1. Accueil
  2. Actu
  3. International
  4. Syrie : la vie quotidienne dans l'État islamique
3 min de lecture

Syrie : la vie quotidienne dans l'État islamique

REPLAY - Derrière les exécutions et les destructions de patrimoine, les régions tenues par l'État islamique s'organisent comme de vrais États régis par des lois et des institutions.

Des femmes en niqab marchent dans les rues de Raqqa, la capitale de l'État islamique
Des femmes en niqab marchent dans les rues de Raqqa, la capitale de l'État islamique
Crédit : Raqa Media Center / AFP
Syrie : la vie quotidienne dans l'État islamique
03:42
Correspondants RTL à l'étranger & Cécile De Sèze

Décapitations, noyades, temples dynamités... C'est sur des images choc que s'appuie l'État islamique pour faire régner la terreur. Alors que François Hollande a annoncé les premières frappes aériennes françaises en Syrie, que sait-on, finalement, du quotidien des millions de Syriens et d'Irakiens restés au pays ? Les enfants vont-ils à l'école ? Les femmes sortent-elles dans la rue ? Les hommes sont-ils obligés de combattre ? 

Des papiers d'identité Daesh

C'est en Irak, en 2013 que naît l'État islamique, puis peu à peu le territoire de l'organisation terroriste s'est étendu sur une bonne partie de la Syrie. Et il y existe bien une vie, une population, des infrastructures, une organisation qui laissent penser aux critères qui désignent un véritable État. Mais là bas, tout est noir. Des turbans des hommes jusqu'aux voiles des femmes, le drapeau et même les passeports. Car oui, cela peut surprendre mais la population qui y vit détient des cartes d'identité au nom de Daesh. 

Les femmes, qui étaient très émancipées en Syrie et en Irak, sont extrêmement discriminées

Abdelasiem El Difraoui, grand reporter d'origine germano-égyptienne

Un tribunal islamique régit l'ensemble des lois appelé la Sharia. Quant aux écoles, l'organisation terroriste reprend le modèle saoudien. "Ils ont complètement changé le curriculum de l'école, explique Abdelasiem El Difraoui, grand reporter d'origine germano-égyptienne, qui a couvert tous les conflits de ces dernières années, notamment l'Irak et la Syrie. On fait des cours d'anatomie et de biologie avec des hommes et des femmes habillés, de toute façon il y a une séparation entre filles et garçons dans les écoles. Les femmes, qui étaient très émancipées en Syrie et en Irak, sont extrêmement discriminées."

Plus on est au front, mieux on est payé

Ces femmes couvertes de la tête aux pieds par des burqas noires ne peuvent sortir de chez elles que si elles sont accompagnées de leur père, leur frère ou leur mari. Des hommes dont le salaire dépend de leur engagement au sein du groupe terroriste. "Il y a des grilles de paies. Déjà lors des débuts de l'organisation islamique en Irak, un combattant qui allait au front était beaucoup mieux payé qu'un autre combattant en moindre danger". 

Il y a des grilles de paies

Abdelasiem El Difraoui, grand reporter d'origine germano-égyptienne
À lire aussi

"J'ai suivi la correspondance d'un jeune marocain parti rejoindre Daesh qui explique à ses amis restés au Maroc qu'il vit très bien, dix fois mieux qu'au Maroc. Qu'il peut faire du sport, qu'il a ses 300-400 dollars par mois (267-357 euros), il peut se marier..." Preuve que l'État islamique donne une importance à l'écho médiatique, les cameramans jihadistes sont les mieux payés. 

Vers l'épuisement de l'État islamique ?

Quant à tous ceux qui ne partent pas au front, comment font-ils pour gagner de l'argent ? "Beaucoup de gens ont fui la terreur de l'EI mais il y a aussi d'autres gens, des gens qui n'ont pas forcément de grande sympathie pour les jihadistes mais qui sont restés sur place parce qu'ils vivent simplement mieux. Ils payent moins d'impôts et peuvent participer au trafic de pétrole, extrêmement lucratif, avec des mini-raffineries dans leurs maisons pour transformer le pétrole en essence", explique Abdelasiem El Difraoui. Tout un système "impossible sous Bachar al-Assad". 

L'organisation terroriste a saisi des terres qui regorgent de richesses naturelles : pétrole, coton, blé... Mais ces ressources finissent par s'épuiser, voilà pourquoi l'avenir de l'État Islamique reste incertain. Pour le spécialiste, si "on dit que Daesh est extrêmement riche", il faut savoir que "c'est clairement aussi l'État le plus pauvre. La production de pétrole n'est pas la même qu'auparavant" et tous les commerces, comme le textile, le savon d'Alep, "sont en chute". Aujourd'hui près de 10 millions de personnes vivent toujours sous la terreur de l'État islamique. 

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/