1 min de lecture Décès

Jean-Marie Lefebvre : une grande voix de RTL s'est éteinte

La grande famille de RTL est en deuil. Jean-Marie Lefebvre, l'un des piliers de la rédaction, s'est éteint mercredi soir à l'âge de 62 ans. Il avait présenté le journal de 18 heures pendant 10 ans. C'est une grande figure de notre métier et une voix d'exception qui s'éteint. En cette triste journée, RTL a une pensée particulière pour sa femme et ses deux enfants.

Jean-Marie Lefebvre avait 62 ans
Jean-Marie Lefebvre avait 62 ans Crédit : RTL
Micro RTL
La rédaction de RTL Journalistes RTL

Né le 15 septembre 1948, Jean-Marie Lefebvre, qui a suivi ses études au Lycée Janson de Sailly, était diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris (1971) et Licencié en Droit Public (1973).
Après avoir été chargé de mission auprès du délégué à la Sécurité Routière, Jean-Marie Lefebvre commence sa carrière de journaliste à Europe 1 en 1973. Pendant les 14 années qu’il passe au sein de la station de la rue François 1er, il a successivement présenté les journaux, suivi l’activité diplomatique au service étranger avant d’en devenir le chef adjoint. Envoyé comme correspondant aux Etats-Unis, il est nommé à son retour chef du service étranger.

De 1987 à 1992, c’est sur La Cinq qu’il officie. Chroniqueur de politique étrangère, il suit de nombreux sommets Est-Ouest, en Europe, et au Proche-Orient ainsi que les voyages officiels du Président et du Ministre des Affaires Etrangères.

En 1992, Jean-Marie Lefebvre rejoint la rédaction de RTL. De 1992 à 2002, il est rédacteur en chef et présentateur du journal de 18h. Pendant dix ans, il forme, avec Jean-Pierre Defrain, un duo qui a marqué l’histoire de la station de la rue Bayard. Il se prête ensuite à l’exercice de l’éditorial de politique étrangère. Nommé Chef du service étranger en 2003, il devient l’année suivante rédacteur en chef et présentateur de la tranche matinale "7/8" le week-end.En 2007, il est nommé conseiller éditorial auprès de la direction de l’information.

En juillet 2008, Jean-Marie Lefebvre est l’un des rares journalistes présents dans l’avion présidentiel parti chercher Ingrid Betancourt à Bogota à l’occasion de sa libération. Sur le tarmac et depuis l’appareil, il fait vivre en direct ces moments forts aux auditeurs de RTL.

Jean-Marie Lefebvre était Chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres.

Voir le texte de l'éloge funèbre prononcé par Philippe Labro, le 14 décembre 2010 en l'église Saint-Thomas d'Aquin à Paris

LIVRE D'OR

Christopher BALDELLI, Président du Directoire de RTL :
"Avec la disparition de Jean-Marie Lefebvre, RTL perd un grand professionnel qui avait mis tout son talent et sa finesse d’analyse de l’actualité politique au service d’une radio qui était devenue sa famille professionnelle."

Jaques ESNOUS, Directeur de l’information de RTL :
"A RTL nous sommes infiniment tristes. Sa longue silhouette, son sourire et son enthousiasme vont nous manquer. Jean-Marie Lefebvre était non seulement un grand journaliste mais aussi un ami."

Catherine MANGIN, Directrice de la rédaction de RTL :
"Jean-Marie c'était avant tout une noblesse de comportement, un dévouement sans fin, une gentillesse permanente. Il avait l'art d'écouter et de se mettre au service des uns et  des autres sans jamais en tirer vanité ou avantage.  Pour tous ses confrères et consoeurs de la radio, il était l'homme qui avait les clés de mondes parfois difficiles à atteindre; il était pour nous le facilitateur en chef. J'ai en mémoire une conversation depuis l'avion qui ramenait Ingrid Betancourt en France. Jean-Marie chuchotait, racontait, faisait partager l'émotion de cette libération. Lundi dernier je l'ai eu au téléphone parce qu'une fois encore, il était le seul a disposer du bon contact pour traiter un dossier chaud. Il s'est mis en quatre malgré sa fatigue pour nous  renseigner. Et puis, il m'a dit qu'il serait là le lendemain.  Depuis et pour toujours nous penserons qu'il est juste passé dans la pièce d'à côté."

La Société des Journalistes de RTL :
"La SDJ s'associe à la tristesse de toute la maison après le décès de notre ami Jean-Marie. Elle pense tout particulièrement à son épouse et à ses deux enfants. RTL perd une de ses grandes voix, un confrère dévoué et plein de sollicitude, un ami enfin."

