2 min de lecture Pays-Bas

Un ministre turc interdit aux Pays-Bas : Erdogan évoque un "vestige du nazisme"

Le gouvernement néerlandais a décidé d'interdire l'atterrissage du vol du ministre turc des Affaires étrangères ce samedi 11 mars aux Pays-Bas en vue d'un meeting sur le renforcement des pouvoirs présidentiels turcs.

Le ministre des Affaires étrangères turc, Mevlut Cavusoglu.
Le ministre des Affaires étrangères turc, Mevlut Cavusoglu. Crédit : CHRISTOF STACHE / AFP
Clémence Bauduin
Clémence Bauduin
et AFP

Le gouvernement néerlandais a décidé d'interdire l'atterrissage du vol du ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu, qui avait prévu de se rendre samedi 11 mars aux Pays-Bas en vue d'un meeting sur le renforcement des pouvoirs présidentiels turcs. Alors que des discussions étaient en cours entre La Haye et Ankara, "les autorités turques ont menacé publiquement de sanctions", a déclaré le gouvernement néerlandais dans un communiqué. "Cela rend impossible la recherche d'une solution raisonnable (...) c'est pourquoi les Pays-Bas ont fait savoir qu'ils retiraient les droits d'atterrissage" de l'appareil du ministre turc, a-t-il ajouté. 

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a menacé de riposter à l'interdiction par les Pays-Bas de la visite du ministre turc des Affaires étrangères, évoquant un relent de nazisme dans l'attitude de La Haye. "Ce sont les vestiges du nazisme, ce sont des fascistes", a-t-il déclaré lors d'un rassemblement à Istanbul. "Vous pouvez interdire à notre ministre des Affaires étrangères de voler, mais à partir de maintenant voyons comment vos vols vont atterrir en Turquie".

Un rassemblement au cœur du conflit

Le ministre Cavusoglu "est toujours à Istanbul", selon le ministère turc des Affaires étrangères. Le ministre avait mis en garde ce 11 mars contre de "lourdes sanctions" si les autorités néerlandaises interdisaient sa visite. Le maire de Rotterdam, Ahmed Aboutaleb, avait annoncé mercredi 8 mars que ce rassemblement était annulé, indiquant que le gérant de la salle où devait avoir lieu l'événement n'était plus disponible. Jeudi 9 mars, le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Bert Koenders, avait fait savoir l'opposition de son gouvernement à la venue de son homologue turc.

Les Pays-Bas avaient ensuite entamé des discussions avec Ankara afin de trouver "une solution acceptable". "Il y avait une concertation en cours pour voir si les autorités turques pouvaient déplacer le rassemblement et lui donner un caractère privé, à petite échelle dans le consulat turc ou l'ambassade", a précisé La Haye dans un communiqué. Mais pour les autorités néerlandaises, "après un appel public aux Néerlando-Turcs à participer massivement à une manifestation publique avec le ministre Cavusoglu à Rotterdam le samedi 11 mars, l'ordre public et la sécurité sont compromis".

À lire aussi
5 - Amsterdam pollution
Pays-Bas : la vitesse limitée à 100 km/h sur l'autoroute

"Les Pays-Bas regrettent le déroulement des faits et restent partisans d'une concertation avec la Turquie", a précisé le gouvernement néerlandais. Les Pays-Bas comptent près de 400.000 personnes d'origine turque, d'après l'Office néerlandais des Statistiques (CBS). "Le gouvernement néerlandais n'a aucune objection contre les rassemblements dans notre pays pour les informer" au sujet du référendum turc, a-t-il précisé dans le communiqué. "Mais ces rassemblements ne peuvent pas entraîner de tensions dans notre société et chacun qui veut organiser un rassemblement offre de s'en tenir aux indications des autorités compétentes afin que l'ordre public et la sécurité puissent être garantis." "Il faut constater que le gouvernement turc ne veut pas respecter ces règles", a-t-il conclu.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Pays-Bas Turquie Ministre
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants