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Syrie : les forces kurdes reprennent Kobané à l'État islamique

48 heures après l'attaque surprise de Daech qui a tué plus de 200 civils, les jihadistes ont été chassés de la ville.

Kobané en Syrie vue depuis la ville frontalière de Suruç en Turquie le 27 juin 2015.
Kobané en Syrie vue depuis la ville frontalière de Suruç en Turquie le 27 juin 2015.
Crédit : BULENT KILIC / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

Deux jours après l'attaque qui a tué plus de 200 civils - hommes, femmes et enfants - les jihadistes de l'État islamique (EI) ont été délogés de Kobané ce samedi 27 juin. 

Les forces kurdes ont chassé les combattants de Daech de cette ville kurde du nord de la Syrie en guerre. Après avoir lancé jeudi un assaut surprise contre la cité frontalière de la Turquie, les jihadistes s'étaient retranchés dans des immeubles et avaient pris en otages des dizaines de civils. Certains ont finalement réussi à fuir, avec l'aide des forces kurdes, selon des militants et l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Après avoir fait appel à des renforts, "les combattants des Unités de protection du peuple kurde (YPG, principale force kurde syrienne) ont repris les positions dont l'EI s'était emparé", selon l'OSDH. "Ils ont fait exploser un lycée, dernier endroit où les jihadistes s'étaient retranchés" avec leurs otages, précise l'organisation, qui s'appuie sur un large réseau de militants. Le journaliste et militant Roudi Mohammad Amine confirme que "les YPG ont repris toute la ville". "Les forces kurdes ont fait exploser des mines posées autour du lycée avant d'y pénétrer" et après s'être assurées qu'il n'y avait plus de civils dans le bâtiment. Selon l'OSDH, les YPG ratissent désormais la ville à la recherche de jihadistes qui se seraient cachés après leur retraite.

Le bilan ne cesse de s'alourdir

"On ne peut pas parler de défaite au vrai sens du terme, dans la mesure où l'EI a réussi à exécuter son plan à Kobané, qui consistait à y commettre un massacre. Il a été chassé de la ville mais après avoir perpétré un horrible massacre", selon le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahmane. Plus de 200 civils ont été tués depuis jeudi, selon les ONG, certains exécutés chez eux. L'OSDH estime qu'il s'agit de l'un des "pires massacres" de l'EI en Syrie. Et le bilan des civils tués ne cesse de s'alourdir, car les habitants continuent à trouver des cadavres dans les maisons et les rues. "Les jihadistes ne veulent pas contrôler la ville, ils viennent juste pour tuer le plus grand nombre de civils de la pire manière", selon le militant Mostafa Ali.

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L'EI avait subi à Kobané, en janvier, son premier revers depuis le début de son expansion en 2013 en Syrie, ravagée par la guerre civile depuis plus de quatre ans. Il en avait été chassé par les YPG, aidées des frappes de la coalition internationale dirigée par les États-Unis, après quatre mois de combats sanglants. Des analystes expliquent cette nouvelle attaque inattendue à Kobané comme une "vengeance" et une "opération de diversion" de la part des jihadistes, qui ont récemment subi une série de défaites face aux forces kurdes dans le nord de la Syrie. Ces dernières se trouvent en effet à seulement 56 km au nord de Raqa, principal fief de l'EI dans le pays. 

L'armée du régime en déroute

 Dans le nord-est et le sud de la Syrie, les forces du régime de Bachar al-Assad, qui enregistrent une série de revers depuis trois mois, livrent combat dans deux capitales provinciales, après avoir perdu celles de Raqa (nord) et Idleb (nord-ouest). À Hassaké, chef-lieu de la province éponyme frontalière de la Turquie et de l'Irak, les forces kurdes ont rejoint les forces du régime pour repousser les jihadistes, qui y sont entrés jeudi en prenant le contrôle de deux quartiers. L'offensive jihadiste a poussé 60.000 habitants de Hassaké à fuir, selon l'ONU. 

Dans la ville méridionale de Deraa, berceau de la révolte de mars 2011 contre le régime Assad, les combats se poursuivent entre soldats et rebelles. Depuis l'assaut rebelle jeudi, 90 personnes ont péri, dont 60 insurgés parmi lesquels des combattants du Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda, selon l'OSDH.

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