Michèle ALLIOT-MARIE, ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et européennes :
"Je viens d’apprendre avec une très profonde émotion le décès de Jean-Marie Lefebvre. Jean-Marie était un ami. Il était aussi une grande figure de la presse française. Sa voix nous était familière. Son regard sur la France et sur le monde était toujours précis et pertinent. Il incarnait le journalisme à la française, ouvert aux autres et pétri de professionnalisme, nous permettant de toujours mieux appréhender l’actualité. A ses immenses qualités professionnelles, Jean-Marie Lefebvre ajoutait une personnalité hors du commun faite d’une profonde humanité et d’une écoute attentive et amicale.
C’est toujours avec plaisir que je le voyais à Saint-Jean-de-Luz, où il avait ses attaches et aimait se ressourcer très régulièrement.
Je m’associe à la peine de ses amis, de ses confrères de RTL, de ses proches, et j’adresse mes condoléances attristées à sa famille."

Frédéric MITTERRAND, ministre de la Culture et de la Communication :
"J'apprends avec une profonde tristesse la disparition de Jean-Marie Lefebvre.
Jean-Marie Lefebvre a mené une talentueuse carrière de journaliste, notamment au sein de la rédaction de RTL.
Je tenais donc à exprimer ce message de tristesse et d'hommage à vous-même et à tout votre service de la rédaction et de l'information."

Bertrand DELANOË, maire de Paris :
"Je tiens à ajouter mon témoignage à tous ceux qui expriment ici leur peine à la suite du décès de Jean-Marie Lefebvre. C'est un grand journaliste qui s'en va. Je regretterai son regard exigeant sur le monde, sa connaissance des dossiers les plus divers, son engagement qui savait ne jamais être partisan. Et je me souviendrai de sa simplicité, de son humanité. C'est quelqu'un de bien qui nous quitte - trop tôt. Je veux m'associer à la peine de sa famille et des proches. Il nous manquera."

Marie-Bénédicte ALLAIRE, du service politique de RTL :
"Tu m’as lancé en partant vendredi, "j’ai un truc à te dire, mais ça peut attendre lundi"... Lorsque je suis arrivée à RTL, il y a un peu plus de dix ans, tu présentais le journal de 18h. Tes "confidentiels", lancés de cette voix si grave, étaient mythiques. Ils seront désormais notre madeleine sonore.
Plus tard, nous avons été voisins de bureau. J’ai découvert une personnalité infiniment attachante, perfectionniste à l’extrême, plaisantant de tes angoisses, toujours sur le fil entre tragique et comédie. Un confrère d’une grande modestie, toujours prêt à ouvrir ton époustouflant carnet d’adresses, à nous faire profiter de tes contacts. Combien de déjeuners as-tu organisé pour les uns et les autres dans la rédaction ?
D’une grande discrétion aussi, tu nous cachais tes peines, tes souffrances qui affleuraient parfois, mais qu’il fallait deviner.
Tu te faisais toujours beaucoup de souci pour ta femme et vos deux fils. Je suis sûre que ton amour les a armés pour continuer leur route. Je pense très fort à eux, à ta maman, à toute ta famille et à tes nombreux amis.
Ta longue silhouette, ton humour, ta gentillesse nous manquent déjà tellement. Il y a deux appels en absence sur ton téléphone. Au fait, tu voulais me dire quoi, Jean-Marie ?
Je t’embrasse très fort,
Marie-Bé"

Alba VENTURA, du service politique de RTL :
"Salut mon ami...
Tu viens de nous jouer un sacré tour. Alors comme ça, nous n'irons plus déjeuner avec les "grands" et "les moins grands" de ce monde ? Alors comme ça nous ne partagerons plus les potins politiques qui nous font tant sourire ? Alors comme ça tu ne viendras plus me piquer mon "Elle" ? Et surtout... nous n'aurons plus le plaisir de te voir remonter ton pantalon "à la Jacques Chirac" ?
Tout cela va me manquer...
Je t'envoie plein de baisers là-haut.
Alba"

Christophe BOURROUX, du service économique de RTL :
"Salut chou !
C'est par ces mots que, chaque matin, tu me saluais en arrivant à la rédaction de ta voix tonitruante et inimitable. Ou plutôt si, une voix que j'aimais tant caricaturer. Ce qui te faisais beaucoup rire. Aujourd'hui, pour la première fois, tu m'as fait pleurer. Je n'arrive pas à me faire à l'idée de ta disparition. J'ai l'impression que c'est une mauvaise blague, et de voir arriver avec tes larges lunettes, ton sourire éclatant, ta bonne humeur et ton pantalon relevé "façon Jacques Chirac". Je garde en mémoire cette fameuse voix lançant le journal de 18 heures. Dans les conférences de rédaction, jamais un mot plus haut que l'autre, toujours d'une courtoisie extrême, d'une élégance rare avec nous tous. Aux coups de gueules, tu préférais les coups de coeur. Un coeur immense, qui malheureusement t'a joué des tours. A mon tour d'avoir mal au coeur en regardant ton siège, ton bureau désormais vide.
Je pense très très fort à toi, à tes enfants, à ton épouse, à ta famille.
Adieu chou !"

