaison comparaît devant la Cour d'assises des Pyrénées-Atlantiques à Pau.

Nicolas Bonnemaison à la sortie de sa comparution devant la cour d'appel de Pau, le 6 septembre 2011
Nicolas Bonnemaison à la sortie de sa comparution devant la cour d'appel de Pau, le 6 septembre 2011 Crédit : AFP / PIERRE ANDRIEU
Mathieu Delahousse Journaliste RTL

Accusé d'avoir abrégé la vie de sept de ses patients âgés, le docteur Bonnemaison doit répondre d'empoisonnement. Son procès s'ouvre ce mercredi 11 juin, à Pau, devant la Cour d'assises des Pyrénées-Atlantiques.

Une seule famille s'est constituée partie civile

Ce procès s'ouvre dans un climat particulier, une seule famille s'étant constituée partie civile. Dans le même temps, plusieurs autres ont fait savoir leur soutien au médecin. C'est notamment le cas de Patricia Dooghe, qui a témoigné le 22 mai dernier au micro de RTL pour souligner que son époux, décédé en 2010, était en fin de vie et qu'il "fallait imaginer tout ce que le Dr Bonnemaison avait fait pour elle et pour sa famille". Elle entend le soutenir lors de l'audience. 

La famille qui s'est, pour sa part, constituée partie civile est celle de Françoise, une femme de 86 ans décédée dans le service du docteur Bonnemaison en avril 2011. L'octogénaire avait été admise dans le service hospitalier alors qu'elle était déjà dans le coma. 
Sa famille savait que le pronostic vital était engagé et qu'il n'y avait pas de possibilité d'intervenir. Sa mort était donc attendue et aucune procédure particulière n'avait suivi son décès. Tout a changé lorsque le scandale a éclaté. 

La famille de Françoise s'est alors remémorée qu'elle n'a jamais parlé au Dr Bonnemaison. Ils lui reprochent dès lors d'avoir décidé seul. Le témoignage d'une aide-soignante vient s'ajouter aux éléments gênants pour le Dr Bonnemaison. Selon elle, le médecin aurait parié sur l'espérance de vie de l'octogénaire, comme le font parfois les médecins en salle de garde.

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Aujourd'hui, ni la famille ni son avocate ne souhaitent prendre la parole. Comme l'avait révélé RTL en 2011, la famille s'était constituée partie civile "pour comprendre".  Cette semaine, elle sera au procès. Et c'est là, en audience publique, qu'elle et Nicolas Bonnemaison devront donc s'expliquer.  

La fragilité du docteur Bonnemaison

L'audience devrait par ailleurs permettre de mieux connaître Nicolas Bonnemaison. Aujourd'hui âgé de 53 ans, il s'est toujours défendu d'être "un militant de l'euthanasie", affirmant avoir agi pour les familles. 

À grands traits, le portrait qui se dégage de lui après l'instruction menée par deux juges de Bayonne est celui d'un médecin unanimement reconnu dont certains actes médicaux dérapent à compter de mars 2010.

Il a grandi à Hasparen, au Pays basque. Fils d'un chirurgien et d'une infirmière, il se marie avec une anesthésiste. Ses patients comme ses collègues décrivent un excellent professionnel, prévenant, ouvert aux autres et très investi. 
Deux bémols subsistent toutefois. Certains évoquent sa fragilité et, surtout, le fait d'avoir été laissé seul dans son service qui accueillait tous les malades de l'hôpital en fin de vie. Devant les juges, Nicolas Bonnemaison a toujours déclaré avoir agi pour atténuer les souffrances des patients et de leurs familles.


Les 3 infirmières qui ont donné l'alerte en août 2011 n'ont pas cette vision des choses. Elles évoquent des injections précipitées, parfois sans dialogue. Un détail frappé également dans la chronologie des faits : le rythme des décès suspects s'accélèrent, donnant l'impression que le si bon médecin a perdu pied.

Le procès du Dr Bonnemaison doit durer trois semaines. Plus de 70 témoins sont appelés à la barre, notamment pour éclairer le débat sur la fin de vie en France.

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