2 min de lecture Justice

Boulogne-sur-Mer : prison ferme pour avoir aidé des migrants à traverser la Manche

Deux hommes ont été condamnés par le tribunal de Boulogne-sur-Mer à des peines de 18 mois et un an de prison ferme pour avoir aidé des migrants à traverser la Manche entre octobre et mars.

Le tribunal de grande instance de Boulogne-sur-Mer
Le tribunal de grande instance de Boulogne-sur-Mer Crédit : Capture d'écran / Google Maps
Claire Gaveau
Claire Gaveau
et AFP

Un vendeur de bateaux et un chauffeur de taxi ont été condamnés à 18 mois et 12 mois de prison ferme. Ils étaient jugés pour avoir aidé des migrants à traverser la Manche entre octobre et mars.

Dirigeant d'une société de vente de bateaux d'occasion, Emmanuel Desreux, âgé de 45 ans, a écopé au total de trois ans de prison, dont 18 mois avec sursis. Le chauffeur de taxi Jean-Claude Demeyer, 54 ans, a lui été condamné à 2 ans de prison dont un avec sursis. Sa peine a été assortie d'une interdiction d'exercer son métier de taxi pendant 5 ans.

L'enquête avait débuté en janvier, avec l'interpellation de quatre ressortissants iraniens et de deux chauffeurs de taxi sur la plage de Wimereux, dans le département du Pas-de-Calais. Grâce à des témoignages, les enquêteurs avaient pu remonter jusqu'à la société Fluvialys, basée à Deûlémont, dans le Nord.

Des écoutes téléphoniques avaient alors rapidement permis de découvrir que le chef d'entreprise vendait régulièrement des bateaux pneumatiques à des migrants, avant de les mettre en contact avec un chauffeur de taxi calaisien, chargé d'acheminer le matériel et certains migrants vers les plages du littoral.

Quand il faisait mauvais, je leur disais de rappeler plus tard

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À la barre du tribunal, le patron de la société, né en France et résidant en Belgique, a estimé avoir vendu "17 ou 18 bateaux en quatre mois". De leur côté, les enquêteurs en ont comptabilisé 39, s'appuyant notamment sur des factures et du matériel nautique retrouvé sur certaines plages de la Côte d'Opale.

Interrogés sur les risques encourus par les migrants lors de la traversée, aucun des deux hommes n'a exprimé de regrets. "Tout dépend de la météo", a jugé le vendeur. Et d'assurer : "Quand il faisait mauvais, je leur disais de rappeler plus tard".

62 traversées clandestines tentées

Entre octobre et mars, 62 traversées clandestines de la Manche ont été tentées, "majoritairement par des Iraniens et des Irakiens" qui prenaient "un risque énorme", pour transporter au total près de 500 migrants, disait début avril le préfet du Pas-de-Calais, Fabien Sudry. La densité du trafic dans le détroit, les courants, les hauts fonds, le vent permanent et la température de l'eau rendent en effet une telle entreprise très difficile et extrêmement dangereuse.

En mars, le même tribunal de Boulogne-sur-Mer avait condamné à des peines allant jusqu'à trois ans et demi de prison ferme cinq hommes reconnus coupables d'avoir aidé des migrants à entrer en Grande-Bretagne à bord de camions en rémunérant les chauffeurs. 

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