Jean-Alphonse RICHARD, du service police-justice de RTL :
"Salut Jean-Marie,
C'est bien la première fois que tu quittes la rue Bayard sans dire au revoir.  Cela ne te ressemble pas et cela me fait une peine immense. On dit toujours de ceux qui partent qu'ils étaient formidables. Le problème avec toi c'est que c'était vrai. Si les journalistes savent parfois trop bien cultiver le cynisme ou la désillusion, tu faisais toi partie d'une espèce en voie de disparition : les bienveillants. Ta petite flamme d'humanité et de dialogue va beaucoup nous manquer. Je pense aux tiens, ton épouse, tes garçons, en souvenir d'une merveilleuse après-midi passée à Magny-Cours pour le Grand Prix de France de Formule 1. Il faisait beau et nous avions beaucoup ri.
Ciao L'Ami"

Pierre JULIEN, Chef d'Informations Aéronautique et Défense de RTL :
Je ne vais pas être très original mais pour nous tous, Jean-Marie, tu étais un Monsieur, celui qui par son intelligence, son élégance, sa modestie et son sourire emporte naturellement la sympathie et l'estime de ceux qui ont la chance de travailler auprès de lui ... de Toi !
Il y a peu, je suis devenu ton voisin de bureau au premier étage de la rédaction , deux "anciens" entourés par deux "gamines". A tes côtés, nous avons eu le sentiment depuis le 22 rue Bayard de faire au quotidien le Tour du Monde grâce à  tes multiples relations internationales et si amicales.
La preuve, ce bonjour que j'ai passé à ton ami l'ambassadeur de France en Chine il y a trois semaines lors d'un reportage à Pékin.
Tu étais passionné d'Histoire et tu aimais aussi les bonnes petites histoires.
Je n'oublierai pas non plus ton côté grand gamin espiègle et généreux quand tu m'as encore dernièrement recommandé, avec délice, une bonne adresse de restaurant, comme cet excellent  basque du XVème arrondissement.
Malgré toute ton expérience, jamais tu n'en rajoutais... ton regard, ton jugement sur les autres, sur notre métier - pour toi une passion - était lucide, honnête sans la moindre trace de jalousie.
On dresse parfois lors d'un départ bien des éloges au risque d'en faire trop, mais tu vois, Jean-Marie, tout est vrai et déjà ta haute silhouette me manque.
Comme tu le disais "Confidentiel" mais cette fois avec tristesse, je me souviendrai toujours de ta voix profonde et si bien posée. Merci pour tout ce que tu m'as apporté ! Tes amis te pleurent et pensent à ta famille !

Camille CHRISTOPHEL, programmatrice du 18/20h de Christophe Hondelatte sur RTL :
"Jean-Marie,
Il y a quelques jours nous déjeunions ensemble. Avec mes grands yeux émerveillés, je te demandais de me raconter - encore et encore - des potins sur nos politiques.
A la fin du repas tu m'as dit "bon ma petite Camille, on remet ça quand ?"
Chaque jour, depuis un peu plus d'an an, tu venais me voir, à 15h11 précisément, "le Monde" sous le bras... "Alors, vous faites quoi dans 'On refait le Monde' ce soir ?"
Et inlassablement, je te répondais cette même phrase "Christophe n'arrive pas avant un bon quart d'heure, alors je ne sais pas".
Tu partais alors à la conf'...
Depuis le début de la semaine, à 15h11, où étais-tu passé ? Mes textos restaient sans réponse.
Un grand vide depuis ce matin. Ton regard paternel me manque déjà, Jean-Marie. J'aimais tant tes conseils, et tes grandes oreilles neutres.
Il va bientôt être 15h...
Je t'attends dans mon bureau pour "décortiquer" le Plantu. Il y est question de neige aujourd'hui.
Et non, Jean-Marie, je n'ai toujours pas les sujets d''On refait le Monde'.
Prends soin de toi, là où tu es. Et merci pour tout ce que tu as fait pour moi. Tu sais de quoi je parle.
Je t'embrasse."

