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Syrie : les Etats-Unis et la France veulent un "message fort"

François Hollande et Barack Obama se sont longuement entretenus par téléphone et ont assuré dans une déclaration conjointe qu'il convenait d'envoyer un "message fort" au régime de Bachar Al-Assad.

François Hollande et Barack Obama se retrouvent dans la situation inédite de mener France et Etats-Unis en première ligne de concert sur une intervention militaire.
François Hollande et Barack Obama se retrouvent dans la situation inédite de mener France et Etats-Unis en première ligne de concert sur une intervention militaire. Crédit : PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP
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"Proches alliés et amis", la France et les Etats-Unis ont appelé vendredi 30 août la communauté internationale à adresser un "message fort" au régime de Bachar al-Assad, persuadés de sa responsabilité "indubitable" dans le massacre chimique de centaines d'habitants d'une banlieue de Damas, le 21 août.

"Les deux chefs d'Etat ont convenu que la communauté internationale ne peut tolérer l'usage d'armes chimiques, qu'elle doit en tenir responsable le régime syrien et envoyer un message fort pour en dénoncer l'usage", a déclaré la présidence française dans un communiqué au ton martial, quelques heures après un long entretien téléphonique entre les deux dirigeants.

Hollande et Obama qui semblent désormais à deux doigts d'ordonner des frappes aériennes contre le régime syrien et ses forces armées partagent "la même détermination" et la "même certitude", a-t-on assuré dans l'entourage du président français.

Après le "no" britannique à une action militaire en Syrie, la France se retrouve ainsi dans la position inédite du plus proche allié des Etats-Unis. "Chaque pays est souverain pour participer ou non à une opération. Cela vaut pour le Royaume-Uni comme pour la France", a fait valoir le président français qui souhaite une intervention "proportionnée et ferme" contre Damas, comme il l'a déclaré dans un entretien au journal Le Monde.

Dix ans après l'Irak

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L'alliance offensive américano-française constitue "une situation inédite dans la période contemporaine", analyse Bruno Tertrais, de la Fondation pour la recherche stratégique.

"Américains et Français ont déjà travaillé ensemble en première ligne dans la gestion des crises comme par exemple au Liban dans les années 80 et 90, mais je n'ai pas le souvenir d'une coalition offensive construite autour des Etats-Unis et de la France sans la Grande-Bretagne", indique le chercheur.

Ironie de l'histoire, cet engagement de la France au côté des Américains intervient dix ans après la crise irakienne qui avait provoqué une tension sans précédent entre Washington et Paris, flamboyant opposant à l'invasion américano-britannique en Irak.

"On est dans la situation exactement inverse de 2003", souligne M. Tertrais. "Les Etats-Unis n'ont besoin de personne sur le plan militaire. Mais il est extrêmement important pour eux de ne pas être seuls sur le plan politique", estime-t-il, ajoutant que Français comme Américains mettront aussi en avant le soutien de pays arabes à l'action, "car chacun veut éviter de donner l'impression qu'il s'agit d'une intervention de l'Occident contre la Syrie".

"La coalition s'appuiera sur la Ligue arabe, qui a condamné le crime et a alerté la communauté internationale", a précisé d'ailleurs M. Hollande.

Reste à savoir quel sera l'engagement concret de la France et quels moyens elle mettra à disposition des Etats-Unis. Une source française proche du dossier reconnaît que la non participation des Britanniques "obligera" la France, qui a la capacité de tirer des missiles de croisière avec des avions de chasse ou des sous-marins, "à repenser sa planification opérationnelle".

La France ne peut "agir à la légère et à la remorque de quiconque".

François Fillon
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Selon cette même source, le rapport des inspecteurs de l'Onu est attendu avec impatience, car, explique-t-elle, "même s'ils ne sont pas mandatés pour dire qui est à l'origine de l'utilisation des armes chimiques, la nature de ces armes et le mode opératoire permettront d'identifier les responsables".
Si François Hollande exclut toute intervention avant le départ de Syrie des inspecteurs onusiens samedi, il ne l'exclut pas avant la réunion mercredi du Parlement pour débattre de cette crise.

Le débat sans vote pourrait être houleux, des opposants à toute intervention siégeant à la fois sur les bancs de la gauche et de l'opposition. La France ne peut "agir à la légère et à la remorque de quiconque", a ainsi plaidé l'ancien Premier ministre UMP François Fillon. A cela s'ajoute une opinion publique partagée sinon hostile à une intervention française à en croire deux récents sondages.

Mais pour le chef de l'Etat, en dépit de ce contexte politique intérieur délicat contrastant avec l'unanimité qui avait prévalu pour l'opération au Mali, "ne pas agir, ce serait laisser faire". "C'est la riposte, et non l'inertie, qui imposera une solution politique", dit-il.

Sur les buts de guerre, la ligne est à Paris calquée sur celle de Washington: il ne s'agit pas de renverser le régime, mais de sanctionner l'usage d'armes chimiques, une "ligne rouge" définie par le président américain Barack Obama il y a un an, et "franchie indéniablement" selon M. Hollande avec l'attaque du 21 août.

Le président français a répété ne pas être "favorable à une intervention internationale qui viserait à +libérer+ la Syrie ou à renverser le dictateur". "Mais j'estime qu'un coup d'arrêt doit être porté à un régime qui commet l'irréparable sur sa population", a-t-il ajouté.

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