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Ukraine : réactions trop faibles face aux violations du cessez-le-feu

Le ministre lituanien des Affaires étrangères a critiqué ce lundi les Occidentaux pour leurs "réactions faibles" face aux violations du cessez-le-feu dans l'est de l'Ukraine.

Un convoi militaire ukrainien quittant Debaltseve, le 19 février 2015 (illustration).
Un convoi militaire ukrainien quittant Debaltseve, le 19 février 2015 (illustration).
Crédit : ANATOLII STEPANOV / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

Malgré une accalmie relative dans l'est rebelle de l'Ukraine, des affrontements se sont poursuivis près de Marioupol, renforçant les craintes que ce port ne soit le prochain objectif des séparatistes, tandis que les chefs de la diplomatie français, allemand, russe et ukrainien devaient se retrouver ce mardi à Paris. Une source au sein du ministère ukrainien des Affaires étrangères a toutefois émis des doutes sur cette rencontre, estimant que "la situation pouvait changer" d'ici mardi.

De son côté, le président russe Vladimir Poutine a exclu un "scénario d'apocalypse" pour l'Ukraine. "Un scénario d'apocalypse est peu probable et j'espère qu'il ne se produira jamais", a-t-il déclaré à la chaîne publique Rossia-1. Si les accords de Minsk sur un cessez-le-feu dans l'est de l'Ukraine et le retrait des armes lourdes de la ligne de front sont "respectés, c'est un chemin sûr vers la normalisation de la situation dans cette région", a-t-il estimé.

Un scénario d'apocalypse est peu probable

Vladimir Poutine

"Personne n'a besoin d'un conflit, à fortiori armé, à la périphérie de l'Europe", a ajouté le président russe. Londres, par la voix de Philip Hammond, le ministre des Affaires étrangères, en visite à Tallinn, a pour sa part indiqué qu'au vu de "l'expérience des derniers 10 ou 12 jours, l'engagement de la Russie dans le processus de Minsk est plutôt cynique". Plusieurs pays occidentaux, dont l'Allemagne, et l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), se sont dit inquiets de l'absence d'un cessez-le-feu complet dans l'est du pays.

Critiques

Le ministre lituanien des Affaires étrangères a critiqué ce lundi les Occidentaux pour leurs "réactions faibles" face aux violations du cessez-le-feu dans l'est de l'Ukraine et a évoqué la possibilité de "menaces asymétriques" contre les pays baltes de la part de la Russie. En dépit des accords de paix de Minsk, "la situation (dans l'est de l'Ukraine) n'a presque pas changé", a affirmé Linas Antanas Linkevicius dans un entretien avec l'AFP. Il a déploré notamment l'absence de surveillance de la frontière entre Ukraine et Russie et "l'aggravation de la situation à Marioupol", le port stratégique dans l'est de l'Ukraine qui pourrait être "la prochaine étape" de l'avancée des séparatistes pro-russes.

Nous réagissons parfois trop peu et trop tard

Le ministre lituanien des Affaires étrangères, Linas Antanas Linkevicius
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"Devons-nous attendre qu'ils attaquent Marioupol? Je ne crois pas", a-t-il lancé. "Je suis très inquiet (...) ils ne vont pas s'arrêter là", a-t-il ajouté en référence aux séparatistes et aux troupes russes qui, selon lui, les soutiennent. "Il y a toujours la tentation de continuer, de tester la résistance". "Toutes nos lignes rouges ont été franchies par des tanks à plusieurs reprises (...) nous sommes faibles dans nos réactions, nous réagissons parfois trop peu et trop tard", a-t-il affirmé.

"Menaces asymétriques"

Evoquant la menace que la Russie pourrait faire peser sur les Etats baltes dont la Lituanie, le ministre a estimé que "des menaces hybrides, asymétriques sont possibles", y compris des cyber-attaques et l'utilisation de la "machine de propagande" russe. "Les Nations unies ne peuvent pas faire grand chose en raison de la nature de cette organisation mais l'Union européenne peut faire davantage", a-t-il estimé. Dans la crise ukrainienne, le droit de veto dont dispose la Russie au Conseil de sécurité de l'ONU lui permet de bloquer toute initiative.

"Nous n'allons pas renoncer ou fermer les yeux sur ce qui se passe", a encore déclaré le ministre. "Nous ne sommes pas visés aujourd'hui mais nous pourrions l'être demain si nous n'y prenons pas garde". Le ministre se trouvait à New York pour participer à un débat général au Conseil de sécurité et devait se rendre ensuite à Washington.

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