Adeline FRANCOIS, présentatrice (journaux de 6h30 et 8h) sur RTL :
"Jean-Marie,
Penser à toi, c'est penser à ce 7 juillet 2008, mon premier journal sur RTL, et ta voix en direct de Colombie dans l'avion qui ramène Ingrid Bétancourt en France.
J'avais un immense respect pour le journaliste que tu étais. Je te vouvoyais et un matin, le regard noir, tu as fini par m'engueuler: "mais ça va pas de me dire vous ? J'ai l'impression d'être un monsieur !"... oui Jean-Marie, tu étais un Monsieur, un gentleman et j'aimais te voir arriver le matin et te dire "comment ça va, Jean-Marie ?"... "mais mon chou, ça va toujours quand c'est toi qui me réveilles !" (son réveil sonnait à 6H30), et tu riais de mes jeux de mots pas toujours très fins, (tu m'en suggérais parfois des pires !), tu étais mon meilleur public ! Et je garde précieusement le souvenir de ton dernier baise-main vendredi dernier... Gentleman jusqu'au bout... je suis si fière de t'avoir connu."

Emmanuelle JULIEN, du service politique de RTL :
"A côté de moi, la chaise est vide, l'ordi éteint. Où es-tu, Jean-Marie ? C'est l'heure où nous commentons les dépêches. Comme d'habitude, j'ai des conseils à te demander sur les politiques, ces personnages si particuliers que tu connais si bien. Et puis, en fin d'après-midi, nous allons nous marrer avec des blagues grivoises, qu'est-ce que tu es drôle avec ton air pince-sans-rire ! Mais voilà, la chaise reste vide. Bon, tu dois être retenu à déjeuner chez l'ambassadeur..."

Christian OLLIVIER, chef du service des sports de RTL :
"Ta bienveillance. Ta gentillesse. Ton élégance et ta rigueur professionelles. Oui oui et oui. Mais ton recul aussi sur les choses de la vie et ta grande lucidité sur le monde dans lequel tu évoluais. Sans jamais un mot plus haut que l'autre ! Grâce à ton humour toujours présent dans les bons ou mauvais moments. Quelle leçon. Rien à oublier de toi : chaque soir le retour à la maison apres le RTL 60 minutes et le Mégasports en te raccompagnant dans ma Fiat Panda trop exigue pour tes longues jambes. Le pique-nique Tour de France avec toute ta petite famille et l'équipe des envoyés spéciaux de RTL . Notre déjeuner mensuel avec ses interminables palabres pour le choix de la bonne table. Et le reste beaucoup plus privé, mais stop ! Stop à tout cela. Néanmoins, le respect vis-à-vis de toi, lui, sera immortel."

Bernard GLASS, journaliste hippique sur RTL :
"Comme beaucoup, je suis triste. C'était un ami et un journaliste vraiment très fin qui m'a toujours énormément encouragé professionnellement. Ses attentions et son enthousiasme vont cruellement manquer à la rédaction."

Michel COHEN-SOLAL, du service culture de RTL :
"Mon J.M....
C'est comme ça que je t'appelais tous les matins... tu étais mon ami... mon frère aussi... mes instants de joie et de bohneur dans ces couloirs de notre station.
Ta voix, ton sourire, ta gentillesse et ces infos que l'on échangeait sur les gens que l'on connaissait.
Je suis triste et ma peine est profonde...
Mon J.M. tu me manques !"

Christophe DECROIX, rédacteur en chef et présentateur de journaux du week end sur RTL :
"Nous sommes tous abasourdis par la disparition soudaine de Jean-Marie. Il était pour moi comme un grand frère, toujours prêt à donner un coup de main, toujours disponible pour ouvrir les portes de son fameux carnet d'adresses. Combien de fois a-t-il oeuvré pour amener à RTL le bon invité, toujours modeste. Nous partagions une passion commune pour la bonne bouffe. Nous en parlions encore ensemble dimanche au téléphone. On s'échangeait des adresses. Lui qui avait tant d'allure aimait aussi les bons mots un peu paillard. Il aimait rire, il aimait la vie même si pour des raisons de santé, elle ne lui avait pas été toujours facile. Je me souviendrais toujours de l'homme, de sa voix, de sa gentillesse. Je pense à sa femme et à ses deux fils. Je suis triste."

