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Bradley Manning : un verdict en forme de "victoire" pour Wikileaks

DÉCRYPTAGE - Le soldat, reconnu coupable d'avoir transmis à Wikileaks des documents militaires classifiés, a été condamné à 35 ans de prison. Un verdict qualifié de "victoire" par Julian Assange. Explications.

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La rédaction numérique de RTL

Le soldat américain Bradley Manning, accusé d'avoir transmis à Wikileaks différents documents militaires classés secret défense, s'est vu infliger une peine de 35 ans de prison ce mercredi 21 août par une cour martiale, après plus de deux mois de procès.

Une sentence jugée excessive par certains spécialistes de la justice militaire, qui considèrent que des peines plus légères ont été infligées par le passé dans des cas similaires, rapporte le Guardian. Julian Assange, chef de file de Wikileaks, a pourtant qualifié ce verdict de "victoire tactique significative" dans un communiqué. Pourquoi une telle analyse ? Explications.

Il encourait initialement 135 ans de réclusion

Cette "victoire", c'est avant tout celle des avocats de Bradley Manning selon le hacker australien. La durée d'incarcération du soldat représente en effet un peu plus de la moitié de celle requise par le gouvernement américain, qui s'élevait à 60 ans. Une "période minimale durement gagnée" pour Julian Assange, qui rappelle que le soldat de 25 ans encourait initialement "135 ans" de réclusion, montant réduit à 90 ans au début du mois d'août.

La juge militaire Denise Lind a en outre décidé du renvoi de Bradley Manning de l'armée pour "déshonneur", notamment pour des faits d'espionnage, de fraude et de vol de quelque 700.000 documents diplomatiques et militaires confidentiels.

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"Bien que la défense puisse être fière de leur victoire tactique, il faut se rappeler que le procès et la condamnation de M. Manning sont un affront aux concepts de base de la justice de l'Ouest", tempère Julien Assange. "La seule issue juste pour son cas est sa remise en liberté sans condition, un dédommagement pour le traitement qu'il a subi, et un engagement sérieux à enquêter sur les méfaits révélés par ses divulgations présumées."

Il devrait bénéficier de remises de peine

Julian Assange évoque également la possibilité que Bradley Manning ne passe pas réellement les 35 prochaines années derrière les barreaux, et estime que sa durée de détention se situe entre 5,2 et 32 années, sans toutefois détailler son calcul. "Le temps que M. Manning a déjà passé en prison sera déduit de sa sentence, et des dispenses pour bonne conduite, la liberté conditionnelle et d'autres facteurs signifient qu'il passera probablement moins de 10 ans en réclusion", estime-t-il.

La juge a effectivement rappelé que Bradley Manning bénéficiait de 1.293 jours de remise de peine, correspondant à plus de trois ans de détention préventive, dont neuf mois de régime d'isolement strict.

Selon le Guardian, le soldat déposera une demande de grâce auprès du président des États-Unis Barack Obama. Ses avocats ont également prévu de faire appel. Comme le rappelle Julian Assange dans son communiqué, la loi martiale américaine prévoit que seule une réduction est possible en cas de modification de la sentence. Celle-ci peut également conserver la même durée.

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