1 min de lecture Justice

Affaire Iacono : "Mon grand-père ne m'a pas violé"

Spectaculaire rebondissement judiciaire à Nice. Gabriel Iacono, qui depuis onze ans accusait de viol son grand-père l'ancien maire de Vence Christian Iacono, s'est subitement rétracté en envoyant un courrier au parquet de Grasse, dans les Alpes-Maritimes. C'est son témoignage qui avait fait condamner à 9 ans de prison son grand-père pour viol en 2009.

Pierre Thébault et La rédaction numérique de RTL

Gabriel Iacono, qui accusait depuis onze ans de viol son grand-père l'ancien maire de Vence Christian Iacono, s'est subitement rétracté en envoyant un courrier au parquet de Grasse, dans les Alpes-Maritimes.

"Je me suis lavé des erreurs que j'ai pu commettre. C'est désormais à la justice de faire son travail et de reconnaître les siennes", déclare le jeune homme de 20 ans dans Nice Matin.

"Personne ne m'a poussé à l'incriminer. Pour autant je n'ai pas menti. J'y croyais vraiment. Et puis j'ai pris du recul et de la maturité. Dès la fin du second procès, j'ai commencé à me poser des questions. Cela a mis trois mois pour mûrir", explique-t-il.

Christian Iacono, 76 ans, a été condamné le 23 février par la cour d'assises d'Aix-en-Provence à neuf ans de réclusion pour viol et agression sexuelle sur son petit-fils. L'ancien maire de Vence, qui a toujours clamé son innocence, a déposé un pourvoi en cassation.

En première instance à Nice, en avril 2009, devant la cour d'assises des Alpes-Maritimes, il avait déjà écopé de neuf années d'emprisonnement.

Gérard Baudoux, l'un des avocats de l'ancien-maire de Vence, devait rencontrer mercredi matin son client à la prison de Grasse pour définir une stratégie judiciaire. Les avocats devraient demander la mise en liberté de leur client.

"Je reçois la nouvelle avec prudence. Ma conviction a toujours été qu'au regard d'un conflit familial extrême, tout était possible dans le domaine de l'irrationnel", a-t-il commenté. Le fils de l'ancien maire de Vence, un médecin installé à Reims, voue notamment à son propre père une haine tenace, rappelle-t-il.

"Ce n'est pas une vraie surprise", ajoute-t-il, en notant que le petit-fils avait confié à un psychiatre qu'il avait "encore des choses à dire".

Les faits incriminés s'étaient déroulés entre 1996 et 1998, dans la villa de Christian Iacono à Vence, alors que l'enfant avait entre cinq et huit ans.

L'accusation reposait sur des rapports d'expert signalant l'existence, sur le corps de l'enfant, de cicatrices indicatives de sévices sexuels ainsi que sur les déclarations réitérées de Gabriel Iacono, jugées crédibles et cohérentes par les experts.

Dans ses nouvelles déclarations publiées mercredi, Gabriel Iacono confirme avoir été violé, mais dit "ignorer par qui".

"Cette scène je continue à la voir, mais je ne la crois plus possible. J'ai peut-être effectué une transposition, désigné mon grand-père à la place de quelqu'un d'autre", dit-il.

"Je ne peux pas vivre tant que mon grand-père n'est pas blanchi", ajoute le jeune homme, qui veut devenir avocat.

Lors du procès en appel en février, il avait pourtant porté de lourdes accusations à son encontre, en affirmant "je veux que la vérité éclate".

"Mon grand-père, je l'aimais. C'était un dieu à mes yeux. Au final, c'est lui qui a fait les choses les plus dégueulasses possibles", avait-il dit devant les jurés. Il s'était également dit "soulagé" par le verdict.
(avec AFP)

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