Frédéric VEILLE, correspondant RTL en Normandie :
"Nous nous sommes encore salués, il y a tout juste une semaine, lors de mon passage rue Bayard. Comme à chaque fois, la poignée de main fut cordiale, l'échange chaleureux et ce fut pour moi, encore un fois, un grand plaisir de discuter cinq minutes avec toi, le Grand Monsieur de la Radio. La semaine précédente, tu m'avais, avec toute la gentillesse qui te caractérisait, appelé pour me demander un petit service : le nom d'un bon restaurant en Normandie. Et nous avions conversé un bon quart d'heure de cette passion commune qui était la notre, la gastronomie...  Jean-Marie, je n'étais pas ton plus proche collaborateur, je n'étais pas non plus ton meilleur ami, mais j'aurai tant aimé l'être. Tu as lancé et mis en valeur bon nombre de mes sujets faits en région, tu as à maintes fois pris le temps de parler avec moi du livre que j'ai écrit et qui t'avait, tu me l'avais dis, profondément touché. Aujourd'hui, c'est ta disparition qui me touche et qui fait couler mes larmes. J'espère au moins que là-haut, il y a du bon Bordeaux !"

Philippe CORBE, du service politique de RTL :
"Are you there ?", "Are you there ?" Quelle étrange sonnerie de téléphone, tout de même, Jean-Marie. Cette voix nasillarde et mécanique qui répète "Are you there ?" quand un de tes nombreux correspondants cherche à te joindre. A quatre reprises ce matin elle a retenti.
A quatre reprises ton téléphone t'a demandé "Are you there ?". Mais tu n'étais pas là.
Je n'ai pas aperçu ce matin ta longue silhouette se déployer au bureau voisin. Chaque matin tu semblais te demander où diable ranger ces jambes trop grandes. Ou mieux vaut-il les croiser pour étaler les pages du journal ?
Tu ne me glisseras plus en douce la caricature d'actualité du USA Today, que tu complétais souvent d'un rappel historique, d'une référence politique, d'un éclairage inattendu. Ou d'un bon mot que tu ne lâchais qu'après avoir pris la précaution de t'éloigner des oreilles chastes. Tu le susurrais comme une confidence, ton œil frisait et tu t'éloignais alors avec un large sourire, satisfait de ton coup. Un esprit si français et une élégance si british.
Tu ne me parleras plus du Rheingold, de ce livre que j'avais pourtant promis de te faire dédicacer depuis un mois, de ce restaurant où tu promettais de m'amener.
Tu ne m'apprendras plus mon métier en obtenant d'un coup de fil les informations que je m'acharnais à grappiller depuis des heures.
Tu ne m'apprendras plus la vie en me prouvant chaque jour que la gentillesse et la bienveillance sont souvent plus efficaces que les grognements et les colères.
Chou, are you there ?"

Véronique STOURM, rédactrice en chef à RTL :
"Jean-Marie,
Tu es l'un de ceux qui m'a accueillie les bras ouverts dans cette famille RTL, l'un de ceux qui s'est montré attentif ces derniers mois. Bien sûr tu restes un grand Monsieur de cette profession, mais je retiens surtout l'homme charmant, et attentif aux autres. Je te parle au présent, tu n'as pas quitté la rue Bayard, je vois ta grande silhouette près de la régie, j'entends ta voix de ténor commenter de façon si malicieuse le dernier trait "inoubliable" de ces politiques dont tu es proche sans être dupe, je te vois à l'entrée de mon bureau, les lunettes sur le front, pour mieux lire le texto d'un ministre ou d'un ambassadeur.
Je t'embrasse, je pense très fort aux tiens, ton épouse et tes garçons."

Bernard POIRETTE, présentateur sur RTL :
"En toute amitié, je l'appelais "le Grand Toucan" ou "le Héron"; rapport à son physique et son style si particuliers... Ca l'a toujours fait rigoler.
C'était un excellent camarade - ce qui est aussi rare dans ce métier qu'un canard mandarin sur l'île de Ré.
Et c'était une sacrée fine gueule... Depuis deux ans, à intervalle régulier, nous échangions rue Bayard les produits rapportés à dos d'homme de nos provinces chéries : un pot de confiture de myrtilles des Hautes Alpes contre une tomme de brebis du Pays Basque.
Suprême honneur : l'été dernier, il me ramenait de St-Jean-de-Luz un formidable galurin anti pluie sur lequel je lorgnais depuis un moment. Pour celà aussi, merci Jean Marie.
A tout celà, ajoutez qu'on ne parlait jamais boulot et ça suffisait à notre bonheur."

