Corée du Nord : "Washington pense sérieusement à une action militaire", dit un expert
INVITÉ RTL - Pierre Servent, expert en stratégie militaire, évoque les conséquences diplomatiques du nouveau tir par Pyongyang d'un missile mettant le continent américain à sa portée.

"Nous sommes désormais capables de frapper la totalité du continent américain". C'est en ces termes que la Corée du Nord a annoncé, mercredi 28 novembre, avoir testé avec succès son nouveau missile balistique intercontinental. D'après Pyongyang, qui dit avoir réalisé son objectif "historique" de devenir un État nucléaire, l'engin a atteint une altitude de 4.475 kilomètres avant de s'abîmer à 950 kilomètres du site de lancement. Un spécialiste occidental a jugé que sa trajectoire en cloche, à la verticale, suggérait qu'il avait en fait une portée de 13.000 kilomètres, soit la plus longue pour un missile testé par ce pays, qui mettrait chacune des villes principales des États-Unis à sa portée.
Faut-il s'inquiéter après ce tir de missile ? Pierre Servent, expert militaire et spécialiste des questions de Défense, répond par la positive. Il avance deux raisons. "Cela met un terme à deux mois de calme dans ce domaine, puisque le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un n'avait pas répété ses provocations", avance-t-il. Cela montre ensuite à ses yeux que "les sanctions internationales et les pressions de la Chine ne sont pas suffisantes".
"Situation préoccupante"
"La nature même du tir (...) montre que Pyongyang progresse assez vite dans les capacités balistiques, c'est-à-dire dans la façon de propulser des fusées dans la stratosphère", analyse l'expert. "Reste la question des têtes nucléaires qu'ils pourraient mettre dedans. Là visiblement ce n'est pas encore réglé, si je puis dire, mais tout cela est quand même très préoccupant", ajoute-t-il.
Donald Trump s'est montré obscur dans sa réponse initiale. "On va s'en occuper", a simplement déclaré le Président américain. "Beaucoup de monde est menacé. C'est pour cela que je suis convaincu que, contrairement à ce que j'ai pu dire récemment, Washington songe aujourd'hui très sérieusement à une option militaire". Et de préciser que "ce ne serait pas dû seulement au tempérament éruptif et imprévisible de Donald Trump".