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Jean-François Copé : "Non, la gauche et la droite, ce n'est pas pareil !"

VIDEO - Le secrétaire général de l'UMP répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie mercredi matin.

jean-François Copé
jean-François Copé Crédit : RTL
Jean-Michel Aphatie
Jean-Michel Aphatie
Journaliste RTL

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Jean-François Copé.

Jean-François Copé : Bonjour, Jean-Michel Aphatie.
 
Le second tour des élections législatives se déroulera dimanche dans la 11ème circonscription du Pas-de-Calais. La présidente du Front National, Marine Le Pen, affrontera le Socialiste Philippe Kemel. Quelle attitude conseillez-vous aux électeurs de l'UMP dans cette circonscription, Jean François Copé ?

Ah dans cette circonscription  comme dans n'importe quelle autre circonscription dans laquelle il y a un duel entre le Front National et un candidat de Gauche ...

Le Parti Socialiste.

Eh bien que ce soit du Parti Socialiste ou de l'Extrême Gauche ...

En l'occurence, c'est le Parti Socialiste.

Oui mais je vous dis dans tous les cas de figure ... donc, que ce soit ...

Oui, mais là en l'occurence, c'est le Parti Socialiste.


Mais je vous réponds : que ce soit un candidat socialiste ou un candidat du Front de Gauche, donc d'Extrême Gauche, soutenu par le Parti Socialiste, dans tous les cas de figure, notre position, elle est constante, elle est de dire : que l'on ne vote ni pour l'un ni pour l'autre pour une raison simple, c'est que de manière générale, nous n'avons rien à faire dans une élection dans laquelle nous ne sommes pas concernés.

Que Marine Le Pen soit élue députée ou pas, ça vous est égal ?

Eh bien, ce n'est pas que ça m'est égal, c'est que ...

Si.

Non, je veux dire que dans tous les cas de figure, je considère que nous, notre position à l'UMP, n'est pas celle d'une alliance avec les Extrêmes. C'est un choix que nous avons fait, que le Parti Socialiste, lui, n'a pas fait puisque le Parti Socialiste a fait le choix de s'allier avec l'Extrême Gauche de Jean Luc Mélenchon. Nous, nous n'avons pas fait le choix de nous allier avec l'Extrême Droite. A partir de là, les choses ..

Si Marine Le Pen  devient députée, ce sera tout de même une forme de symbole : la présidente du Front National qui rentre à l'assemblée nationale, et cela a l'air de vous être indifférent ?

Je vous rappelle que ...

Non, non, enfin, vous savez mieux que moi ce que je pense ; donc, je n'ai même pas besoin de vous répondre. Je vous rappelle juste que ...

Si, si, vous voulez dire quoi ?

J'allais vous le dire. J'allais vous le dire que ce n'est pas la première fois que ça arrive puisque grâce à François Mitterrand, il y a un peu plus de vingt ans, et son scrutin proportionnel, il a veillé personnellement à ce que, je me souviens qu'à l'époque, ça avait choqué beaucoup de responsables politiques du RPR et de l'UDF de l'époque.

En 1986.

François Mitterrand avait veillé, en 1986, à ce que Jean Marie Le Pen et un certain nombre de ses amis du Front National soient élus ; c'était donc cette vieille alliance objective entre François Mitterrand et le Front National.

Ca vous avait choqué, il y a 25 ans, et aujourd'hui, ça vous laisse beaucoup plus indifférent ?

Mais non, ne dites pas cela ! Je dis simplement que je n'en suis pas à l'origine.

Ah, je n'ai pas dit que vous en étiez à l'origine.

D'accord. Donc, à partir de là, les choses sont simples. Je ne peux pas être plus clair qu'en vous disant pour ce qui me concerne, que n'appelant pas à voter pour aucun des Extrêmes, ni de Droite, ni de Gauche, la question ce n'est pas à moi qu'il faut la poser. Voilà. C'est à d'autres.

Pour ce qui me concerne, comme en ce qui concerne l'ensemble de mes amis de l'UMP, les choses sont claires : l'histoire de notre famille politique, l'UMP, l'engagement de notre famille politique, c'est de convaincre l'ensemble des Français de ne pas mettre tous leurs oeufs dans le même panier, de mesurer qu'il y a un véritable danger à voir la Gauche, dimanche prochain, mettre en oeuvre finalement tout ce qu'elle est en train de préparer.

C'est quoi ? Après le plan des cadeaux électoraux, ce sera le plan B des augmentations d'impôts.

D'accord.

Après les avertissements multiples, ce sera un recul en matière de sécurité. Donc, attention : la Gauche et la Droite, ce n'est pas pas pareil.

Pas tous les oeufs dans le même panier. Ca, c'est votre message. Vous l'avez dit, hier soir ; vous le répétez ce matin sur RTL ; et il est entendu par les auditeurs de RTL.

Oui, je l'ai dit ...

Dans le journal "Le Télégramme Aujourd'hui", Marine Le Pen déclare "Le mur anti-Front National a implosé, ne serait-ce   -dit-elle-  qu'avec la consigne donnée par l'UMP, la consigne du ni-ni, qui a enterré ce qu'ils appelaient le Front Républicain". Elle a raison ? Le Mur anti-Front National a explosé ?

Non, enfin ce n'est pas du tout ma lecture du problème, du sujet. J'ai simplement avec mes amis beaucoup réfléchi à cette situation et considéré que l'UMP dont quelque part la singularité d'avoir toujours refusé l'alliance avec les Extrêmes, avait été très, très gentille pendant ces dix ou quinze dernières années de ne pas mettre dans le débat public ; ce qui m'apparaît tout à fait scandaleux, c'est que le Parti Socialiste qui donne des leçons de morale à tout le monde, n'a pas les mêmes scrupules lorsqu'il s'agit pour gagner à tout prix, de s'allier avc l'Extrême Gauche de Jean Luc Mélenchon.

