2 min de lecture Terrorisme

Attaques dans l'Aude : où en est l'enquête ?

ÉCLAIRAGE - Presque 48 heures après les attaques perpétrées par Radouane Lakdim au nom de l'idéologie islamiste, l'enquête, sous la houlette de la section antiterroriste du parquet de Paris, se poursuit.

Des hommes du GIGN à l'extérieur du Super U de Trèbes (Aude)
Des hommes du GIGN à l'extérieur du Super U de Trèbes (Aude) Crédit : ERIC CABANIS / AFP
Clarisse Martin
Clarisse Martin
Journaliste

Le terrorisme islamiste a une nouvelle fois frappé la France. Quatre personnes ont péri dans l'Aude au cours de trois attaques perpétrées par Radouane Lakdim, vendredi 23 mars. Ce dernier a été abattu par les gendarmes du GIGN lors de l'assaut donné dans le Super U de Trèbes (Aude). L'attentat a été revendiqué par l'organe de propagande de l'organisation terroriste État islamique. 

Dans la foulée, la section antiterroriste du parquet de Paris a été saisie et a ouvert une enquête, diligentée pour "assassinat terroriste", "tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste", "séquestrations sous conditions en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroristes". 

Les investigations, encore à leurs balbutiements, ont été confiées à la Sous-direction antiterroriste (SDAT), La Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et à la Direction centrale de police judiciaire (DIPJ) de Montpellier.

Deux personnes placées en garde à vue

Au soir des attaques, le procureur de la République de Paris, François Molins, a donné une conférence de presse. Le magistrat a annoncé qu'une "proche" de l'assaillant avait été placée en garde à vue. Selon les informations de BFMTV, il s'agirait de la petite-amie du ressortissant franco-marocain, âgée de 18 ans. Depuis, une deuxième personne, qui serait un ami mineur de Radouane Lakdim, a également été placée en garde à vue.

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En fin d'après-midi, vendredi 23 mars, une perquisition a eu lieu au domicile de Radouane Lakdim, à la cité Ozanam de Carcassonne. Les enquêteurs ont découvert ce qui s'apparenterait à un testament manuscrit du suspect, où il revendique son appartenance à Daesh. Lors de l'attaque, il s'était déjà revendiqué comme un "soldat" de l'organisation terroriste islamiste. Pour l'heure, personne n'a été mis en examen dans ce dossier. Les investigations se poursuivent pour déterminer s'il a pu bénéficier de complicités.

Les attaques ont fait plusieurs blessés. Dimanche 25 mars, le pronostic vital du passager de la voiture volée à Carcassonne était toujours engagé. Un CRS a été blessé à l'épaule pendant son footing, ainsi qu'un membre du GIGN a été touché à la jambe au cours de l'assaut donné dans le supermarché de Trèbes. Deux autres personnes sont également hospitalisées.

Un assaillant fiché S depuis 2014

Né au Maroc le 11 avril 1992, Radouane  Lakdim avait été naturalisé français en 2004 à l'âge de 12 ans, en même temps que son père. Il était fiché S depuis 2014, avec un signalement "actif" car il était considéré comme étant en lien avec des islamistes appartenant au "haut du spectre" de la radicalisation, selon une source proche de l'enquête. Mais il n'avait manifesté aucun "signe précurseur pouvant laissent présager un passage à l'acte terroriste", a relevé François Molins. 

Radouane Lakdim était connu de la justice pour des faits de droit commun. Son casier judiciaire affiche deux condamnations : la première en 2011 à une peine d'un mois de prison avec sursis pour "port d'arme prohibée", la seconde en 2015 pour "usage de stupéfiants et refus d'obtempérer" à un mois de prison, peine effectuée en août 2016.  

Lors de son équipée meurtrière, Radouane Lakdim était armé d'un pistolet, sans permis de détention, d'un couteau et "d'engins artisanaux", soit un dispositif très rudimentaire, selon une source proche de l'enquête. Radouane Lakdim ne s'est jamais rendu en zone irako-syrienne, malgré une velléité de départ détectée en 2014, et les investigations menées à ce stade ne montrent pas qu'il y ait pris des contacts, selon une source proche de l'enquête. 

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