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Jean-Marc Ayrault : "Les tribunaux correctionnels pour mineurs seront supprimés"

VIDEO - Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault était l'invité exceptionnel de la "Matinale" de RTL mercredi. Après avoir répondu aux questions de Jean-Michel Aphatie et d'Alain Duhamel, le chef du gouvernement était l'invité d'Yves Calvi et Jean-Michel Aphatie à 8h15 pour aborder les questions de société. Il a confirmé la suppression des tribunaux correctionnels pour mineurs. "On agira sur la prévention comme sur la répression, vous jugerez sur pièces", a-t-il déclaré.

Jean-Marc Ayrault sur RTL le 23 mai 2012
Jean-Marc Ayrault sur RTL le 23 mai 2012 Crédit : RTL
micro générique
La rédaction numérique de RTL
et Yves Calvi

Après une première intervention à 7h50 sur RTL, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault était l'invité d'Yves Calvi et Jean-Michel Aphatie à 8h10.

Jean-Michel Aphatie : Le ministre de l'Education Vincent Peillon, a dit hier ici même - ou il a redit plutôt - qu'à la rentrée 2013, la semaine d'école dans le primaire s'étalerait sur cinq jours. Sur le but, il a raison, ça se fera comme ça ?

Jean-Marc Ayrault : La question des rythmes scolaires, c'est une question qui est au cœur de la réforme de notre système éducatif, c'est-à-dire comment faire réussir les enfants dans les meilleures conditions possibles. Toutes les études l'ont montré. Il l'a dit hier, que 140 jours d'école, c'est peu dans l'année.

... Trop peu ?...

Donc, il faut étaler, il faut organiser autrement. Donc, la concertation est lancée, je prendrai mes responsabilités lorsque cette concertation sera conclue.

Mais le but, c'est cinq jours. Ce sont les modalités qui sont dans la concertation ? Vous ne nous dîtes pas que le but, c'est cinq jours.

Le but c'est de revoir les rythmes scolaires. Donc ça peut toucher aussi aux vacances, aux grandes vacances, donc tout cela sera mis en débat.

Dans votre esprit, cinq jours, ça n'est pas définitif ?

Ce n'est pas définitif tant que ça n'est pas décidé officiellement.

Donc, le ministre de l'Education va trop vite ?

Au cœur de la réforme, on tranchera la question des rythmes scolaires avec les parents d'élèves, avec les enseignants, avec tous les professionnels concernés. Il y a aussi les collectivités territoriales, qu'il ne faut pas oublier.

Le ministre de l'Education va trop vite ?

Mais, franchement Jean-Michel Apathie, il y a une méthode. Et moi, je suis le garant de la cohérence de la politique du gouvernement, je suis garant de la méthode. La méthode commence par rappeler nos priorités, ce que nous avons dit pendant la campagne présidentielle. Et c'est ce qu'a fait Vincent Peillon. Après, il y a la méthode : concertation, négociation lorsque c'est nécessaire. Donc cette méthode elle vaut pour tous les ministres, nous la respecterons, je suis le garant à la fois de la cohérence de la politique, et le garant de la méthode.

Yves Calvi : Et donc, la méthode, c'est de ne pas aller trop vite.  Allez-vous abroger, la suspension des allocations familiales, pour absentéisme à l'école ? On a appris hier que seulement 472 foyers avaient été sanctionnés depuis le début de l'année ?

Ce qui compte c'est d'aider à l'exercice de la responsabilité parentale. Il y a beaucoup de travail à faire. On a ironisé beaucoup sur le ministère délégué de George Pau-Langevin auprès du ministre de l'Education nationale, la "réussite éducative". La réussite éducative, c'est à la fois la réussite scolaire, c'est tout le temps du périscolaire qui se fait aussi avec les collectivités locales, les mouvements d'éducation populaire, les associations, et c'est aussi la responsabilité parentale. Et donc, ce travail, il faut le reprendre, c'est un chantier.

On ne règlera pas ces questions de responsabilité parentale, de parents qui ne font pas toujours face à leurs obligations, uniquement par l'injonction ou par la mesure, j'allais dire, répressive, même si elle est nécessaire parfois. Donc, nous n'excluons rien, mais ce que nous voulons, c'est mettre tout ça en chantier, avec un objectif : et là je reviens à la question éducative : quand vous voyez que 150.000 jeunes sortent chaque année du système scolaire, sans rien, sans qualification, sans diplôme, sans perspective personnelle et professionnelle, et bien un défi de la Nation toute entière.