Bernard LEHUT, du service culture de RTL :
"Jean-Marie, où as-tu la tête ces jours-ci ? Ta case courrier est pleine, l'ordre alphabétique l'a placée juste au-dessus de la mienne. Je me rassure en me disant que tu es parti sur les rives du Nil où ton aïeul fut l'un de nos grands savants. Il a toujours fait ta fierté, tu en as hérité la passion de l'Egypte ancienne. D'ailleurs tu n'as jamais manqué d'inviter Christian Jacq dans ton 60 minutes à l'époque où j'y jouais la doublure de Jean-Pierre. Qu'ils soient écrivains, comédiens, chanteurs ou hommes politiques, tes invités, tu les connaissais tous. Ta façon de les accueillir avec ta courtoisie très "Quai d'Orsay" mais jamais avec complaisance n'a cessé de m'épater.
Non, à la réflexion, trop loin les rives du Nil en cette saison ! Et si, tout simplement, tu arpentais de tes grands compas les rues du 7ème arrondissement, toi le piéton de Paris. La marche, c'est bon pour la santé... ou alors  prolonges-tu peut-être ton déjeuner chez Récamier. Nos rendez-vous professionnels nous font nous y croiser. La dernière fois, tu te souviens, Milan Kundera qui habite juste au-dessus était placé entre nos deux tables. Tu m'as lancé un clin d'œil discret et malicieux.
Où es-tu Jean-Marie? Tu n'es pas passé ces jours-ci après LVT pour demander les références du livre et le nom de l'attachée de presse (elles aussi, tu les connais toutes !). C'est embêtant, comprends-tu, parce que quand je te vois arriver, ça me rassure, tu es mon meilleur baromètre, auditeur et ami vigilants.
Bon, où que tu sois Jean-Marie, n'oublie pas en tout cas que ton courrier t'attend..."

Chloé TRIOMPHE, du service police-justice de RTL :
"Jean Marie,
plus de bises sur le front quand tu te penchais du haut de ta grande stature, plus de conversations amicales, c'est ta voix, ton amabilité et tout ce qui te rendait reconnaissable les yeux fermés qui manqueront à beaucoup d'entre nous. Mes pensées vont à ta famille que je ne connais pas mais qui a bien de la chance de t'avoir connu d'encore plus près que nous."

Philippe DE MARIA, correspondant RTL à Bordeaux :
"Je n'ai que trop rarement rencontré Jean-Marie Lefebvre, mais sa franche poignée de main et son "salut, camarade" étaient un encouragement pour tout visiteur de la rue Bayard. Mais surtout, sa voix résonne toujours dans mon oreille sans aucun effort de mémoire. Il y a de la magie là dedans..."

Florence COHEN, du service économique et social de RTL :
"Chou, tu me manques terriblement...
 Depuis hier, quand je suis à mon bureau à moins de deux mètres du tien, j'ai l'impression d'entendre ta voix grave et chaleureuse à côté de moi et de voir ta longue silhouette faire les cent pas dans mon dos, portable collé à l'oreille, pour caler un énième déjeuner...
Tu sais, quand on faisait les matinales du week-end ensemble, moi en duo avec Poirette, toi aux commandes de la tranche précédente, je savais qu'en venant te faire la bise à 4h du matin j'aurai droit à un sourire, une parole amicale et surtout une considération doucement ironique sur l'actualité, le monde, les gens...
"L'absence, la voilà...", chantait l'autre. La tienne me rend très triste, ta voix ne nous quitte pas et je t'embrasse très fort là où tu es."

Ludovic VANDEKERCKHOVE, du service des sports de RTL

"Jean-Marie,
Alors, comme ça plus de "Bonjour, camarade" prononcé par ta voix tout aussi chaleureuse que grave dans les couloirs ou l'escalier conduisant à nos bureaux respectifs ?
Non, plus de "Bonjour, camarade"...et pourtant je les entends encore...
Hier, quand la triste nouvelle a commencé à se répandre dans cette "deuxième maison" que tu rejoignais tôt le matin, en professionnel consciencieux que tu as toujours été, j'ai vu une rédaction dévastée... Les jeunes, les moins jeunes, les anciens de la rue Bayard comme les dernières recrues... 
Normal, tu étais un être délicieux Jean-Marie.
De toi, je garderai toujours une image : notre Jean-Marie en conférence de rédaction, chuchotant l'oreille collée à son portable et calant en 1 minute chrono un invité pour l'édition de la mi-journée. Car tu avais l'un des carnets d'adresses les plus impressionnants de la place de Paris. Tu chuchotais, mais nous t'entendions tous, une nouvelle fois bluffés par ta célérité. 
Malheureusement, tu es parti aussi vite qu'un coup de fil.
 Adieu camarade !"

