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Tinder et Instagram, nouveaux eldorados de la drogue pour les ados britanniques

Selon le "Guardian", les adolescents britanniques passent maintenant par ces canaux de communication pour acheter de la drogue.

Un plan de cannabis le 9 juin 2015 en Jamaïque. (Illustration)
Un plan de cannabis le 9 juin 2015 en Jamaïque. (Illustration)
Crédit : ROBYN BECK / AFP
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Benjamin Hue

De l'autre côté de la Manche, la drogue ne s'achète plus seulement au coin de la rue ou dans la cage d'escalier de l'immeuble d'en face. Se procurer des produits stupéfiants est désormais une affaire de hashtag Instagram et de swipe, le geste qui consiste à balayer son pouce vers la gauche ou vers la droite pour faire défiler les profils, sur Tinder. 

Dans un article publié jeudi 7 avril, le quotidien britannique The Guardian raconte comment les vendeurs de substances illicites ont investi ces canaux de communication plus faciles d'accès que les moteurs de recherche confidentiels du Dark web pour toucher une clientèle jeune et connectée et accroître leurs réseaux. Selon le Guardian, ces transactions en plein essor concernent souvent des adolescents âgés de moins de 16 ans et inquiètent les autorités britanniques.

#WeedForSale

Le phénomène avait déjà été identifié sur Facebook, principalement dans des groupes fermés ou secrets dont le contenu n'est accessible qu'aux membres, et sur le service de messagerie gratuit WhatsApp. Il est plus identifié sur Instagram où plusieurs hashtags recouvrent des milliers de clichés de substances illicites. On retrouve ainsi plus de 10 millions de publications derrière #weed, quasiment 1,5 millions pour #hash, plus de 350.000 pour #cocaine et plus de 150.000 pour #mdma. Si la plupart des photos n'appellent pas à une transaction, bon nombre émanent de revendeurs proposant d'échanger en privé afin de définir les modalités de paiement et de livraison. Certains hashtags sont carrément explicites, à l'instar de #WeedForSale qui charrie plus de 8.000 publications.

Sur Tinder, le processus d'achat est plus hasardeux. Pour sortir du lot parmi les millions de profils d'utilisateurs en quête d'amour et de rencontres, les revendeurs illustrent leurs profils avec des images de stupéfiants accompagnées de brèves descriptions laissant peu de place au doute quant à leurs intentions. Les transactions sont ensuite organisées dans le chat et les paiements effectués par l'intermédiaire d'une carte de crédit prépayée ou d'un virement de Bitcoins. La géolocalisation, qui peut-être configurée pour localiser les profils jusqu'à un rayon de 2 km, rend Tinder particulièrement adapté à cet usage. L'utilisation criminelle de Tinder avait déjà été documentée l'automne dernier dans un article du Liverpool Echo, dont un journaliste infiltré avait acheté du cannabis en rentrant en contact avec un dealer via l'application.

Les autorités britanniques veulent sévir

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Bien qu'elles soient difficiles à quantifier, ces pratiques ne sont pas nouvelles. Il y a plus d'un an, des membres de la communauté en ligne Reddit avaient déjà fait état de tels incidents sur Tinder. En 2013, une enquête de la BBC avait mis au jour l'existence de plusieurs centaines de photos de substances illicites sur Instagram, la plupart assorties de propositions de vente, servant de points de départ à des transactions illégales. Le réseau social avait alors rappelé que son règlement interdit les "activités illégales" sur ses pages et annoncé que les hashtags en rapport avec la drogue allaient être progressivement bannis de son site. Mais les modérateurs de la filiale de Facebook n'effectuent qu'un contrôle a minima des pages et laissent le soin aux utilisateurs de signaler les contenus problématiques.

Le phénomène est pris au sérieux par les autorités britanniques. "Le monde digital a transformé la disponibilité des drogues et nous devons nous adapter à ces défis", a affirmé au Guardian un porte-parole du Conseil national des chefs de police (NPCC). "Nous allons travailler avec les fournisseurs d'accès à Internet pour s'assurer qu'ils respectent la loi. Le cas échéant, cela peut conduire à la fermeture de sites web basés au Royaume-Uni s'ils commettent des infractions", a indiqué au quotidien britannique Karen Bradley, secrétaire d’État chargée de la lutte contre les violences et l’exploitation, ministère de l’intérieur. Domiciliés aux États-Unis, Instagram et Tinder naviguent pour l'instant loin des radars britanniques.

La rédaction
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