Et je dis ici que le Front de Gauche n'a rien à envier au Front     National quand on voit les propos qui sont tenus par Jean Luc Mélenchon qui sont des propos haineux, agressifs et qui parfois, cautionnent des idées qui ne sont pas les nôtres. Je pense, par exemple, à l'antisionisme, à l'antisémitisme.

Donc ça, on voit bien pour le Front de Gauche, vous le dites. Qu'est-ce qui vous sépare, aujourd'hui, précisément du Front National ?

Mais tout simplement ce que je dis comme un certain nombre de mes amis : nous ne nous allions pas avec des partis extrêmistes.
Bon.

Est-ce que vous pouvez préciser ou concrétiser ce qui vous sépare avec le Front National ?

Ah écoutez, il y a un certain nombre de sujets qui nous séparent aussi bien du Front National que du Front de Gauche d'ailleurs.

Ma question : c'est le Front National ?

Oui, mais je vous réponds comme je le souhaite, si vous le voulez bien.

Il y a beaucoup de sujets qui me séparent du Front de Gauche comme du Front National ; par exemple, le fait que l'un et l'autre ont une vision de l'Europe qui est extrêmement négative et restrictive à un moment où il va de l'intérêt vital des Français que nous construisions une Europe positive et vigilante. Bon. Ce n'est donc pas tout à fait la même chose.

Ca m'amène à dire, d'ailleurs, puisque nous, on s'adresse à tous les Français et en particulier à ceux qui ont voté Front National, en disant : Attention, la Gauche et la Droite, ce n'est pas pareil.

Quand j'entends certains responsables du Front National ou certains électeurs d'ailleurs, dire : mais de toute façon, on ne veut pas voter pour l'UMP parce que l'UMP et le PS est pareil. Non.  Regardez, comment le PS aujourd'hui explique très clairement qu'on va supprimer les tribunaux correctionnels pour Mineurs, qu'on veut dépénaliser le cannabis, que  -aujourd'hui encore- on veut supprimer les jurés populaires qui sont un grand succès en termes d'efficacité de la Justice. Je vois quoi derrière tout cela ?  L'inverse de ce que veulent beaucoup d'électeurs du Front National.


L'ancien ministre des transports, Thierry Mariani, membre de l'UMP, dit ceci dans Le Parisien :
"Nous avons davantage de sujets de préoccupations en commun avec le Front National qu'avec les Socialistes sur la Sécurité, l'Immigration, l'Identité nationale. Ce qui nous sépare, c'est l'économie".

Il a raison ?

Enfin, écoutez moi je suis plus catégorique que ça au sens où moi je considère que de manière générale, nous n'avons absolument rien à faire avec des partis Extrêmes, que ce soit d'Extrême Gauche ou d'Extrême Droite.

Mais vous mélangez toujours les deux ! Vous ne parlez jamais du Front National spécifiquement. C'est un embarras ?

Mais non, c'est simplement parce que je n'ai pas envie  simplement, de rentrer simplement dans la leçon de morale que vous voulez me donner qui viendrait expliquer ...

J'essaie d'éclaircir votre position parce que ...

Oui, vous l'éclaircissez avec un parti pris qui est sympathique ...

Elle est particulière.

...et qui a l'avantage de ne pas être très original par rapport à un certain nombre d'autres de vos confrères. Mais je n'ai pas de compte à vous rendre sur autre chose que ce que je pense, si vous le permettez.

D'accord.

Donc, je vous le dis très calmement et très gentiment.

Nous avons comme marque de fabrique et je le dis simplement, des différences avec tous les Extrêmes et c'est la raison pour laquelle je dis que sur ces sujets-là, les électeurs du Front National, ils ont des inquiètudes, parfaitement respectables.

Vous savez, je suis maire de Meaux, je peux témoigner tous les jours de ce que ça veut dire pour beaucoup de mes concitoyens d'avoir peur de la violence au quotidien, d'avoir peur de perdre leur emploi dans cette période de crise ; et ce que je regrette profondément, c'est que tout cela soit balayé d'un revers de main alors que les gens qui l'expriment, ils ont raison de le dire ; et notre rôle c'est de leur montrer que nous avons, nous, à l'UMP des réponses ; ce qui n'est pas le cas ni du Front National, ni d'ailleurs de la Gauche.


Succinctement, pensez-vous le tweet de Valérie Trierweiler va vous apporter des voix, dimanche prochain ?

Ah écoutez, je suis très mal à l'aise avec cette histoire bien futile  ... Je pense très souvent depuis le début de cette  ...

Non, est-ce que ça va vous apporter des voix ? C'est ça ma question.

Eh bien, écoutez, ma réponse, c'est que je suis mal à l'aise pour le commenter.

Je trouve tout cela très futile alors même que les Français doivent regarder tout ça avec effarement car pendant ce temps-là, il y a une crise majeure en Europe et qu'on parle de tout sauf ça alors qu'on est à quatre jours d'une élection législative qui va dessiner l'avenir de la France pour les cinq prochaines années.

Autant vous dire que tout cela me paraît sacrément décalé avec la réalité du monde que nous vivons.

Jean François Copé, Secrétaire Général de l'UMP, était l'invité de RTL ce matin. Bonne journée.

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2012-06-13 08:01:00
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