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Syrie : les forces arabo-kurdes lancent l'offensive sur Raqqa

Ils espèrent reprendre ce fief de l'État islamique avec le soutien des États-Unis.

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Arnaud Montebourg : "Nous sommes engagés pour détruire Daesh, il faut détruire Daesh" Crédit Image : DELIL SOULEIMAN / AFP | Crédit Média : Olivier Mazerolle | Durée : | Date :
Michael Ducousso et AFP

Après Mossoul, Raqqa. Les forces arabo-kurde soutenue par les États-Unis ont lancé une offensive, ce dimanche 6 novembre, pour reprendre la ville de Raqqa, bastion syrien de l'État islamique et capitale de facto du groupe ultra-radical.
 
"La grande bataille pour la libération de Raqqa et de sa province a commencé", a annoncé Jihan Cheikh Ahmad, commandante des Forces démocratiques syriennes qui lisait un communiqué dans la ville d'Aïn Issa, située à plus de 50 km au nord de la ville, aux mains de l'EI depuis deux ans et demi. Les forces arabo-kurdes ont aussi précisé qu'un accord avait été passé avec Washington pour écarter les Turcs de cette nouvelle bataille. L'amorce de cette offensive très attendue intervient au moment où une opération est en cours pour déloger les jihadistes de Mossoul, leur fief irakien.

Invité du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI ce dimanche 6 novembre, Arnaud Montebourg a évoqué quelle trajectoire géopolitique il donnerait à la France s'il était président. "La France a toujours veillé à se tenir au milieu, à organiser en quelque sorte le dialogue. Nous sommes engagés pour détruire Daesh, il faut détruire Daesh", a-t-il déclaré sans préciser pour autant si les forces françaises devaient intervenir au sol ou non.

Presque tous unis contre l'État islamique

Talal Sello, porte-parole des FDS basé à Hassaké a affirmé que l'opération allait se dérouler "en deux étapes: libérer la province de Raqqa pour isoler la ville, puis contrôler la ville". "La coalition a fourni une première livraison d'arsenal et d'équipements, dont des armes anti-char", a-t-il ajouté. Mais, a-t-il averti, "la bataille ne sera pas facile et a besoin d'opérations précises et prudentes. L'EI défendra son bastion car il sait que la perte de Raqqa signifie sa fin en Syrie".

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La force arabo-kurde soutenue par les États-Unis ont mobilisé 30.000 combattants pour reprendre la ville. Cette opération baptisée "Colère de l'Euphrate" a débuté sur le terrain samedi soir, selon Jihan Cheikh Ahmad. "Raqqa sera libéré grâce à ses fils et ses factions arabes, kurdes et turkmènes, des héros combattant sous la bannière des Forces démocratiques syriennes (FDS), avec la participation active des Unités de protection du peuple kurde (YPG) (...) en coordination avec la coalition internationale" dirigée par les États-Unis, indique le communiqué lu par la militaire. Elle et les autres combattants veulent libérer Raqqa "des forces du terrorisme mondial et obscurantiste représentées par l'EI qui a pris (la ville) pour sa capitale supposée".


En revanche, si le texte de la porte-parole appelle à l'unité contre les jihadistes, la Turquie est laissée à l'écart. "Les Forces démocratiques syriennes se sont mises d'accord de manière définitive avec la coalition internationale [dirigée par Washington] qu'il n'y aura aucun rôle turc ou des rebelles qui leur sont alliés dans l'offensive". Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait pourtant affirmé le 27 octobre que les opérations militaires menées par la Turquie dans le nord de la Syrie allaient s'étendre à Raqqa.

Daesh attaqué sur tous les fronts

Dans le même temps, en Irak, les forces du régime continuent d'avancer dans Mossoul. Avec Raqqa, c'est la dernière grande ville encore contrôlée par l'EI, qui a perdu une grande partie des territoires conquis en 2014 en Syrie et en Irak.

L'EI a subi ces derniers mois une série de défaites face aux FDS et subit une pression sur plusieurs fronts de son "califat" autoproclamé en 2014. Plusieurs hauts responsables Occidentaux ont récemment fait savoir que Raqqa serait le prochain objectif de la coalition internationale anti-jihadiste, à l'issue de l'offensive lancée il y a trois semaines contre Mossoul, où les forces irakiennes rencontrent une vive résistance. Le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter avait appelé fin octobre à une opération isolant l'EI à Raqqa simultanément à l'offensive en cours contre Mossoul.

Dominés par les YPG, les FDS avaient chassé l'EI de plusieurs fiefs dans le nord de la Syrie, notamment Minbej, carrefour clé par laquelle le groupe faisait transiter armes et hommes à partir de la Turquie. 
D'après les responsables américains, les FDS sont formés de 30.000 combattants dont les deux-tiers sont des Kurdes et le reste des Arabes. Les FDS ont été promus par Washington comme un allié clé dans la lutte contre l'EI, mais cette alliance est compliquée par l'opposition féroce des Turcs aux YPG.

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2016-11-06 12:49:00
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