Vous n'avez pas répondu à la question d'Yves !

Mais si, j'ai dit qu'on allait évaluer.

Vous évaluez, vous n'abrogez pas...

Vous avez dit vous-même que l'efficacité était faible. Donc, si l'efficacité est faible, et si ça ne correspond pas à l'objectif qui a été affiché, on trouvera d'autres mesures. Mais...

... Mais vous n'abrogez pas, a priori ?

On est dans l'évaluation a priori. Ce qui compte, c'est que l'objectif qui est le nôtre, soit atteint.

Alors, Jean-Marc Ayrault, passons de l'Education à la Justice. Christiane Taubira a annoncé dimanche la suppression des tribunaux correctionnels pour mineurs. Etes-vous d'accord avec votre Garde des Sceaux ?

Le Président de la République, dans sa campagne a annoncé qu'il voulait revenir au principe d'une juridiction spécialisée pour les mineurs, tel que c'est prévu par l'ordonnance de 1945 et qui est issu des travaux du Conseil national de la Résistance, et de l'Assemblée d'Alger, à l'époque où le Général de Gaulle a ensuite présidé le gouvernement provisoire de la République. Donc, ce sont des principes très importants. Maintenant, tout ça doit être mis en concertation, là encore. Avant de trouver la bonne réponse, j'allais dire, d'ordre juridique.

Par contre, ce qui est sûr, et monsieur Calvi vous me connaissez, vous m'avez déjà interrogé là-dessus : aucun laxisme de ma part sur les questions de sécurité, sur les questions de délinquance. Et je suis jusqu'à présent, encore maire jusqu'à présent encore maire pour quelques jours, et je connais ces questions, et je sais que si on n'agit pas dès le départ sur le premier acte de délinquance d'un jeune mineur, qui n'est pas forcément grave, alors, il y a un risque pour certains jeunes d'escalade, et il y a des situations malheureusement où ces jeunes sont entrés dans un cadre, je dirai de délinquance parfois extrêmement violente. Ils ne sont peut-être pas nombreux, mais ça existe. Donc, il n'y aura aucun laxisme de notre part, et toute peine...

Quel avenir pour ces tribunaux correctionnels, ils sont maintenus ou ils vont être supprimés ?

Juridiction spécialisée pour les mineurs.

Donc, ils vont être supprimés ?

C'est l'engagement qui a été pris, tout ça en concertation pour trouver la bonne réponse d'ordre juridique.

Est-ce qu'on peut dire simplement, Jean-Marc Ayrault, ces tribunaux correctionnels pour mineurs vont être supprimés.

Ils seront supprimés après une concertation pour revenir à une juridiction spécialisée, mais en même temps, je tiens à vous dire une chose, François Hollande l'avait dit dans son discours du Bourget, "la justice les rattrapera". On ne peut pas laisser dans la nature des gens qui sont si dangereux et violents. Ils ne sont peut-être pas nombreux, mais ça existe. C'est pour ça que François Hollande, s'est engagé à doubler le nombre de centres éducatifs fermés.

Je connais des situations, parce qu'on pourrait croire que la justice est laxiste. Elle ne l'est pas et elle ne le sera pas avec nous. Vous savez il y a des mineurs qui sont dans des centres éducatifs fermés, il y a des mineurs qui sont dans des centres ouverts, il y a des mineurs qui sont dans des centres de détention pour mineurs, mais c'est en amont qu'il faut aussi agir. Il faut agir à la fois sur la prévention, mais aussi la répression. Croyez bien, vous jugerez sur pièces ce gouvernement sera ferme, respectueux de la loi et des personnes, mais sera ferme.

Jean-Marc Ayrault sur RTL le 23 mai 2012 (F.BUKAJLO Abacapress / RTL)
Jean-Marc Ayrault sur RTL le 23 mai 2012

Monsieur le Premier linistre, le gouvernement lèvera-t-il le secret défense dans l'affaire Karachi ?

C'est l'engagement que nous avons pris. Et je pense que les victimes, et les familles des victimes ont droit à la vérité.

Allez-vous remplacer, c'est une question qui se pose, le directeur général de la police nationale, Frédéric Pechenard, et le directeur de la DCRI, Bernard Squarcini ?

