3 min de lecture Catholiques

Jean-Paul II, Jean XXIII : le chemin de la canonisation

DÉCRYPTAGE - Les papes Jean-Paul II et Jean XXIII pourraient être canonisés d'ici la fin de l'année, a annoncé le porte-parole du Vatican. Les processus de béatification et de canonisation sont très codifiés.

Le pape Jean-Paul II pourrait être canonisé d'ici la fin de l'année.
Le pape Jean-Paul II pourrait être canonisé d'ici la fin de l'année. Crédit : AFP
micro générique
La rédaction numérique de RTL

Le pape Jean-Paul II ainsi que le pontife Jean XXIII devraient être canonisés "d'ici la fin de l'année", a affirmé le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi. La canonisation, tout comme la béatification, est le résultat d'un processus rigoureux. Néanmoins, des exceptions existent.

Trois conditions principales

Être décédé. "Premier principe : aucune cause n'est ouverte au Vatican avant un délai de cinq ans suivant le décès", écrivait Le Point en 2009. "Comme tout principe, celui-ci souffre des exceptions. Dernière en date, et non des moindres : la procédure en canonisation de Jean-Paul II, que la foule, lors de ses obsèques, voulait faire santo subito, a été ouverte par Benoît XVI à peine un mois et demi après la mort de son prédécesseur."

Avoir mené une vie chrétienne exemplaire. L'Instruction sanctorum mater de 2007 définit un saint ou un bienheureux comme "un fidèle catholique qui, au cours de sa vie, au moment de sa mort et après son décès, a été considéré comme saint, en vivant de manière héroïque l'ensemble des vertus chrétiennes ou possède une réputation de martyr, parce qu'ayant suivi de plus près le Christ, il a sacrifié sa vie dans l'acte du martyr". La réputation de sainteté ou de martyr se définit à la lueur de l'opinion répandue parmi les fidèles.

Avoir accompli deux miracles. Un miracle est nécessaire afin d'être béatifié. La béatification, qui fait d'un fidèle un bienheureux, est un préalable à la canonisation. Pour accéder à cette dernière, un deuxième miracle est en principe nécessaire. C'est ce qui vient de se produire pour Jean-Paul II, dont le premier miracle, la guérison de la Sœur Marie Simon Pierre, atteinte de la maladie de Parkinson, a été reconnu en mai 2011. Le pape François, après avoir rencontré le cardinal Angelo Amato, chef de la Congrégation pour la Cause des Saints, a donné son aval formel à un deuxième miracle attribué à Jean-Paul II.

Le pape François a donné son aval à un deuxième miracle attribué à Jean-Paul II.
Le pape François a donné son aval à un deuxième miracle attribué à Jean-Paul II. Crédit : ALBERTO PIZZOLI / AFP
À lire aussi
Lors d'une messe dirigée par le père Eric De Nattes pour rendre hommage aux victimes d'agressions sexuelles perpétrées par le père Preynat, le 7 novembre 2016 à l'église de Saint-Luc à Foy-les-Lyon. église
Pédophilie : visite exceptionnelle dans les archives de l'Église de France

Cette règle comporte toutefois des exceptions, comme cela vient d'être le cas pour Jean XXIII. Béatifié en septembre 2000 par Jean-Paul II, il va accéder à la canonisation sans qu'il lui soit attribué de deuxième miracle. "Nous connaissons tous les vertus et la personnalité du pape Roncalli, il n'y a pas besoin d'expliquer les motifs de la décision sur sa sainteté", a souligné le père Lombardi devant la presse. Il s'agit selon lui d'un "cas bien spécifique", qui a aussi le mérite de "coïncider avec le 50e anniversaire du Concile Vatican II".

Un processus en forme de procès

Le texte le plus récent dédié à l'organisation des procédures de béatification et de canonisation est la Constitution apostolique du 25 janvier 1983, qui émane de Jean-Paul II.

Trois étapes principales.
Ces procédures démarrent lorsqu'un évêque est saisi par un fidèle ou un groupe de fidèles d'une demande de béatification ou de canonisation. Il peut également engager la procédure de sa propre initiative. On distingue ensuite trois étapes principales : une enquête approfondie de la part de l'évêque, un examen du dossier par la Congrégation pour les causes des saints et une décision finale prise par le Pape.

L'examen de la cause. Selon l'Instruction sanctorum mater de 2007 de la Congrégation des causes des saints, "ces causes ont pour but de rassembler les preuves en vue de parvenir à la certitude morale concernant l'héroïcité des vertus ou le martyr du Serviteur de Dieu dont on demande la béatification et la canonisation". La procédure prend la forme d'un procès canonique, au cours duquel le postulateur de la cause, expert en théologique, droit canonique et histoire, joue le rôle d'avocat. Son action est pondérée par celle du promoteur de la foi, qui peut être amené à mettre au jour des éléments défavorables à la cause du candidat.

L'enquête sur les miracles. L'examen des miracles constitue une étape de l'instruction de la cause. L'évêque désigne pour cela un expert médecin, dans le cas d'une guérison présumée miraculeuse, ou un expert technique, dans le cas d'un miracle présumé d'une autre nature.

Sur le site du Vatican, on peut ainsi lire le compte-rendu de l'approbation par Jean-Paul II, en décembre 2001, d'un miracle attribué à Josémaria Escriva : "il s’agit de la guérison miraculeuse d’une grave maladie professionnelle (la radiodermite chronique) dont était atteint le docteur Manuel Nevado Rey et qui a disparu en novembre 1992, à la suite du recours à l’intercession du bienheureux Josémaria Escriva", indique-t-il.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Catholiques Info Pape
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants