2 min de lecture Russie

Le crash du vol MH17 ne changera pas la stratégie de Poutine en Ukraine

ÉCLAIRAGE - Accusé par les États-Unis d'être responsable du crash de l'avion de Malaysia Airlines, Vladimir Poutine est menacé de nouvelles sanctions internationales. Mais pas de quoi infléchir le président russe, selon Philippe Migault, chercheur à l'IRIS.

Vladimir Poutine le 17 juillet 2014
Vladimir Poutine le 17 juillet 2014 Crédit : ALEXEI NIKOLSKY / RIA-NOVOSTI / AFP
MarionDautryLouiseThéa
Marion Dautry
Journaliste RTL

La pression occidentale s'accentue sur Vladimir Poutine. Les États-Unis accusent la Russie d'avoir fourni aux rebelles séparatistes le missile qui aurait abattu l'avion de Malaysia Airlines en Ukraine, le 17 juillet dernier. Mais "Vladimir Poutine est habitué aux situations inconfortables", relativise Philippe Migault, chercheur à l'Iris.

"Toute diplomatie suit des objectifs de longs termes", explique le chercheur, qui estime que la politique du président russe vis-à-vis de l'Ukraine ne peut pas être remise en cause par le crash, "aussi tragique soit-il". Pourtant, explique Jacques Rupnik à La Croix, "Vladimir Poutine est dans une position très difficile, car l’attaque de cet avion représente un échec de sa stratégie de déstabilisation en sous-main" tout en se présentant comme "un interlocuteur valable".

"Je pense que sa stratégie n'a pas changé, contredit Philippe Migault. "Il demande toujours un cessez-le-feu et des négociations internationales en Ukraine". Le président russe veut obtenir la non-entrée de l'Ukraine dans l'OTAN, le départ de plusieurs responsables ukrainiens liés à l'extrême-droite et la protection de son marché économique avec l'Ukraine, menacé par l'accord d'association ratifié avec l'Union européenne.

À lire aussi
Un vaisseau arrimé à la Station spatiale internationale (illustration) Propulsé
VIDÉO - ISS : deux Russes sortent dans l'espace pour inspecter un trou

L'Occident bloqué sur les sanctions

Les pressions des États-Unis et de l'Union européenne ne sont pas de nature à véritablement inquiéter le président russe. "Il y aura sans doute des sanctions supplémentaires, mais légères et ciblées", estime Philippe Migault, pour qui l'Occident n'a pas les moyens d'accentuer la pression sur la Russie.

"Les États-Unis viennent de renouveler leur contrat d'approvisionnement de titane avec une entreprise russe qui fournit Boeing", rappelle le chercheur. De même, Paris et Londres se disputent sur les mesures à adopter. La City s'inquiète de sanctions financières contre les oligarques russes, qui approvisionnent largement la bourse londonienne. En France, le contrat d'1,2 milliard de dollars pour la construction de deux navires Mistral met Paris dans une situation délicate, car rompre le contrat coûterait extrêmement cher.

Pour Philippe Migault, il s'agit d'un "jeu de poker menteur" qui ne changera rien : "Vladimir Poutine est conscient qu'il a besoin de l'Europe, mais aussi que l'Europe a besoin de lui".

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Russie Vladimir Poutine Ukraine
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7773348058
Le crash du vol MH17 ne changera pas la stratégie de Poutine en Ukraine
Le crash du vol MH17 ne changera pas la stratégie de Poutine en Ukraine
ÉCLAIRAGE - Accusé par les États-Unis d'être responsable du crash de l'avion de Malaysia Airlines, Vladimir Poutine est menacé de nouvelles sanctions internationales. Mais pas de quoi infléchir le président russe, selon Philippe Migault, chercheur à l'IRIS.
https://www.rtl.fr/actu/international/ukraine-vladimir-poutine-est-habitue-aux-situations-inconfortables-dit-un-expert-7773348058
2014-07-22 13:49:00
https://cdn-media.rtl.fr/cache/3BcuvWc5myoXXdbYGSkMOQ/330v220-2/online/image/2014/0722/7773349234_vladimir-poutine-le-17-juillet-2014.jpg