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Israël : la tension monte entre laïcs et ultra-orthodoxes

La tension monte entre laïcs et ultra-orthodoxes en Israël. Des dizaines de militants contre la ségrégation hommes-femmes sont montés dimanche à bord d'autobus desservant des quartiers ultra-orthodoxes de Jérusalem pour dénoncer la règle tacite qui contraint les femmes à s'assoir à l'arrière sur ces lignes. Cette action, qui s'est déroulée sans incident, survient alors que les discriminations à l'égard des femmes imposées par une frange radicale de Juifs ultra-orthodoxes ont suscité une vive émotion en Israël à la suite d'une série d'incidents qui ont contraint les dirigeants politiques à réagir.

Contre la ségrégation hommes-femmes

Les manifestants, des jeunes pour la plupart, sont montés dans les bus à l'entrée de Jérusalem, près de la gare centrale d'autobus, située à proximité de quartiers religieux, selon le photographe de l'AFP.

Ils sont montés dans les véhicules par groupe de dix, les femmes prenant place à l'avant des autobus, sans provoquer de réaction des Haredim (littéralement les "Craignant Dieu") à bord, a-t-il précisé.

La manifestation était organisée à l'appel d'organisations juives du courant réformiste, traditionnel défenseur de l'égalité hommes-femmes, et d'organisations qui font campagne depuis des années contre la ségrégation hommes-femmes dans les transports publics fréquentés par les ultra-orthodoxes.

Samedi soir, les plus radicaux d'entre eux avaient provoqué un tollé en Israël en utilisant l'étoile jaune lors d'une manifestation à Jérusalem.

Plusieurs centaines de Juifs ultra-orthodoxes, certains portant le symbole de l'oppression des Juifs par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale, avaient manifesté dans leur bastion de Méa Shearim à Jérusalem contre l'"oppression du public laïc et des médias" qui, selon eux, leur sont hostiles.

"Grossière provocation"

"C'est bouleversant et terrifiant (...) La direction des Juifs orthodoxes, qui se montre globalement responsable, doit éradiquer ce phénomène intolérable", a estimé le ministre de la Défense Ehud Barak, dans des propos cités par la radio publique.

"Je condamne de la façon la plus vive ce phénomène d'utilisation des symboles de la Shoah. C'est inadmissible. Cela porte atteinte au souvenir de la Shoah et aux valeurs fondamentales du judaïsme", a de son côté déclaré à la radio Avner Shalev, directeur du Mémorial Yad Vashem voué à l'étude et au souvenir du génocide perpétré par les nazis.

Tous les quotidiens israéliens ont consacré dimanche leur Une à des photos montrant ces manifestants, dont des enfants, portant l'étoile jaune sur la tenue rayée des déportés des camps d'extermination nazis.

"Nous devons réagir à cette grossière provocation en perçant les murailles du ghetto qui enferment les Haredim par l'éducation et la formation", a écrit Nahoum Barnéa, éditorialiste vedette du Yédiot Aharonot, principal quotidien du pays.

"Mais, nous devons aussi fixer les limites en réduisant les subventions publiques aux instituts talmudiques et les allocations familiales", a-t-il poursuivi, faisant allusion aux familles nombreuses des Juifs orthodoxes qui souvent ne travaillent pas pour se consacrer à l'étude de la Torah.

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