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Syrie : nouvelles évacuations de rebelles et de civils de la Ghouta

Des milliers de personnes, rebelles comme civils, ont évacué l'enclave de la Ghouta orientale, plus d'un mois après le début d'une offensive du régime de Bachar al-Assad.

Une vue de la Ghouta orientale assiégée en Syrie, le 5 mars 2018
Une vue de la Ghouta orientale assiégée en Syrie, le 5 mars 2018 Crédit : AMER ALMOHIBANY / AFP
Laure-Hélène de Vriendt
Laure-Hélène de Vriendt
et AFP

Des milliers de rebelles et civils syriens ont continué à évacuer dimanche 25 mars leur enclave ravagée par les bombes dans la Ghouta orientale, cinq semaines après le début d'une offensive meurtrière du régime qui a repris 90% de ce bastion insurgé aux portes de Damas. Écrasés par un déluge de feu et affaiblis par un siège de cinq ansles mouvements rebelles acceptent un à un d'abandonner leurs positions dans la Ghouta pour se retirer dans la province d'Idleb (nord-ouest), qui échappe encore au contrôle du régime.

Un premier convoi de vingt-six bus a quitté le 25 mars l'enclave à destination d'Idleb, à la suite d'un accord parrainé par la Russie, allié du régime syrien, a constaté un correspondant de l'AFP. Au total, 5.247 combattants accompagnés de leurs familles et d'autres civils sont montés à bord de 77 bus au départ de la Ghouta, selon l'agence officielle Sana. "J'ai décidé de partir pour sauver la vie de ma femme et de mes enfants. Mais je reviendrai dans la Ghouta combattre le régime", a promis Abou Mohamad, un rebelle de 27 ans.

Les bus manoeuvraient difficilement dans les rues dévastées de la Ghouta, tandis que des habitants ayant fait le choix de rester saluaient de la main, émus, leurs voisins quittant la région. Comme la veille, les candidats au départ étaient fouillés - les combattants doivent abandonner la plus grande partie de leur armement - et un soldat russe avait pris place à bord de chaque bus, Moscou supervisant directement l'opération. 

Abandonner foyer, amis, biens personnels

Leurs biens rassemblés dans des sacs en toile et des valises chargées à ras bord, combattants vêtus de noir et civils ont embarqué dans des bus dans la ville d'Arbine tout au long de la journée. Beaucoup pleuraient. "Nous abandonnons nos foyers, nous n'avons plus d'argent, plus de maison, même plus de vêtements à emporter à cause des bombardements", a témoigné Hamza Abbas, un civil. Mais pour lui, hors de question de rester sur place, comme le permet un accord dit de "réconciliation": "J'ai décidé de partir. Comment accepter de vivre avec ceux qui ont massacré ma famille et mes amis ? Qui ont détruit mon avenir ?". 

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Samedi 24 mars, près de 1.000 combattants rebelles de Faylaq al-Rahmane et leurs familles avaient déjà quitté Arbine et les autres localités environnantes. Cet accord inclut aussi le quartier damascène de Jobar, également contrôlé par le groupe. Lorsque cette évacuation de masse sera terminée, les rebelles ne seront plus présents que dans une seule poche dans la Ghouta, autour de la grande ville de Douma, tenue par le groupe islamiste Jaich al-Islam et où des négociations sont en cours. 

En tout, plus de 107.000 habitants des zones rebelles de la Ghouta, vaste plaine agricole à l'est de Damas, ont fui en une dizaine de jours vers les zones gouvernementales depuis le lancement, le 18 février, d'une offensive des forces du président Bachar al-Assad. L'enclave rebelle comptait environ 400.000 habitants avant le début de l'offensive. Plus de 1.600 civils ont été tués par les bombardements du régime, selon l'OSDH, qui a aussi dénombré la mort d'au moins 485 soldats gouvernementaux et de 310 rebelles. 

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