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"Virginia Raggi, la victoire du populisme à l'italienne", décrypte Alba Ventura

REPLAY - ÉDITO - Les victoires du Mouvement cinq étoiles et de ses quasi-inconnus sont un nouveau coup de tonnerre dans la vie politique italienne. L'explication est simple : l'envie de changement est plus forte que tout.

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"Virginia Raggi, la victoire du populisme à l'italienne", décrypte Alba Ventura Crédit Image : SIPA | Crédit Média : RTL.fr | Date :
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Alba Ventura et Loïc Farge

Coup de tonnerre en Italie. Le Mouvement cinq étoiles (M5S) a porté Virginia Raggi, une jeune avocate de 37 ans, à la tête de la mairie de Rome. Qu'est-ce qui a payé ? La nouveauté, l'envie d'essayer autre chose, de renouveler la classe politique. Il s'est passé la même chose à Turin où, là aussi, le mouvement de Beppe Grillo l'a emporté en propulsant Chiara Appendino, une chef d'entreprise de 31 ans.

Cela dit pour Virginia Raggi le plus dur commence. C'est quand même une offre politique qui n'est pas très construite, pas très structurée, qui repose sur un programme assez léger. Faire campagne en s'affichant comme un parti anti-système, un parti alternatif, c'est facile. Mais relever le défi de faire baisser la dette de Rome, qui s'élève à 13 milliards d'euros, c'est une autre histoire.
On a vu en Espagne les succès de Podemos. Aujourd'hui en Italie on assiste à des victoires de M5S. Ce sont deux pays qui ont été gravement touchés par la crise. C'est un des éléments qui a permis à ces mouvements d'exploser. Par ailleurs dans ces deux pays, le système politique, notamment le financement, est moins verrouillé que chez nous, ce qui fait que c'est plus ouvert. Cela permet l'émergence de nouveaux visages.
Mais cela exprime le rejet des partis traditionnels, le rejet du personnel politique classique. On cherche de nouveaux comportements, de nouvelles solutions, et tant pis parfois pour l'expérience. Pour les Romains, il était plus important d'avoir quelqu'un d'honnête que d'expérimenté. En raison du scandale "Mafia capitale" qui a mêlé des élus à des mafieux. En Espagne aussi les affaires de corruption ont joué à plein dans l'ascension de Podemos.

Pour les Romains, il était plus important d'avoir quelqu'un d'honnête que d'expérimenté

Alba Ventura
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Dans les deux cas, il y a eu des personnalités de la société civile qui ont décidé de se saisir de la politique. Elles se sont dit : "Ce n'est plus possible de continuer comme ça, nous allons nous en emparer".

Pourquoi cela ne prend-il pas chez nous ? Parce qu'en France on est assez conservateur, on reste dans le cadre des partis. Il y a pourtant un mouvement de la société civile qui s'appelle "La Transition". Il ne se veut ni de droite ni de gauche, pas plus que FN. Il refuse qu'un choix lui soit imposé à la présidentielle. Mais c'est vrai qu'il a du mal à sortir du bois. Il n'a toujours pas de candidat, et les médias ne relaient pas toujours leurs actions. En France, ceux qui apparaissent comme les plus anti-système, c'est le FN. Mais ça reste un parti.

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Ce qui est paradoxal chez nous, c'est que l'on est assez critique, on est contestataire, mais de là à mettre les mains dans le cambouis. En réalité en France, on est plus consommateurs de politique qu'acteurs de la politique.

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