Valentin SPITZ, reporter à RTL :
"Bernadette Chirac, Dominique de Villepin... Combien de samedi es-tu venu dans le bureau du Journal Inattendu nous donner ces petites infos si précieuses et ces anecdotes savoureuses sur ces politiques que tu connaissais si bien ? J'étais toujours impressionné par cette force que tu avais de leur parler d'égal à égal, et sans gêne, et par ta connaissance si fine de ce monde si complexe... Ta gentillesse et ton élégance me marqueront à jamais... Beaucoup d'émotions et de pensées pour tout ceux qui t'aiment, ta femme, tes enfants... Je t'attends début janvier pour le Journal Inattendu annuel de Bernadette."

Eric VAGNIER, du service économique et social de RTL :
"C'était en 2005 et 2006. Nous avions tous les deux de graves problèmes de santé. Je suis parti le premier à l' hôpital. Jean-Marie a toujours pris de mes nouvelles. Il s'est inquiété pour moi. Il a fait partie de ceux qui m'ont permis de garder un fil avec la vraie vie et la rédaction. Au bout de 8 mois, je suis revenu et c'est lui qui est parti à l' hôpital. Nous avons inversé nos rôles. Je l' ai rassuré. J'ai pris de ses nouvelles. Au bout de quelques mois, il est revenu parmi nous. Les échanges entre deux personnes qui ont traversé une période difficile sont toujours très riches. Jean-Marie n'était plus un collègue de travail. Il était devenu un ami et parfois un confident. Jean-Marie, je suis ému quand je me souviens de cette période qui nous avait rapproché. Je ne l'oublierai jamais."

Sophie DEROULEDE, Directrice de la Communication de RTL :
"Il est des êtres que l’on est toujours heureux de retrouver. Jean-Marie est de ceux là. Malgré tout son talent, ses succès, son prestigieux carnet d’adresse, Jean-Marie est resté un homme simple, toujours attentif aux autres, un honnête homme. C’est la toute première fois qu’il me fait de la peine. Nous ne nous retrouverons plus le dimanche soir sur les marches, battues par les courants d’air, du Grand Jury. Nous ne l’entendrons plus arriver du bout du couloir du 4ème. Pour autant, Jean-Marie n’est pas parti. J’entends encore sa voix singulière, je revois ses grands gestes, sa décontraction toujours élégante. Il est bien là, toujours présent."

Virginie GARIN, du service qualité de la vie de RTL :
"Augustin, Gaspard, j’ai perdu mon papa quelques jours avant vous. Comme le votre, il est parti soudainement. Je suis plus âgée que vous, mais je partage avec vous cette terrible douleur de ne plus pouvoir un jour serrer mon père dans mes bras.
J’aimais beaucoup votre papa, sa grande gentillesse, son amour de la vie et des bonnes choses. Un jour, nous avions déjeuné ensemble dans un restaurant italien près du boulevard Saint-Germain. Je me souviens de son plaisir devant tous ces mets. De ses yeux qui brillaient d’appétit et de malice. Peut-être vous souvenez-vous aussi de cette matinée où nous nous étions retrouvés avec lui dans la merveilleuse fromagerie Barthélémy ? Je devais interviewer Nicole, la patronne, sur la fabrication du Fontainebleau. Votre papa était impatient d'en connaître le secret. Elle ne nous l'a jamais donné complètement... mais il était venu avec vous, vous montrer tous ces fromages délicieux. J'ai vu ce jour-là combien il était fier de vous.
Augustin, Gaspard, je suis si triste pour vous. Mais un papa qui s’en va continue de vivre dans nos mémoires et continue de nous guider. Il sera là quand vous devrez faire des choix. Il va continuer à vous aider. Je vous embrasse fort, ainsi que votre maman."

Julien FAUTRAT, assistant pour RTL-Midi :
"9h06. Comment est-ce possible ? Les larmes qui montent et que l’on doit contenir en serrant les dents. Un silence qui dure, qui dure. On s’agite autour mais je n’entends toujours rien, plusieurs dizaines d’heures plus tard. Brouillard total.
Jean-Marie était le plus affable d’entre tous. De l’humour, de la gentillesse à revendre, tout le monde le sait et le dit. Mais aussi une démarche reconnaissable entre toutes, et, vraiment – et je t’en remercie plus que tout Jean-Marie – une capacité remarquable à accueillir les jeunes journalistes. Il avait toute la classe de celui qui sait traiter avec les plus puissants comme les plus petits. Ce n’est pas cela l’intelligence ?
C’est un bonheur immense de t’avoir rencontré. Tu laisses des tas de gens malheureux, c’est le seul défaut, à ce jour, que je te connaisse."

