3 min de lecture Terrorisme

Turquie : ce que l'on sait du double attentat à Istanbul

Le bilan de cette attaque, revendiquée par un groupe radical proche du PKK, s'élève à 38 tués et 166 blessés.

Turquie : le double attentat à Istanbul a fait 39 morts
Turquie : le double attentat à Istanbul a fait 39 morts Crédit : OZAN KOSE / AFP
Clémence Bauduin
Clémence Bauduin
et AFP

Les "Aigles noirs" venaient de remporter un match crucial contre Bursaspor (2-1), leur permettant de rester dans la course au titre. Profitant du temps clément, des supporters, bière à la main, refaisaient le match dans le parc voisin de Maçka. Le double attentat meurtrier qui a fait 38 morts samedi 10 décembre à proximité du stade de Besiktas, en plein cœur d'Istanbul, a également ensanglanté un club de football et un quartier qui incarnent en Turquie la joie de vivre et l'esprit rebelle. La Turquie est en deuil national ce jour. La soirée du 10 décembre devait être une soirée légère, dans ce quartier situé sur la rive européenne d'Istanbul, bastion libéral réputé pour ses rues piétonnes, ses nombreux musées et bars et sa circulation cauchemardesque.

Mais l'insouciance a brutalement pris fin à 22h29 (19h29 GMT), lorsqu'une voiture piégée a explosé contre un véhicule de transports de la police à proximité du stade. Quelque 45 secondes plus tard, un kamikaze s'est fait exploser au milieu d'agents dans le parc de Maçka. Selon un bilan provisoire révélé par le ministre turc de l'Intérieur Süleyman Soylu, le double attentat, dernier en date d'une vague d'attaques qui secoue la Turquie depuis l'été 2015, a fait 38 tués et 166 blessés. Cette double attaque s'est produite aux abords de la Vodafone Arena, enceinte inaugurée en avril après plusieurs années de travaux pour remplacer le mythique stade Inönü, à deux pas du palais de Dolmabahçe qui accueille les bureaux stambouliotes du Premier ministre.

Combien de victimes ?

Au lendemain des attaques, à la mi-journée, le bilan des personnes tuées a été porté à 38 morts : 30 policiers, sept civils et une personne dont l'identité n'a pas encore été déterminée. Parmi les victimes figurent Vefa Karakurdu, un policier vétéran qui assurait la sécurité du stade de Besiktas pendant les rencontres, et Tunç Uncu, un employé de la boutique officielle du club. 

Un groupe radical kurde, proche du PKK, revendique l'attaque

Les premiers éléments recueillis "désignaient" les séparatistes kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), selon la déclaration, dimanche 11 décembre, du ministre de l'Intérieur, Süleyman Soylu. L'attentat a en fait été revendiqué par les Faucons de la liberté du Kurdistan, un groupe radical proche du PKK. "Les TAK ont revendiqué l'attentat qui s'est produit hier à Istanbul", a rapporté l'agence de presse Firat, proche de la mouvance séparatiste kurde.

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"Des terroristes (...) ont attaqué nos forces de sécurité héroïques (...) Nous nous dresserons contre ces lâches", a réagi le club de Besiktas dans un communiqué. Le stade, doté de plus de 40.000 places, a été officiellement inauguré en présence du président turc Recep Tayyip Erdogan en avril, un jour avant la date prévue, un geste alors perçu comme une manœuvre destinée à tenir à l'écart des supporters réputés turbulents et critiques envers le pouvoir.

Un groupe d'ultras franchement marqué contre Erdogan

Le principal groupe d'ultras de Besiktas, baptisé "Carsi", a joué un rôle central lors des manifestations massives contre Recep Tayyip Erdogan en juin 2013. Carsi s'était notamment illustré en poursuivant un blindé de la police avec un tractopelle volé. Il a ensuite fait l'objet d'une sévère répression : 35 de ses membres ont été poursuivis pour "tentative de coup d'État" lors d'un procès qui s'est finalement soldé par leur acquittement. Le club omnisports de Besiktas a été fondé en 1903, vingt ans avant la République turque, et son ancrage dans le quartier se manifeste par les écussons accrochés aux rétroviseurs des taxis, les photos jaunies d'équipes oubliées ou encore par les nombreuses statues d'aigles, le symbole du club.

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