2 min de lecture Syrie

Syrie : que s'est-il passé à Alep dans la soirée du 12 décembre ?

ÉCLAIRAGE - L'ONU a imputé les meurtres de 82 civils aux forces pro-syriennes sévissant dans les quartiers Est de la ville.

Des rebelles syriens à Alep, le 12 décembre 2016
Des rebelles syriens à Alep, le 12 décembre 2016 Crédit : STRINGER / AFP
Julien Absalon
Julien Absalon
et AFP

L'offensive finale dans un bain de sang. En Syrie, le terrible niveau de violence est monté d'un cran dans la soirée de lundi 12 décembre. Un mois après le lancement d'un assaut de grande envergure, qui entre dans sa phase finale, les forces armées loyales au régime de Bachar Al-Assad ont repris la ville d'Alep aux mains des rebelles depuis le début de la guerre. Il ne s'agit pas d'une simple "victoire" militaire, comme l'évoque un responsable militaire. Tout porte à croire qu'il s'agit d'un écrasement, avec des exactions contre la population.

Selon un décompte de l'ONU, établi mardi 13 décembre à la mi-journée, au moins 82 civils, dont 13 enfants, ont été tués au cours des "dernières 48 heures" dans les quartiers est de la deuxième ville du pays. "Tout en soulignant que les Nations unies ne peuvent vérifier de manière indépendante ces informations, le secrétaire général [Ban Ki-Moon] souhaite transmettre ses grandes inquiétudes aux parties concernées", a indiqué le porte-parole de l'institution. Jean-Marc Ayrault, ministre français des Affaires étrangères, a dénoncé des "atrocités" et la "logique de vengeance et de terreur systématique" du régime syrien.

Des enfants piégés

Des actes relevant du crime de guerre ont notamment été rapportés par le biais de témoignages qui ont submergé les réseaux sociaux dans la soirée du 12 décembre. Plusieurs journalistes ont ainsi relayé les messages et les informations communiquées par des sources syriennes établies sur le terrain. "Des massacres de civils sont commis notamment à l'arme blanche en ce moment à Alep-Est", rapportait notamment un journaliste de Quotidien, en contact avec un secouriste bénévole. Un témoignage corroboré par les propos d'une habitante qui a lancé un appel au secours sur Periscope : "Plein de gens sont tués, les corps sont laissés dans les rues, dans les immeubles et personne ne vient en aide".

Selon un rapport de l'Unicef, cité par l'agence américaine Associated Press, des dizaines d'enfants sont piégés dans un bâtiment en feu, dans Alep-Est. Des médecins anonymes dans la ville font même état de plus d'une centaine de jeunes habitants prisonniers de cet endroit.

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Difficile cependant dans ces conditions, où la guerre se joue aussi sur la voie de l'information, de démêler le vrai du faux. Des témoignages se contredisent par exemple sur le sort réservé à l'hôpital Al-Hayat, dans lequel les membres du personnel médical ou les civils qui s'y réfugiaient auraient été exécutés à l'arme à feu.

Du côté ouest d'Alep, complètement aux mains du régime, d'intenses tirs de célébration ont été entendus par des journalistes de l'AFP. La télévision d'État montrait d'ailleurs des scènes de liesse dans le même secteur, avec des personnes criant "Allah, Syrie et Bachar" et brandissant des portraits de Bachar Al-Assad.

10.000 civils en fuite

La reconquête totale de la ville offrira au régime le contrôle des cinq principales villes de Syrie avec Homs, Hama, Damas et Lattaquié. En attendant, des civils continuent de fuir. Le 12 décembre, l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) évoquait l'exode de 10.000 personnes en seulement 24 heures. Mais il établissait un bilan encore plus dramatique. Selon l'organisme, au moins 572 civils ont été tués dans l'ensemble de la ville entre le début de l'offensive et le 12 décembre. Un total comprenant les décès déclarés de 87 enfants et 35 femmes.

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