Concernant les nominations, je vais être très clair, en général il faut que la politique que le Président de la République a proposé aux Français, le 6 mai qui a été approuvée par une majorité des Français, puisse être mise en œuvre. Donc, il ne s'agit pas de faire des règlements de comptes, de personnes, chasse aux sorcières, ça n'est pas notre conception de l'Etat républicain.

Par contre, il y a quelques postes stratégiques, où les personnes qui sont nommées doivent être en cohérence parfaite avec les orientations politiques qui sont celles du Président de la République, et du gouvernement que je dirige. Donc, il y aura quelques nominations...

... Ces deux responsables-là, dont le sort est souvent évoqué ?

Ça c'est la cohérence. Il y a cohérence en matière économique, cohérence en matière sociale, et cohérence en matière de police et de justice.

Donc, ils seront remplacés ?
 

Ils seront remplacés, ça n'a pas toujours été dit, mais ça n'est pas dans le sens de la chasse aux sorcières. Moi, je veux vous dire, je vais écrire à tous les fonctionnaires de la République, pour leur dire que je leur fais confiance au nom du gouvernement, et que je les respecte, et que j'ai avec tous les membres du gouvernement, besoin d'eux pour réussir le redressement de la France. Ils ont souvent été méprisés, la RGPP, la fameuse méthode qui consiste à couper brutalement dans les effectifs des secteurs prioritaires, va être stoppée pour être remplacée par une autre méthode. Les objectifs, les missions, avec les fonctionnaires.

D'ailleurs, les organisations syndicales de fonctionnaires, vont être reçues par Marylise Lebranchu. Nous avons une bonne fonction publique, c'est pour ça que les cabinets ont été réduits. 15 pour les ministres pleins, 10 pour les ministres délégués, pour s'appuyer sur la fonction publique et la fonction publique de terrain.

Nomination toujours : l'ancien secrétaire général de l'Elysée, Xavier Musca, sera-t-il nommé à la tête des Dépôts et Consignations ?

Je pense qu'il est bon, là aussi, cohérence de nommer à la Caisse des Dépôts, vous savez qu'on va aussi préparer la création d'une banque publique d'investissements, d'avoir quelqu'un dans la cohérence de la politique du Président de la République. Mais Xavier Musca, qui est une personnalité parfaitement respectable, lui sera proposé, comme à d'autres personnalités très importantes qui ont servi le gouvernement précédent dans un esprit républicain, il n'y a aucune raison de ne pas leur faire confiance pour d'autres fonctions.

Mais pas à la tête de la Caisse des Dépôts ?...

Non, je vous ai répondu.

J'avais compris. Allez-vous décréter l'état d'urgence dans les régions touchées par les pluies diluviennes ?

Le ministre de l'Intérieur s'est rendu sur place, doit faire une proposition au Conseil des ministres pour aider ces territoires qui sont particulièrement sinistrés.

Mais vous y êtes favorable ?

Je suis favorable à ce qui va permettre à ces régions de sortir de la crise dans laquelle elles se trouvent. Donc, toutes les mesures qui peuvent exister au niveau de l'Etat doivent être mises en œuvre, c'est une question de solidarité nationale.

C'est vrai que vous trouvez que certains de vos ministres sont trop bavards, Jean-Marc Ayrault ?

Ecoutez, moi vous me connaissez, monsieur Apathie, je n'ai pas l'habitude de parler pour parler. Donc la règle...

... On dit même que vous êtes un taiseux.

J'ai fixé une règle, parler pour consulter, parler, pour dialoguer, parler pour expliquer, parler pour mobiliser pour réussir avec les Français, tous les acteurs de la société, le redressement de la France dans la justice. Vous voyez, il y a déjà de quoi faire.

Et donc, certains ministres, vous leur dites : "Parlez au bon moment, et pas tout le temps"...

Je pense qu'ils ont parfaitement compris le message que je leur ai adressé, mais ils sont déjà au travail, c'est ça qui me rassure pleinement.  Ils sont déjà au travail, beaucoup n'ont jamais été ministre, la majorité d'entre eux, mais ils ont un sens du dévouement, l'envie de réussir, c'est ça qui doit rassurer les Français, être au service de la France et c'est pour ça que je le redis encore pour cette émission, il faut au Président de la République, une large majorité parlementaire pour réussir.

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