Magali FERRERO (Secrétaire du CE) et Bernard GICK (élu CE & DP) nous adressent le texte suivant :
"L’ensemble des élus du Comité d’Entreprise les Délégués du Personnel des Sociétés  RTL EDIRADIO & INFORMATION et DIFFUSION  et les Représentants Syndicaux veulent associer leurs sincères condoléances à la famille de Jean Marie LEFEBVRE disparu si tragiquement et si soudainement, Jean Marie était l’ami de tous et son sourire et sa voix nous manquent cruellement les élus et membres du CE s’associent également à la douleur de notre ancien Président Jacques RIGAUD qui vient de perdre son épouse Dominique dont le souvenir est vivace pour ceux qui ont eu la chance de vivre leur vie professionnelle sous son autorité"

Pascal PLOYART, trésorier du comité d'entreprise RTL :
"A RTL, je te croisais souvent le matin au service courrier, toujours élégant, toujours souriant, on s'échangeait quelques mots et je me souviens que nos conversations se finissaient par une blague. Tu vas beaucoup nous manquer. Le comité d'entreprise RTL, par ma voix, s'associe pour adresser toutes nos condoléances à la famille dans ce moment de peine."

Isabelle LANGE, service des sports RTL :
Jean-Marie,
Aujourd'hui je ne serai pas là pour te saluer une dernière fois. Depuis que nous avons appris la nouvelle, je n'imagine pas ne plus te voir vivre avec nous dans cette rédaction. Je me souviens surtout de cette rencontre sur le bord de mer de Saint Jean de Luz, j'étais encore pigiste pour RTL et pourtant quand nous nous sommes croisés, on s'est claqué la bise comme deux vieux copains et on a bavardé. J'ai souvent repensé à cette scène un peu surréaliste pour la jeune journaliste que j'étais à l'époque. C'était ton élégance Jean-Marie, cette façon un peu british d'être dans la vie, toujours un mot gentil avec ce phrasé qui te caractérisait, un compliment par ci, un encouragement par là... Au fait Jean Marie, sais tu aussi, que lorsque tu présentais le 18h avec Jean-Pierre Defrain, on vous avait baptisés "les to be 2"... C'était un belle époque... En tout cas, ceux que tu vas rejoindre dans ta "nouvelle rédac" ont bien de la chance...

Patrick TEJERO, correspondant à Toulouse :
"Jean-Marie était un oncle bienveillant.
Impressionnant de part sa personnalité, il savait d'un sourire vous faire sentir que, même modeste reporter, vous faisiez partie de la famille.
Enthousiaste, lui qui connaissait les secrets de ceux qui nous gouvernent, ils se passionnait sincèrement pour nos petites histoires de province.
Discret et sensible, quand par malheur l'actualité nous transformait de témoins en victimes, ses coups de fils étaient autant de précieux réconforts. Et quand à son tour il était dans l'angoisse, il fallait insister pour la partager avec lui.
Notre littoral aquitain était notre trop rare sujet de conversation.
Comment trouver la façon la plus élégante d'aborder un sujet sensible ?
Comment poser une question gênante et surtout obtenir la réponse, sans froisser l'interlocuteur ?
Désormais, à chaque fois que je serai pris par ce genre d'interrogation, 
je penserai à ta façon de faire, Jean-Marie et  tu me donneras la solution."

Jean-Marie Lefebvre
ARCHIVES INA :

En 1991, Jean-Marie LEFEBVRE
(La Cinq), Paul AMAR (FR3), Dominique BROMBERGER (TF1), et Georges BORTOLI (A2) s'entretenaient avec le président de la République François MITTERRAND.

retrouver ce média sur www.ina.fr

Lire la suite
Décès Presse
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7641934159
Jean-Marie Lefebvre : une grande voix de RTL s'est éteinte
Jean-Marie Lefebvre : une grande voix de RTL s'est éteinte
La grande famille de RTL est en deuil. Jean-Marie Lefebvre, l'un des piliers de la rédaction, s'est éteint mercredi soir à l'âge de 62 ans. Il avait présenté le journal de 18 heures pendant 10 ans. C'est une grande figure de notre métier et une voix d'exception qui s'éteint. En cette triste journée, RTL a une pensée particulière pour sa femme et ses deux enfants.
https://www.rtl.fr/actu/jean-marie-lefebvre-une-grande-voix-de-rtl-s-est-eteinte-7641934159
2010-12-10 07:19:00
https://cdn-media.rtl.fr/cache/nB42NMK3vn0VNt2oeeewZA/330v220-2/online/image/2010/1209/7641934877_jean-marie-lefebvre-avait-62-ans.JPG